Cancer et travail : la communication auprès des collaborateurs

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Ce sujet a 14 réponses, 14 participants et a été mis à jour par  Cancer Contribution, il y a 4 ans et 5 mois.

  • Créateur
    Sujet
  • #11054

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Quand le cancer touche un salarié, [b]ses collègues au sein de l’entreprise assistent à ses départs et ses retours[/b]. Rapidement les manifestations d’empathie se transforment en indifférence ou pire, en ennui : absences, mi-temps thérapeutique, absence de nouveau, un rythme qui empêche a compréhension s’il n’est pas expliqué et partagé. [b]Votre entreprise a-t-elle intégré à son fonctionnement l’aide au retour de ses employés atteints d’un cancer ?[/b] Avez-vous déjà entendu parler de formations pour les entreprises afin qu’elles apprennent à gérer cela par rapport au malade mais aussi par rapport aux autres employés afin qu’ils soient informés et soient en mesure d'[b]apporter un vrai soutien et une sincère compréhension[/b] ?

14 réponses de 1 à 14 (sur un total de 14)
  • Auteur
    Réponses
  • #11065

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Une étude danoise préconise 3 actions à conduire de la part des entreprises auprès de leurs collaborateurs, afin de faciliter le retour d’un employé atteint du cancer :

    • Une courte description générale de l’état de santé des employés afin que ses
    collègues puissent se faire une idée de la charge de travail qu’ils peuvent attendre de lui.
    • Une description de ce qui a été convenu initialement entre l’employeur et
    l’employé. Ils ont pu convenir, par exemple, que l’employé malade ne devrait pas
    effectuer certaines tâches lourdes ou particulièrement stressantes au début ou qu’il aura un horaire réduit.
    • Donner quelques indications spécifiques quant au comportement que l’employé attend de ses collègues

    Quelles autres actions souhaiteriez-vous voir se développer au sein des entreprises ?

    #11066

    sara121
    Membre

    Coccinelle, ne plus penser au SI, après 1 fois c’est dur, après 5 fois, pour moi c’est juste impossible, mais pour autant,je ne vis ni dans la terreur,ni dans cette attente, je vis……… et advienne que pourra, mais je rêve de devenir vieille!!

    #11067

    laurmoe
    Membre

    Je viens répondre au sujet :
    Je n’ai rien vu de la part de mon entreprise ; ah si, un tabouret mais pas très pratique a placer. J’ai été remplacée (j’étais cuisinière dans une boucherie) et le patron garde mon remplaçant, classe !
    Je me suis retrouvée à faire de la manipulation de viande dans une pièce en dessous de 10°c.
    Alors on va me dire : « OUI ils t’ont gardée, de quoi te plains-tu ? »
    Je suis cuisinière à la base, pas préparatrice ! De plus, travailler avec de telle température quand on a le corps affaibli, les coups de froid sont vite arrivés. Résultat : retour en arrêt maladie car trop épuisée plus bronchite par dessus (durée 3 semaines)

    #11068

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Avec le retour au travail se pose l’enjeu de la communication avec l’employeur et ses collègues. Le site http://www.chroniques-associes.fr/ met en téléchargement libre un livre blanc qui met à jour les bonnes pratiques liées au handicap ou à la maladie, notamment par rapport au travail. Il y est expliqué en page 63 le [b]double intérêt du dialogue : bénéficier de conditions aménagées et permettre un autre type de relation, y compris avec ses collègues.[/b] Sachant que vous pouvez fixer vos propres limites, personne n’étant tenu de répondre aux questions personnelles concernant la maladie.

    Le retour au travail contient une part importantes de situations complexes à affronter. Voici un extrait du même ouvrage, page 66 : « Avoir besoin de parler de sa maladie est tout à fait normal et de plus, nécessaire. Et avoir besoin d’en parler à ses collègues de travail peut être ressenti comme la marque de confiance indispensable à une relation saine. Les uns conseilleront de se libérer, quelles qu’en soient les conséquences. Les autres mettront en garde contre les risques en termes d’exclusion, de rejet, d’impossibilité à obtenir une promotion, etc. Le cacher semble tout aussi compliqué à vivre et tout aussi excluant. Vivre constamment dans ce secret est angoissant, peut rendre agressif, et un peu “paranoïaque”.
    A cela s’ajoute un vrai risque d’isolement progressif. Toutefois, en parlant, on
    a aussi peur de décevoir, de casser l’image que les autres avaient de soi.
    Cette image que l’on renvoie aux autres est souvent au coeur du problème. La
    maladie donne parfois l’impression que cette image est écornée, que l’on ne
    fait plus partie du monde des gens normaux, de ceux qui ont un corps sain. »

    Comment avez-vous personnellement abordé cette question de la communication auprès de votre employeur ? Auprès de vos collègues ? Quelle(s) attitude(s) ont-ils eue(s) à votre égard ? Quelle fut la votre au moment de reprendre votre travail et donc de reprendre contact avec eux ? Pensez-vous qu’il s’agisse d’un processus qui puisse améliorer votre quotidien ?

    #11064

    COCCINELLE
    Membre

    Chère Sara,
    Cela me fait plaisir de vous lire, et de voir que votre peur a disparue, est-ce l’habitude qui engendre cela, peu importe,aujourd’hui, vous vivez , votre tête semble au repos, si vous pouviez aussi , ne pas penser à plus tard « SI » ,
    toutes ces années sont passées et vous êtes devenue celle que vous êtes et heureuse de réussir vos projets, et cela ne peut que continuer..♥

    #11055

    COCCINELLE
    Membre

    Sara,
    Je suis effrayée de voir que c’est vous qui êtes malade, qui devez faire tous les efforts pour exister à nouveau !
    Mais vous existez, imposez-vous ce nouvel habitant, ne vous laissez pas « bouffer » »
    les qualités que vous aviez avant, on ne les perds pas avec la maladie, ce n’est pas vous qui avez changé, c’est le regard et le comportement des autres.
    Ce monde est égoïste, vous ne l’êtes peut-être pas assez, il faut vous faire passer en premier maintenant.
    Et qui même me suit……♥

    #11057

    sara121
    Membre

    Comme cet article résonne en moi !
    Je suis en pleine dichotomie, du mal à me retrouver, à me positionner.
    Ma reprise il y a trois mois, je l’ai tant appréhendée ! Je pense que mes collègues aussi.
    Allais-je plomber l’équipe de part mon état ? Nous rendre collectivement moins efficace ?
    Allais je être à la hauteur comme avant dans mes fonctions, il est vrai prenantes et souvent épuisantes, faites de stress, d’urgences, de nécessité de créativité et de persévérance.

    Une période d’approche pleine de douleurs pour moi. Je n’existais pas, ils m’ignoraient, ignoraient aussi mon état, mes difficultés. Une phase d’intense solitude.

    Puis j’ai repris pied dans mes fonctions, doucement, et petit à petit, j’ai a nouveau retrouvé une visibilité au sein de notre équipe, osé aller vers eux, les solliciter, offrir mon aide…

    Mais tout ça ne va pas sans une intense activité, qui m’amène à cavaler toute la journée, souvent sans avoir le temps de déjeuner correctement, puis à reprendre le soir la route pour rentrer chez moi, où je m’effondre littéralement de fatigue.

    Je me suis déja endormie sur un fauteuil, à peine déchaussée, mon sac et mes affaires à peine posées, que reste-t-il de la VIE!

    A ce jour ma vie se résume à m’épuiser au travail, avec des satisfactions de tâches menées à bien, et de respect retrouvé, mais à quel prix, et combien de temps vais-je tenir ainsi ??

    Si je craque, je vais à nouveau entamer ma crédibilité professionnelle, si je résiste, que vais je imposer à mon conjoint ??? Et à moi même!!!

    Je n’ose imaginer ce qui se passera si je récidive, ou quand je vais m’arrêter dans quelques mois, pour me faire reconstruire après une double mastectomie. Je prévois déjà de faire faire ça avant mes vacances pour que mon absence soit le moins pesante possible pour mon travail et les projets que je porte.

    Etre malade ou être en situation de travail, les deux ne cohabitent que mal pour moi

    #11058

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Un article révèle certains aspects et enjeux du retour en entreprise, [url=http://www.cancercontribution.fr/news/travail-reprendre-en-douceur.html]cliquer ici pour y accéder[/url].

    Il y est fait part notamment de « la perte de confiance » des collaborateurs, notamment dans les cas où l’apparence physique est modifiée. Car le cancer peut faire peur.
    La question est alors de bien préparer les collaborateurs à cette étape, qui, si elle intervient sans que rien n’ait été fait, peut être un choc pour tout le monde.
    Egalement, la question du lien entre le patient et les autres employés pendant la période du traitement et avant le retour du premier cité dans l’entreprise semble fondamentale. [b]Avez-vous déjà fait l’expérience de situations où le lien est maintenu avec l’entreprise et où le retour est préparé en amont en mobilisant les collègues de travail ?[/b]

    #11059

    sara121
    Membre

    Coccinelle, non en effet, je pense que l’égoïsme est que chose qui me manque !!
    Mais comme je suis fière, « assurer » professionnellement m’importe !!
    En tout cas il est vrai que c’est injuste d’avoir les efforts à faire, mais on le sait, c’est souvent comme ça !

    #11062

    sitelle
    Participant

    Et aussi, pour s’inspirer de Flaubert, un petit ‘dictionnaire des idées reçues’ dans le domaine du dialogue médecin-patient. Avec les choses dites, celles à dire, et celle à surtout ne pas dire…

    #11061

    COCCINELLE
    Membre

    Pourquoi ne pas créer un petit manuel de phrases courtes, de mots simples,
    de propos humains (pas de béni oui oui) à l’adresse des chefs d’entreprises, afin que leur attitude vis à vis d’un employé malade donne le ton du comportement que tous doivent avoir lorsqu’ils sont confrontés à cette situation ?
    Pas de propos techniques, que des exemples positifs, parler de l’être, ne pas regarder l’autre à travers le prisme du cancer.
    Une éducation par un autre biais.

    #11060

    COCCINELLE
    Membre

    Sara,
    D’abord ne pas penser à la récidive, c’est loin d’être systématique. Vous avez un projet de reconstruction mammaire, c’est cela le plus important. Vous trouvez beaucoup de satisfaction dans votre travail, vous menez des combats que vous gagnez.
    On ne change pas, mais si vous deveniez un peu plus personnelle, à savoir prendre le temps de vous nourrir convenablement (?) et de faire un peu de sport, vous seriez aussi efficace et bien mieux dans votre tête et dans votre corps.
    Chaque jour est une vie …

    #11063

    sara121
    Membre

    Merci Coccinelle
    Oui gérer le temps est le plus dur!
    Quand à la peur de la récidive….. 1993 1994 1998 2000 2010.. ont été des années d’annonce, je ne vis plus avec la peur, je vis, c’est tout!!

    #11056

    sitelle
    Participant

    Quand l’entreprise est l’état, le ministère de l’éducation nationale, en l’occurrence, il est clair qu’il ne fait rien. Sinon diminuer le traitement par le jeu des indemnités de mi-temps thérapeutique, qui sont versées et qu’on doit rendre ensuite, avec le prélèvement à chaque mouvement, comme dans une banque, de la CSG et d’autres charges imposables. Double peine pour le malade qui se voit ainsi amputé d’une partie de son salaire. Et s’il a le malheur de se trouver en situation d’invalidité de 80% on ne le prévient pas mais on diminue d’autant le montant de sa retraire. On ne compte plus les dix meilleures années comme base mais les dix DERNIERES. Ce qui fait qu’on se retrouve en fait avec un quart de sa retraite (en raison du mi-temps obligatoire après un congé de longue durée). C’est ainsi que mon amie, sans jamais avoir eu le temps de prendre sa retraite, puisqu’elle a dû partir pour invalidité, s’est retrouvée avec 600€ par mois, pour un salaire pourtant pas très élevé avant son cancer de 1.600€. Et les dépenses de santé venaient s’ajouter, puisqu’elle avait résilié l’option médicaments de sa complémentaire, et que beaucoup de produits, en particulier tout ce qui était pansements, patchs imperméables pour la douche, etc. était compris dans les médicaments. Elle a ainsi déboursé pour ces produits de cellulose plus de 100€ par mois pour pouvoir faire faire ses pansements sur des récidives locales et des nodules de perméation dermiques, ceci pendant plus de deux ans. Une somme que tout le monde ne peut pas payer.

14 réponses de 1 à 14 (sur un total de 14)

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