Cancer et sexualité : quelle est la place de chacun ?

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Ce sujet a 21 réponses, 21 participants et a été mis à jour par  Cancer Contribution, il y a 4 ans et 5 mois.

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    Sujet
  • #11500

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Suite à la lecture d’un article sur un site de santé ([url=http://www.commentcavabien.net/article-140.html?utm_medium=twitter&utm_source=twitterfeed]cliquer ici pour lire l’intégralité[/url]), nous souhaitons lancer le débat sur la sexualité et le cancer.
    Sujet souvent présenté comme un tabou, il est pourtant un enjeu certain, autour duquel chacun peut avoir un rôle. [b]Quelle est la place de chacun (patient, proches, conjoints, soignants) sur le sujet ?[/b]

    [i]Aujourd’hui encore, les médecins, souvent peu formés à aborder ce type de sujets, considèrent que cela ne relève pas de leurs compétences. Quand ce n’est pas tout simplement le temps qui manque. De leur côté, les patientes et leurs conjoints ne posent guère de questions non plus. Soit par pudeur, parce que le sujet les met mal à l’aise, soit parce qu’ils n’ont pas envie d’envisager ces problèmes sur le moment. Pourtant, en discuter avec leur médecin référent ou leur gynécologue pourrait les aider à traverser à deux l’épreuve du cancer, à préserver et entretenir le lien affectif. Mais aussi – si tous deux le souhaitent – à continuer à vivre leur sexualité le plus sereinement possible. « Bien sûr, elle ne va pas passer en priorité, reconnaît Marie Veluire, gynécologue et sexologue. Mais la sexualité est essentielle, notamment à titre d’anticipation. [b]Faire l’amour, c’est rester dans la vie. En parler aux patientes revient à leur dire qu’elles ne vont pas mourir.[/b] C’est leur envoyer un message presque subliminal sur leur sortie de la maladie. »[/i]

    [b]Patients, proches, soignants, comment avez-vous appréhendé cette question délicate, souvent tabou et pourtant fondamentale de la sexualité et du cancer ?[/b]

15 réponses de 1 à 15 (sur un total de 21)
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    Réponses
  • #11520

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Un article de la Maison du cancer évoque, sur le thème cancer & sexualité, un article qui parle de la sécheresse vaginale, qui peut être liée aux traitements, mais aussi à l’âge. Trop souvent, les femmes restent seules avec cet effet secondaire gênant, voire tabou. A l’évocation du problème, il n’est pas rare qu’une forme de culpabilité s’immisce dans leurs propos. « Je suis vivante. C’est puéril et futile d’aller me plaindre de ma sécheresse vaginale ». « Cela fait partie des effets secondaires des traitements. C’est comme ça»… Des propos qui résument la manière dont les femmes s’expriment fréquemment sur le sujet. Pourtant, libérer la parole peut être salutaire : « C’est important pour ces femmes d’en parler avec la personne de leur choix (généraliste, gynécologue, oncologue.…) afin de trouver ensemble des solutions à ce désagrément qui peut peser sur leur vie personnelle», suggère le Dr Anne Lesur.

    Quelle est votre expérience, avez-vous rencontré ce problème et comment l’avez-vous abordé ?

    http://www.la-maison-du-cancer.com/magazine/la-salle-de-bains/s-quelles-physiques/s-cheresse-vaginale-un-effet-pas-toujours-secondaire

    #11515

    kiwfranc
    Participant

    Quelle est la place du soignant ?
    Les seuls patients que j’accompagne sont des patients après prostatectomie radicale (ablation de la prostate suite cancer). Comment les amener dans ce contexte douloureux à parler de leur sexualité ou malheureusement de leur non-sexualité voire sexualité problématique.
    Tout simplement les écouter et si besoin est déclencher le débat dans un langage naturel en préservant la personnalité et la sensibilité de chacun.
    Pas facile pour un homme atteint dans sa virilité et dans son couple de libérer la parole.
    Le rôle du soignant hormis le fait de soigner est de considérer l’être humain dans sa totalité.
    Le cancer a atteint une partie du corps et c’est l’être tout entier qui souffre.
    Recevoir le couple en premier instance est une étape majeur dans le suivi rééducatif. Il est primordial d’écouter la compagne pour pouvoir par la suite conseiller le patient dans sa re-découverte sexuelle.
    En général le couple est au courant des séquelles éventuelles de la prostatectomie mais une fois devant la réalité, il peut malheureusement arriver que le couple de désagrège.
    Pour ma part en tant que soignant, parler de la sexualité au cours du traitement me parait tout à fait normal. Pas facile cependant d’amener un patient de parler de ces moyens palliatifs (viagra, injections caverneuses.) mais tant pis, je pose les questions.
    Si je sens que le patient est un gêné, j’attend le cours des séances et je relance en douceur le débat.
    Etre à l’écoute du patient pour aller dénicher les plaintes cachées au plus profond de son être, tel est notre devoir.
    Le patient n’est pas un client mais un être comme vous et moi, digne de respect !

    #11516

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Un article très intéressant de la Société Canadienne du Cancer ([url=http://www.cancercontribution.fr/actus/sexualite-et-cancer-un-guide-pour-les-personnes-touchees-par-le-cancer/itemid-7]cliquer ici pour lire l’article[/url]) propose un manuel à destination des patients sur la manière d’aborder les questions sexuelles.

    L’interaction avec le personnel soignant se révèle incroyablement importante : « Vous hésiterez peut-être à parler de vos préoccupations d’ordre sexuel avec votre équipe soignante. Vous pourriez être mal à l’aise, ou sentir que votre professionnel de la santé l’est aussi. Si aucun membre de votre équipe soignante ne vous pose de questions sur votre sexualité, il est tout à fait correct de prendre l’initiative à ce sujet. »

    [b]Comment faire en sorte qu’un cercle vertueux se mette en place dans la communication entre patients et soignants sur la question de la sexualité pour les malades du cancer ?[/b]

    #11519

    Alinea
    Membre

    Bonjour, je suis peut-être « vieux-jeu », mais l’amour « médicalisé » me paraît une approche intenable. Soit c’est spontané et le désir est là, soit on prend acte que le cancer va amener une pause de ce côté-là, du moins une moindre appétence sexuelle. De mon côté, perdre un sein a profondément et durablement perturbé ma sexualité et, paradoxalement, c’est moi qui ne voulais plus quand mon mari était absolument attentionné, compréhensif et exprimait du désir. Il a fallu un peu de temps pour remettre les choses dans l’ordre. Si les médecins m’en avaient parlé, cela aurait-il changé mon approche, je ne le pense pas. Quel est l’avis des autres lecteurs du site ?

    #11521

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    [b]Par Rose », à lire… – [/b] »J’espère de tout coeur que ça se soit bien passer pour vous les « courageuses » aujourd’hui et que vous n’ayez pas fait d’imprudence. Sincèrement cela m’étais impossible de sortir de chez moi, je suis confinée depuis quelques jours problèmes circulatoires, le palpitant qui me joue des tours, évanouissements etc….enfin la totale. Depuis bientôt deux ans au mois de septembre ma vie à basculer et j’ai du mal à remonter la pente. Nous ne pouvons même pas prévoir un petit voyage en amoureux et pour ce qui est du reste n’en parlons pas. [b]Je dis quand même un mot sur ce sujet qui est j’en convient tabou, mais pour ma part je me sens mutilée et quand je me regarde dans une glace n’en parlons pas……J’ai la chance d’avoir un mari attentionné qui est aux petits soins pour moi, mais quand je lui dit qu’il n’a pas de chance il me répond que c’est moi qui n’en ai pas.[/b] Il a quand même perdu sa première femme d’un cancer du colon en six mois. Nous nous sommes connus 8 ans après. Nous sommes mariés depuis 4 ans le 11 octobre 2012. Nous avons fêté notre anniversaire de mariage à ma deuxième opération le 11 octobre 2010, j’en ai eu trois. Heureusement que nous nous aimons car je crois que le couple n’existerai plus. » (via Facebook)

    #11518

    Il faut absolument faire tomber les tabous sur ce sujet.
    Quand on est sous traitement de première étape en quelque sorte( chimios et rayons), en tant que patient, on vit avec l’idée de la mort. Bien sur, il faut la combattre, bien sur on va y arriver… mais quand même, elle est présente cette idée là et notre conjoint souffre. Alors le silence, çà aide à ne pas sombrer dans le défaitisme, c’est une façon de résister mais l’expérience montre que ce n’est pas la meilleure solution, loin de là.
    Quand on passe ensuite en traitement de deuxième étape ( pour cancers hormono dépendants), on peut croire qu’on est guéri!!! et puis on s’est « habitué » à notre manque de sexualité. Et alors là, les habitudes ont des conséquences dramatiques. Il y a tant d’ami(e)s qui attendent la place!
    Alors, il faut PARLER, faire en sorte que nous soyons informé(e)s de TOUTES les conséquences des traitements. IL existe des solutions. Qu’on nous les présente. Dans tous les cas, il faut beaucoup d’Amour. Mais nous en avons toutes et tous.

    #11517

    sitelle
    Participant

    [url=http://www.europadonna.fr/_vie_apres/vivre_sexualite.htmlhttp://]ICI[/url]

    Il faut peut-être jeter un coup d’oeil à cet article de Europa Donna sur ‘Vivre sa sexualité’ dans la rubrique vie après.

    #11505

    sitelle
    Participant

    Je ne voulais pas dire que les médecins devaient s’occuper de notre sexualité, mais nous aider si on abordait le sujet avec eux et nous diriger au besoin vers un psychologue pour nous aider à gérer la brèche ouverte dans notre vie…c’est tout.

    #11514

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Un article sur lexpress.fr, [url=http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/cancer-l-impact-sur-la-libido-est-un-tabou_959092.html]cliquer ici pour lire l’intégralité[/url]:

    Question : [b]Les traitements contre le cancer du sein (arimidex ou tamoxifene) sont une double punition: ils bousillent notre sexualité (libido en berne ). Pourquoi ne nous le dit-on pas?[/b]

    Réponse d’Anne-Laurence Fitère : [i]L’impact sur la libido est assez courant mais reste un tabou, c’est vrai. Néanmoins, chacune peut réagir différemment à ces traitements et n’avoir aucun effet secondaire. Les médecins n’en parlent pas car ils vous donnent ainsi une chance de réagir à votre manière. C’est un peu comme ne pas lire la notice d’un médicament. Si vous lisez à l’avance tous les effets secondaires, vous en avez peur et vous vous mettez un peu en situation d’en ressentir certains. Une fois cela posé, on peut dire aussi que les médecins dans leur ensemble n’abordent pas ces questions là. Ils sont dans la « mécanique » (tel protocole, tel traitement) et tout ce qui déborde, ils élaguent.

    Je n’ai jamais entendu un oncologue parler impact sur la sexualité (sauf s’il s’agit bien sur de la prostate…). Il y a donc encore beaucoup de progrès à faire pour que le malade soit considéré dans sa globalité. Et c’est vrai qu’après les traitements lourds, on ne vous parle pas de la suite… L »hormonothérapie peut être en effet pour beaucoup une sacrée double peine. Certaines (20 à 30%) préfèrent l’arrêter, parfois sans le dire au médecin! Mais c’est une décision à ne pas prendre à la légère. La récidive et la chronicité de la maladie dans laquelle vous risqueriez d’entrer, n’ont rien de drôle. Alors c’est un arbitrage personnel.[/i]

    #11513

    pcarnicelli
    Participant

    Suite à un cancer du colon quand on se retrouve avec une poche genre illéostomie…
    La sexualité est vraiment difficile, dans beaucoup de cas cela se termine par un divorce comme je l’ai vécu et beaucoup de mes amis.
    Un manque de dialogue, un manque de reconnaissance des besoins de chacun.
    le malade et le conjoint qui reste avec ses questions.
    Si vous ajoutez à cela une retro-éjaculation… c’est le ponpon !
    Il est indispensable d’aborder le sujet de la sexualité avec son médecin, avec le chirurgien et avec son conjoint…
    Mais sont-ils prêts à écouter et aider les patients ?
    Et qui écoute le conjoint ? Qui accompagne le couple dans cette épreuve de la vie ?
    Bon je ne réponds pas aux questions que je pose.
    Si on s’y penchait un peu ?

    #11512

    Nolme
    Membre

    Forcément ça fait des dégâts…. dans tous les sens du terme. La chimio bloquant la reproduction des cellules, les muqueuses sont particulièrement touchées, elles s’assèchent. Si on vous parle des yeux, de la bouche, on oublie de vous parler de votre vagin… je parle pour les femmes « of course ». Si vous avez des aphtes dans la bouche, vous en avez aussi « ailleurs » et ça laisse de terribles cicatrices (sans parler des douleurs). Pour les cancers hormono dépendants, meme après une chimio, faut pas compter reprendre une vie « normale ». Ménopausé artificiellement assez jeune pour la plupart. Ca veut dire : sécheresse vaginale (tout s’assèche et se recroqueville)! et il n’y a pas besoin d’être atteinte d’un cancer pour qu’on ne vous en parle pas… jamais entendu un gynéco dire à une femme de mon entourage, ce qui va se passer en dehors de ne plus avoir ces règles et des bouffées de chaleur. Vous avez des problèmes malgré l’utilisation de crèmes, d’ovules, de gels et de soins…. ça fait mal ! Donc solution ????? elle s’impose d’elle même. La, le compagnon doit être solide ! L’imagination entre alors sur ce terrain : une autre sexualité ! D’ailleurs comment font nos « anciens » ? ils ont une vie sexuelle a les entendre, et pourtant les femmes sont ménopausées ! Il ne faut pas laisser les patients découvrir SEULS CES PROBLEMES ! aidez les à préparer leur avenir de couple dans l’accompagnement de la maladie.C’est aussi important que le traitement. Je dirai que ça fait partie du traitement. Eviter l’explosion d’un couple c’est aider le patient et lui donner plus de chance dans sa lutte – on sait combien la présence de l’autre est importante. Continuer à se sentir femme ou homme après des interventions, surtout voir le regard de « son autre moi » briller encore pour nous, c’est magique ! Le pire, c’est lorsque vous conjoint tente de vous convaincre qu’il vous voit toujours avec les yeux du désir et que vous ne pouvez pas y répondre. On se sent fautifs de ne pouvoir y répondre. Un entretien, médecin (ou autre) avec le couple serait souhaitable pour expliquer ce qui va arriver et proposer des solutions si elles existent.

    #11511

    Jluc602003
    Membre

    Après des discussions avec l’assistante sociale du centre hospitalier, je pense effectivement mettre en place des groupes au sein de la maison des patients, dans mon hôpital de province, un groupe d échange sur des sujets comme l’alimentation, la sexualité, autour des cancers dits hormono-dépendants. Je pense que nous devenons porteurs de nos expériences, de nos recherches, de nos soutiens mutuels.
    Quand le verdict, sans appel, de la maladie est tombé, j ai eu la chance grâce au web d’être très entouré par des hommes qui étaient passés par l’opératoire, la radiothérapie, l hormonothérapie, ses suites et conséquences.

    Sans ce soutien de mes « prostatopotes » et leurs expertises et vécus, je n aurais pas fait mes choix de traitements en pleine conscience, c est à mon tour de renvoyer à d autres le soutien que j ai reçu sur et en dehors du web (je me souviens des patients que je croisai en radiothérapie, complètements tributaires de leurs traitements, j étais stupéfait qu ils se posent si peu de questions sur leur maladie et pourtant des que l’on « grattait » un peu les demandes venaient)
    Le patient doit devenir acteur à part entière dans ces choix thérapeutiques, nous ne sommes pas une maladie, mais un malade, un être humain au centre de diverses synergies.
    Merci de vos échanges.

    JLuc

    #11510

    Jluc602003
    Membre

    Bonjour,
    Dans mon parcours, j ai eu la chance d’être opéré à l’institut mutualiste Montsouris. Avant et après l’intervention, la question de la sexualité ou le maintient des fonctions sexuelles a été évoquée par l’équipe médicale. J’ai d’ailleurs rencontré une psychologue qui a été pour moi d un soutien inouï, malheureusement un cancer l’a emporté un an après notre rencontre. Je lui rend hommage,ici, au passage.
    Pour le suivi et les traitements des  » dégâts » sur la vie intime, une consultation spécialisée est proposée par l équipe médicale. Dans la pratique se sont des infirmières qui nous reçoivent pour optimiser les traitements du dysfonctionnement sexuel .
    Cette expérience faite par cette équipe médicale est, je pense, un exemple à suivre.
    Bon nombre de compagnons en couple apprécient cette aide, et sont reconnaissant pour les sujets abordés qui restent souvent dans le mur du silence ailleurs.

    JLuc

    #11507

    sitelle
    Participant

    Tout à fait: il faudrait pouvoir inclure tous les cancers, dans la mesure où les effets secondaires ont nécessairement un impact sur la vie quotidienne, sous tous ses aspects, pas seulement la sexualité, mais la vie en général, la qualité de vie pour tout dire.
    Il semble qu’il y ait beaucoup de choses, selon les personnes, selon les options et les choix de vie de chacun. Et c’est bien certain que les cancers en rapport avec les aspects hormonaux ne sont pas seuls concernés. Tout traitement (chimo, radiothérapie, ont un impact sur la qualité de vie, puisqu’ils ont tous tous des effets secondaires plus ou moins gênants, ne serait-ce que le pllus fréquent, la fatigue. Mais chacun peut aborder les aspects qui lui sont personnels, ou qui lui tiennent à cœur.

    #11506

    Jluc602003
    Membre

    Bonsoir,
    Parle-t-on uniquement du cancer du sein, ou peut-on (puis-je) aborder le cancer de la prostate.. cancer au demeurant très intrusif dans la vie intime…
    Quand les éléments intimes deviennent objets de maladie et de rejet, difficile de les magnifier au travers du cancer. Une main, la douceur de la peau, des regards, des instants de tendresse partagés, des séances de cinéma pour partager des émotions, prendre du PLAISIR devant un tableau, un paysage, devant les visages de nos enfants…
    Encore faut-il être à deux pour se poser ces questions…

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