Les entreprises investissent le champ de l’aide aux aidants 

Prix entreprise salariés aidants

Congé de solidarité familiale, congé de proche aidant, congé de présence parentale : la législation française a mis longtemps à prendre la mesure de ce qui est aujourd’hui un défi prioritaire des politiques publiques. Malgré des modifications récentes pour mieux répondre aux besoins des aidants en activité, ces dispositions demeurent en grande partie insatisfaisantes et les entreprises sont contraintes de mettre en place des politiques globales d’accompagnement de leurs salariés.

Les entreprises ont donc bien compris l’enjeu à la fois sociétal et économique lié à l’accompagnement des aidants, particulièrement dans un contexte où la question de la qualité de vie se pose de plus en plus fortement à leurs dirigeants.
Pour preuve, la multiplication des initiatives privées, le plus souvent proposées par de grands groupes industriels, qui viennent compenser les défaillances des politiques salariales d’accompagnement des aidants.

L’élan de solidarité derrière la loi Mathys

Personne n’a oublié le geste spontané, en dehors de tout cadre légal, des salariés de Badoit vis-à-vis de ce père de famille confronté au cancer de son fils Mathys. Née de cette forme nouvelle de solidarité, la loi du même nom sera promulguée en mai 2014, autorisant le don de jours de repos, anonyme et sans contrepartie, au profit de salariés avec un enfant gravement malade à charge.

Très vite les partenaires sociaux se sont alors emparés de ce dispositif et les accords collectifs se sont multipliés. Les jours offerts sont placés dans un fonds de solidarité, souvent abondé par l’entreprise, puis réattribuées aux collaborateurs qui en ont besoin.
Plusieurs entreprises, à l’instar de Casino, ont étendu le cadre de la mission d’aidant à l’accompagnement d’un conjoint ou d’un parent. Une initiative qui a très vite démontré sa pertinence et illustré la solidarité et l’engagement des salariés entre eux.

Pascal Metton, DRH Siège et Fonctions Support du groupe Casino en témoigne : « Cette pratique est entérinée par nos accords collectifs depuis cinq ans. Dans les trois dernières années, sur l’ensemble historique du groupe hors filiales, ce sont environ 400 jours par an qui ont été épargnés et abondés. Jusqu’à présent, cela suffit à atteindre l’équilibre avec les demandes. »

Les conditions du succès : faire connaître en interne l’existence d’un tel dispositif (via le comité d’entreprise, l’Intranet, les journaux internes…), briser l’anonymat et l’isolement des salariés en situation d’aidants.   

Donner de la visibilité aux initiatives innovantes

De nombreuses entreprises ont élargi la notion d’aidant familial et le dispositif de dons de jours dans le cadre d’engagements solidaires et responsables tels que l’attribution de chèques CESU (Chèque Emploi Service Universel) cofinancés, des sessions de sensibilisation des managers à la gestion des aidants, des guides de prévention santé de l’aidant, des conseils d’expert (conférences, assistance téléphonique, aide aux démarches administratives…), jusqu’à des outils de profilage de la situation de l’aidant.
Autant d’actions concrètes souvent méconnues, malgré des bénéfices parfois inespérés.

Pour la deuxième année consécutive, le jury du Prix Entreprise & Salariés Aidants, organisé en marge de la Journée Nationale des Aidants avec pour objectif de promouvoir les bonnes pratiques au bénéfice des aidants et de sensibiliser la communauté des décideurs à leur reconnaissance, a récompensé le 5 octobre dernier les meilleures démarches.
http://www.prix-entreprise-salaries-aidants.fr/wp-content/uploads/2017/10/Prix-ESA-2017.pdf

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