CANCER DU POUMON : LA DECOUVERTE QUI SIMPLIFIE LE CHOIX DU TRAITEMENT

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    [b]Une simple prise de sang devrait remplacer les biopsies, afin de déterminer le traitement des patients souffrant de tumeurs dites « non à petites cellules ». [/b]

    D’abord, il faut savoir que les cancers du poumon peuvent appartenir à deux catégories : ceux dits « à petites cellules » (15 % des cas) et les autres, par opposition dits « non à petites cellules ». Seuls ces derniers – mais de loin les plus fréquents, puisqu’ils représentent 85 % des cas – sont concernés par la récente découverte de l’équipe de Françoise Farace*, de l’Institut Gustave Roussy à Villejuif. Ces chercheurs ont mis au point une technique permettant de détecter la maladie sur un échantillon de sang. Et donc de proposer aux patients le traitement ciblé dont ils ont besoin sans recourir à des biopsies. Le Journal of Clinical Oncology vient de publier leurs travaux.
    Le cancer du poumon fait des ravages. On compte 300 000 nouveaux cas par an en Europe, dont près de 40 000 en France, et le taux de survie à 5 ans n’est que de 15 %. « Dans certains cas, les tumeurs non à petites cellules sont caractérisées par une anomalie qui affecte le gène ALK », expliquent les auteurs de la découverte. « Et les patients atteints de ce type de cancer peuvent bénéficier d’un nouveau médicament, le Crizotinib. » Il est donc essentiel de les identifier pour les traiter au mieux. Actuellement, la recherche de l’anomalie ALK se fait sur un fragment de tumeur, en général sur la même biopsie que celle ayant permis de porter le diagnostic. Mais, parfois, les médecins sont obligés de réaliser un nouveau prélèvement.
    Méthode non invasive
    C’est notamment pour éviter cela que l’équipe a mis au point une technique capable de détecter les remaniements ALK dans les cellules tumorales qui circulent dans le sang. Le travail réalisé dans le laboratoire de Françoise Farace avait pour objectif d’évaluer dans quelle mesure ces cellules tumorales circulantes (CTC) pouvaient être utilisées pour mettre en évidence la présence d’une anomalie ALK. Car ces CTC sont très rares dans le sang périphérique (environ une CTC pour dix millions de globules blancs). Néanmoins, une étude menée sur 32 patients atteints d’un cancer du poumon « non à petites cellules » prouve l’efficacité de la méthode : tous les malades (dits ALK positifs) ont bien été identifiés, alors que les autres étaient reconnus comme « ALK négatifs ».
    « Les résultats publiés aujourd’hui suggèrent que les cellules tumorales circulantes pourraient à l’avenir être utilisées en remplacement de la biopsie tumorale, constituant ainsi une biopsie liquide accessible de manière non invasive pour diagnostiquer et suivre l’efficacité d’un traitement ciblé », estime Françoise Farace. De plus, cette nouvelle technique pourrait aider à explorer le rôle des cellules tumorales circulantes dans la progression tumorale et le développement de métastases.

    Le laboratoire de l’Institut Gustave Roussy, qui vient de déposer deux brevets, poursuit ses travaux pour identifier, dans les CTC des patients ALK positifs, les mécanismes de résistance au Crizotinib qui se manifestent parfois. Ces recherches pourraient aboutir à combiner plusieurs thérapies ciblées, et donc à proposer un traitement encore plus efficace. Enfin, les auteurs mènent actuellement des recherches afin que d’autres cancers, comme ceux du sein ou de la prostate, puissent à l’avenir bénéficier de cette « biopsie liquide ».

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