Cancer et travail : Les aidants salariés

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Aidants salariés : la double peine au quotidien.

 Au lendemain de la Journée Nationale des Aidants, la nécessité d’un accompagnement par les pouvoirs publics des quelque 8 millions de personnes qui, en France, assistent un proche gravement malade, se rappelle avec force dans la discussion sur leur place dans la société de demain. Face au nombre grandissant d’aidants qui occupent un emploi, en raison notamment de la prévalence accrue des maladies chroniques, quelles réponses peut-on apporter à la contrainte temporelle, sans nuire à la continuité des carrières et des liens sociaux ?

Soins permanents, angoisse omniprésente, surveillance nuit et jour : l’accompagnement d’une personne fragilisée impacte lourdement la vie d’un proche, a fortiori dans le contexte actuel de désinstitutionnalisation, en cancérologie notamment, où le virage ambulatoire désigne de plus en plus le domicile comme le lieu naturel du soin. Mais si la prise en charge des soins s’est organisée efficacement sur les plans technique et clinique, l’impact sur l’écosystème de l’entourage du patient n’a pas été évalué à sa juste valeur. Les aidants, sur-sollicités, peinent à trouver des réponses dans un système où les modalités de soutien demeurent quasi inexistantes.

Un arbitrage permanent entre engagement professionnel et personnel

Etre aidant, c’est apporter une aide pratique et un soutien affectif quotidiens à un proche malade de façon non professionnelle, tout en restant en activité pour son bénéfice personnel autant que par nécessité.
Peu préparé aux évolutions et aux implications de la maladie, souvent silencieux au travail sur sa situation familiale, l’aidant réunit tous les facteurs de risque en matière d’usure, de découragement et d’épuisement.

Un contexte sensible et un enjeu considérable à la fois pour le monde économique à qui il incombe de préserver un capital humain sans entraver sa quête de performance et de productivité et pour les pouvoirs publics qui se voient enjoints d’élaborer une politique de soutien globale et structurée.

Cette problématique est portée depuis 2010 par la Journée Nationale des Aidants, initialement instaurée par Nora Berra, alors secrétaire d’Etat chargée des aînés, pour sensibiliser l’opinion et les décideurs sur la question des aidants des personnes âgées.
Année après année, elle impose dans le débat public et la conscience citoyenne le message en faveur d’une reconnaissance de l’apport des aidants et de son caractère écrasant, quelle que soit la situation de la personne accompagnée, encourageant la mise en place de solutions concrètes pour les soulager.

> Lien vers : Approche sociologique de l’aidant

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