Annoncer un cancer, ça s’apprend…

Devenir médecin, c’est soigner et venir en aide aux patients. Malheureusement, c’est aussi être confronté à des cas graves. Pour mieux s’y préparer, l’université propose une formation innovante. 

Quand on devient médecin et plus largement quand on travaille dans le milieu du médical, la motivation première est de venir en aide aux malades. Mais la science a ses limites, et parfois le personnel médical doit annoncer de graves nouvelles aux patients et à leur famille. Des situations redoutées et délicates, auxquelles les étudiants sont très peu formés. En effet, malgré leurs nombreux stages et un encadrement qui tend à s’améliorer, les futurs médecins ne sont pas ou peu préparés à annoncer un diagnostic grave. Un savoir-être éthique, que l’université de Nantes a décidé de prendre en charge depuis 2011. Pour ce faire, elle a misé sur une mise en situation avec des comédiens. Ces derniers incarnent les patients malades, alors que les étudiants jouent le rôle des médecins. Comme nous le décrit Le Figaro Etudiant « les exercices sont concentrés sur trois axes : établir un diagnostic en 20-30 minutes, annoncer une maladie grave et accorder la relation triangulaire enfant-parents-médecin‘ ».

Effectivement, si le traitement du patient est important, celui de communiquer avec la famille, l’est tout autant. Rassurer sans mentir, ne pas dramatiser, ne pas paraître trop indiffèrent, savoir orienter les proches vers des psychologues ou des structures d’accueil ne sont pas des compétences innées ! Pour parfaire l’exercice, le corps enseignant de l’université nantaise a ainsi, établi plusieurs scénarios. Un panel qui a pour but de confronter les étudiants au maximum de situations. Les futurs médecins seront confrontés à ce stress durant toute leur carrière et pourtant ce genre d’enseignements reste exceptionnel. L’université de Nantes était la seule en France et malheureusement, après deux ans d’expérimentation, l’aventure ne sera pas renouvelée. Nantes, doit faire attention à son budget, si elle ne veut pas faire partie des 16 universités en déficit budgétaire.

2 commentaires sur “Annoncer un cancer, ça s’apprend…”

  1. Bonjour,

    J’apporte une petite précision / rectificatif aux informations contenues dans l’article du Figaro Etudiant et donc dans le post de Cancer Contribution.

    La formation à l’annonce d’un cancer via une “simulation théâtrale » n’est pas seulement pratiquée à Nantes. Le CHU d’Angers a initié ce principe en 2011 sous la forme d’une expérimentation.

    En 2012, il a d’ailleurs reçu le Grand Prix de l’ANFH (Association Nationale pour la Formation permanente du personnel Hospitalier) pour ce programme.

    Pour en savoir plus : http://www.anfh.fr/site/anfhfr/grand-prix-anfh-2012-chu-d-angers

    De plus, en mai 2013, le CHU et l’Université d’Angers ont lancé une plate-forme de simulation en santé hospitalo-universitaire. Elle prend le relais du centre de simulation en santé qui fût créé en 2008 au CHU. Des formations en anesthésie, réanimation, gynécologie y sont notamment dispensées. C’est dans ce centre que l’annonce du diagnostic en cancérologie est travaillée.

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