« Combattre le cancer », oui mais comment ?

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Ce sujet a 12 réponses, 6 participants et a été mis à jour par  CancerContribution, il y a 2 ans et 4 mois.

  • Créateur
    Sujet
  • #11179

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Comme le confirme un bel article de la MDC, « De plus en plus de cancers peuvent être aujourd’hui être guéris grâce à la chirurgie et aux traitements. Mais l’idée qu’ils puissent aussi être « vaincus » lorsque le malade « se bat » et « y met du sien » est très répandue. Guérir du cancer, est-ce vraiment faire un parcours de combattant ? » Quelle réalité recouvre pour vous cette notion de « combattre le cancer » ?, qui peut culpabiliser ceux qui ne se battent pas ou baissent les bras.

12 réponses de 1 à 12 (sur un total de 12)
  • Auteur
    Réponses
  • #16462

    CancerContribution
    Admin bbPress

    Une réflexion intéressante sur le choix du langage du cancer se trouve dans ce blog :
    https://braintumourwarrior.wordpress.com/2016/05/26/am-i-a-warrior/
    La jeune blogueuse se signe « braintumourwarrior »; mais elle se pose la question : « have I inadvertently offended thousands of people? », « est-ce que j’ai blessé, sans le vouloir, des million de personnes » par ce choix de langage guerrier?

    « Il n’y a pas de bonnes et de mauvaises métaphores – explique Elena Semino, Professeure de linguistique à l’université de Lancaster – voilà pourquoi nous travaillons actuellement sur un ‘metaphor menu’, une carte des métaphores qui donne à chacun la possibilité de raconter sa maladie dans la façon la plus adaptée ».

    Pour en savoir plus sur ce projet, rv ici:
    http://www.ehospice.com/uk/articleview/tabid/10697/articleid/13414/language/en-gb/view.aspx%20!

    #16087

    CancerContribution
    Admin bbPress

    Un guide à destination des media « pour écrire à propos du cancer » a été publié en Australie :
    rédigé en collaboration avec des malades, leurs proches et des soignants, ce guide invite à éviter l’omniprésente métaphore guerrière au profit de l’évocation d’un voyage.
    Pour le consulter, rv ici :

    Le langage du cancer

    #11184

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    La littérature du cancer est disséminée d’expressions guerrières : « le parcours du combattant, les héros, la guerre est déclarée…» Pourtant, vous nous dites que ce langage ne correspond pas à vos sentiments. Vos premières réponses laissent comprendre que vous inscrivez plus dans une lutte pour la vie que contre le cancer. Vous est-il possible de nous donner d’autres points de vue, concordants ou non ? Merci d’avance…

    #11183

    vero M
    Membre

    je ne combat pas le cancer,
    les médicaments soignent ou contiennent la maladie,
    et moi , je prends soin de moi, de mon corps,
    de mon moral, je prends la vie, je la hume, je la bois,
    je la rit, car combattre c’est le risque de perdre la bataille.
    Quand on apprend qu’on ne pourra pas guérir, c’est le risque de culpabiliser
    et de rendre l’acceptation encore plus difficile.
    Oui je suis une guerrière….de la vie.

    #11182

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    De Claude-Alain – « La parole est ici encore essentielle dans le cadre de l’information, car on ne combat bien que ce que l’on connait bien. Dans cette guerre, que des combattants, pas de héros… Ne jamais oublier que le « crabe » est un ennemi fourbe: les causes de son apparition sont multifactorielles et son évolution n’est pas univoque » (via facebook)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 ans et 6 mois par  Cancer Contribution.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 ans et 6 mois par  CancerContribution.
    #11181

    Alinea
    Membre

    Combattre ? Oui, par définition, mais en fait, on se bat avec soi-même plus qu’avec la maladie… On affronte sa capacité à endurer les traitements, à se sentir vulnérable et affronter en direct sa propre mort. C’est un parcours initiatique qui nous permet de mesurer notre envie de vivre. Et si on se bat contre soi-même, il est acquis qu’on se bat aussi pour ceux qu’on aime (son mari, ses enfants, ses petits-enfants nés ou à naître) et pour ce qu’on aime (la bonne chère, les voyages, la vie tout simplement…) Dans mon cas, si je ne m’étais pas battue pour survivre et surtout, encaisser le choc des traitements, je n’aurais jamais connue mon adorable petite fille : rétrospectivement, quels bonheurs j’aurais manqués !

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 ans et 6 mois par  Alinea.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 ans et 6 mois par  CancerContribution.
    #11180

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    e ANGY – « Notion un mot….combattre !!c ulpabiliser pleins de mots dans ceux contenus. ou je me vois !! ou je me retrouve!!…….. » (via facebook)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 ans et 6 mois par  Cancer Contribution.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 ans et 6 mois par  CancerContribution.
    #11186

    Nolme
    Membre

    Je pense être passée par plusieurs phases. La première de toute a été la mise en formation de combat contre le mal. Changement d’attitude et de mode de vie, Je pensais l’avoir vaincu…. que nenni ! il ne s’était jamais arrêté.
    Phase d’abattement avec des annonces par morceaux sur ma récidive. Enfin un discours clair sur mon état, et j’ai relevé la tête dans la même disposition que la 1ere fois. Je l’ai affronté comme un guerrier en me préparant mentalement au parcours de soin qui m’attendait. Un parcours à vie ! là est aussi la différence entre un 1er cancer et les récidives. Lorsqu’on a admis que désormais, il faudrait vivre avec lui jusqu’à nos derniers jours, on le considère autrement. On l’a bien honni, insulté, il s’en fiche ! que faire devant tant d’indifférence ? s’en faire un ami puisqu’on doit vivre avec. Je continue à vivre en rébellion, plus d’affrontement de face, trop dur à tenir sur une longue distance. Mieux vaut le maquis ! la guerilla a commencé par l’apprivoisement pour m’en faire mon meilleur ennemi. Il me donne le pire : la peur de mourir, mais il me donne aussi le meilleur : l’amour de moi et des autres. Désormais,Je vis en maquisard : je l’observe, j’apprends sur lui pour mieux le tenir à distance, je lui porte des coups quand je le peux…… c’est un discours permanent faits de calme et de colère, jamais je ne détourne les yeux du mot avenir. Je lui inculque, et qui sait, à la longue, il finira par disparaitre devant ce simple mot.

    #11185

    Alinea
    Membre

    Sur ce thème, bravo à Catherine Cerisey, pour son bel article sur Lance Armstrong (qui s’est fait des « couilles en or » avec sa Fondation contre le cancer) et les limites de l’exemplarité : « Nous avons tous l’envie de nous en sortir. Malheureusement, certains perdent la bataille. Aimaient-ils moins la vie ? Les survivants sont – ils tous d’invétérés optimistes? Bien sur que non … il est résolument impossible d’être positif H24 quand on doit se soumettre à des traitements lourds et à des contrôles angoissants. »
    http://catherinecerisey.wordpress.com/2013/01/30/la-lecon-de-lance/

    #11190

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Quand on parle de cancer, le langage ‘guerrier’ reste toujours le plus utilisé par les médecins et par les patients ; Damien Dubois fait le point dans l’édito de cette semaine :

    EDITORIAL n° 29 – Mea culpa pas outé !

    Le malade devient alors un ‘héros’ mais il peut aussi être amené à se sentir coupable s’il n’a plus la force ou l’envie de lutter…Quelle est votre opinion et votre expérience à ce propos ?

    Certains de nos lecteurs ont suggéré des images différentes : par exemple, danser avec le cancer, plutôt que le combattre…quel langage adoptez-vous pour parler de la maladie ?

    Merci pour vos contributions…

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 ans et 6 mois par  Cancer Contribution.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 ans et 6 mois par  CancerContribution.
    #11189

    gabdu
    Membre

    Bonjour,
    De 1993 à 2010, j’ai lutté contre contre un épendymome ( tumeur dans la moëlle épinière), 2 lymphomes folliculaires et un carcinome spinocéllulaire.
    A chaque fois , ce fut un combat contre la douleur physique et pour chaque maladie, aucun médicament anti douleur n’a agit. J’ai donc été contraint et forcé de m’adapter à la circonstance. Comment?
    En maitraisant la douleur par la pensée. J’ai appris à l’apprivoiser, à la considérer comme un atout.
    En fait, la douleur fut un signal désagréable que l’on peut transformer en sensations agréables. Tout simplement en inversant le sens de la douleur. Certes çà demande de la maitrise de soi. J’y suis parvenu souvent à la faire diluer et à la faire disparaitre. Cette réussite m’a rendu bien plus fort qu’avant et m’a permis d’affronter ce qui m’attendais ensuite ce fut la chimiothérapie; autre combat contre les effets secondaires et soutenu par l’équipe médicale du service d’hématologie en qui j’ai toujours eu confiance.´

    #11187

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Par Sylviane – « pour moi combattre le cancer est un euphémisme, on ne combat pas le cancer, on se donne toutes les chances de guérir, et pour cela il faut d’abord subir : opération, chimio, radiothérapie, examens de contrôle, lorsque le plus gros de la tempête est passé nous devons chacun et chacune, selon les conséquences trouver un moyen d’accepter, mais avant cela nous avons vécu la colère et la rébellion, et lorsque vient le temps de l’acceptation trouver le moyen de survivre et enfin de vivre autrement, car plus rien ne sera plus jamais comme avant, le combat est contre nous même, chasser les idées noires, supporter les soins qui nous rendent malades, etc, il nous faut beaucoup de courage pour remonter la pente et ne pas céder au découragement, nous devons être inventifs et créatifs pour pallier à nos faiblesses dues au traitement, alors le mieux c’est de s’aimer, de penser d’abord à soi, réconforter notre enfant intérieur, c’est tout cela qui nous fera avancer sur le chemin d’une probable rémission, avec dans un coin de sa tête : pour combien de temps, c’est en cela qu’il nous faut faire un travail sur nous même, afin de garder le moral, on dit qu’il constitue 50% de la guérison, alors sur ce site nous pouvons trouver réconfort et espoir, et la joie de savoir qu’une personne s’en est sortie, le combat c’est en nous qu’il commence et c’est en nous qu’il s’achève, voilà ce que je peux dire sur combattre le cancer, je vous embrasse » (via facebook)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 ans et 6 mois par  Cancer Contribution.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 ans et 6 mois par  CancerContribution.
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