COMMENT AIDER UN PATIENT LORSQU’IL SAIT QU’IL VA MOURIR?

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Ce sujet a 17 réponses, 17 participants et a été mis à jour par  Passirose, il y a 4 ans et 7 mois.

  • Créateur
    Sujet
  • #10565

    olivnad
    Membre

    Bonjour à vous tous,

    Voilà mon père est atteint d’un cancer en fase terminal. Depuis que la cancerologue le lui a annoncé il se laisse partir et il ne veut plus parler.
    Je suis perdue je ne sais pas comment l’aider (si l’on peut aider!!!!!)
    Lorsque j’essaie de faire un peu « d’humour », de parler du jardin, de mon travail… je le regrette car je me dis qu’il n’a pas envie soit de rire,soit de parler jardinage, soit de parler de mon travail… en sachant qu’il va bientôt mourir.
    Si quelqu’un veut bien m’aider je l’en remercie d’avance
    Cordialement
    olivnad

15 réponses de 1 à 15 (sur un total de 17)
  • Auteur
    Réponses
  • #10575

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    ] « Surtout ne pas lui dire « courage ! » en lui tapant sur l’épaule. » (via facebook)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 ans et 6 mois par  Cancer Contribution.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 ans et 8 mois par  CancerContribution.
    #10582

    Passirose
    Membre

    Bonjour,

    Cette question est très vaste. Il sait qu’il va mourir, et vous pouvez bien sur lui tenir la main (s’il accepte)ou lui faire sentir votre présence.

    Dans quel état est-il (mobile, autonome)? Cette mort annoncée est-elle imminente?

    Je crois qu’il est normal pour les patients en phase terminale de se « retirer » de la vie sociale, entre autre pour garder ses énergies.

    Je vous conseille fortement d’aller faire un tour sur le site web du Portail Canadien en soins palliatifs (http://www.virtualhospice.ca/fr_CA/Main+Site+Navigation/Home/Topics/Topics.aspx). Il y a beaucoup d’informations sur le sujet (pour le malade et pour l’aidant), ainsi qu’un forum ou je suis d’ailleur inscrite. J’ai perdu mon père en décembre dernier d’une longue maladie, et je suis atteinte d’un cancer du sein métastatique stade IV et je sais qu’il ne me reste que peu d’options.

    Je vous souhaite de trouver le réconfort que vous cherchez et que votre père soit confortable pour le temps qui lui reste.

    Amicalement,
    Suzanne

    #10574

    sitelle
    Participant

    Je viens de relire la suite de messages postés après celui de Philippe, tous plus ou moins encourageants… J’ai réfléchi à ce que j’ai dit, vécu, et autres messages aussi qui vont un peu dans mon sens. J’ai surtout vu et entendu le silence de Philippe. Discret, il nous a laissées à nos illusions. Parce que, tout bien pesé, je pense que c’est lui qui a raison, dans la mort qui gagne, il n’y a que douleur et désespoir. Nous avons peut-être ‘vécu’ sur l’instant, même long, autre chose, mais cela a agit un peu comme un placebo. Nous avons trouvé refuge dans un subterfuge qui nous a permis de mieux supporter l’insupportable. La sérénité dont je parle a bien existé, de courts instants, et sans incidence sur le cours des choses. Ce sont des manières d’appréhender le réel que nous avons choisi de prendre pour notre confort et celui de notre proche, mais la souffrance, le désespoir, et surtout la mort ont gagné au bout du compte. Nous avons tenté en quelque sorte un processus de résilience, de fuite, d’évitement, pour vivre un peu mieux ces mois, années terribles, mais c’est [b]tout.[/b] Nous avons leurré notre inconscient pour la bonne cause.
    Et la réponse à la question initiale, [i]comment aider un proche qui sait qu’il va mourir[/i] est bien: [b]Chacun comme il peut, en écoutant ce que veut le proche malade.[/b]Je regrette d’avoir fait dévier cette discussion vers des réponses qui me laissent maintenant un gout amer dans la bouche. Pardon Philippe, reprend la parole, tu es plus réaliste et authentique que je ne l’ai été.

    #10581

    Nolme
    Membre

    A relire le sujet, je doits être la seule cancéreuse qui y est répondu….. pourquoi ne pas nous demander directement ce que nous attendons de notre entourage à ce moment crucial. Je suis au bord de l’abime, si ma dernière chimio ne fonctionne pas,….. je commence à réfléchir à ma sortie.

    #10580

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    De Yvette – « C’est très difficile à faire de dire à la personne qu’on aime qu’elle peut s’en aller quand elle est en fin de vie, qu’on l’aime de tout son coeur mais qu’on comprend et qu’on prendra la relève pour les choses qui lui tenaient à coeur … oui, c’est très difficile mais après on est soulagé d’avoir pu le faire ! Force et courage ! » (via facebook)

    #10579

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    De Nathalie – « Lui dire qu’on l’aime, être là, à ses côtés avec beaucoup de tendresse » (via facebook)

    #10578

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    De Nuvole – « la mort est un moyen de transition entre la fin d’une vie et le début d’une autre,n’oublier pas qu’on est de passage sur terre. » (via facebook)

    #10577

    Alinea
    Membre

    En réponse à Chronos, je répondrai qu’il est difficile de « vivre heureux en attendant la mort », comme le professait un humoriste, mort d’un cancer. Je suis d’accord pour dire qu’on est tous « en sursis », par définition. Mais pour avoir vécu insouciante puis sous le joug de la maladie, j’affirme qu’il n’est pas possible de profiter de la vie quand on se bat contre le cancer. Quand on n’est pas malade, on se sent libre et léger ; malade, on ne pense qu’à se débarrasser du cancer. Ca fait une différence énorme entre le bonheur et l’angoisse. Il faut une sagesse infinie pour dépasser ce stade. Je ne l’ai pas !

    #10576

    Chronos
    Membre

    Je ne serai pas forcément « politiquement correct » mais selon moi, la mort prochaine liée à la maladie n’est pas (ne devrait pas) être une situation exceptionnelle engendrant des comportements différents. La mort qui arrive ne change pas nécessairement les personnalités et les attitudes. Je le sais pour l’avoir vécu : mon ami qui est parti trop tôt à cause d’un cancer du poumon est devenue très difficile à vivre à partir du moment où il s’est su condamné, pour ne pas dire franchement invivable. Il a fallu faire avec ! Les derniers moments n’ont pas été les meilleurs souvenirs que je garde de lui et la « fin de vie » n’a pas apporté un supplément d’humanité. Mon conseil hors de la maladie : ne jamais oublier que même en bonne santé, le temps nous est compté et qu’il ne faut jamais rater l’occasion de profiter pleinement de ceux qu’on aime ; pour l’initiateur de ce forum : gardez une attitude ferme et vigilante, pour ne pas que la maladie de votre père ne vous envahisse de remords et de culpabilité. Poyr que vous puissiez profiter des derniers jours avec lui…

    #10567

    Bonjour, j’ai moi aussi, comme d’autres personnes présentes sur ce forum, accompagné un parent qui allait mourir, le savait… et l’avait en quelque sorte décidé.
    j’ai « aimé » ces dernières semaines, j’ai aimé la qualité de la relation qui s’est installée, dans l’accueil de ce qui est est là, à chaque instant : tristesse, nostalgie, soulagement, je vous souhaite de pouvoir juste accueillir ce qui vous traverse et traverse votre père… Sans l’éviter.
    nous avons vécu des moments simples et de toucher, de contacts, plus que de paroles.

    si le cœur vous en dit, maintenant ou plus tard, je peux vous proposer des contes traditionnels et textes anciens qui parlent de ce que vous dites, du lien indissoluble de la vie et de la mort. Ils nous ont apaisé.

    je partage avec vous toute l’énergie possible pour ces moments poignants..

    #10566

    ANGELLE
    Membre

    Bonsoir, je viens de relire l’ensemble moi aussi.
    Mais je ne changerais rien à ce que j’ai écrit.
    J’ai vécu, nous avons vécu l’horreur, l’insoutenable. Un corps aimé qui se dégrade, pour finir dans une urne. La souffrance, terrible, implacable;les derniers mots, derniers gestes. Et le deuil, le deuil qui n’en finit pas.
    Mais sur le vécu auprès de mon chéri, je sais avoir fait et vécu tout ce qui m’était possible. la fin était là, mais je sais qu’elle aurait été bien pire, pour lui et moi, si cela avait été mené sans conscience, sans soin, sans essayer de tout boucler, de prendre soin de tout. Voilà; ce n’est pas une recette pour le proche ni celui qui souffre; il n’y en n’a pas. Mais si c’était à refaire, et pour ma propre fin je souhaite que cette qualité soit là. pour au moins ne pas regretter ça, même si on crève de voir partir la vie. ANGELLE

    #10571

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    [b]De Sylviane -[/b] « la mort fait partie de la vie, donc il est acquis que nous devons tous partir un jour, pour ma part de n’est pas la mort qui fait peur mais la douleur. d’un autre côté, si notre vie n’a pas été telle que nous voulions, il y a les regrets, si j’avais su j’aurais agi autrement, etc, l’acceptation de la mort est difficile car notre instinct de survie est fortement ancré en nous, il y a aussi la tristesse de savoir que nous allons partir et que notre famille va continuer son chemin sans nous, alors la colère et la rébellion s’installe en nous, pour avoir été moi-même déclarée décédée, je peux comprendre la réaction de cette personne, mais elle n’est pas sur le bon chemin, il faut expliquer que la mort est une chose naturelle, contre laquelle nous sommes impuissants, il ne faut pas avoir peur d’en parler, d’évacuer le stress que cela engendre, mais il faut faire comprendre à cette personne que son attitude face à la mort n’est pas responsable, les proches vivent cela avec peine et angoisse et si en plus nous nous comportons de la sorte, nous culpabilisons nos proches, il faut donc inviter cette personne à parler de son ressenti afin que l’on puisse l’aider à accepter l’inévitable et l’acceptation de la mort, son départ sera d’autant plus dur s’il refuse, nous ne sommes pas immortels, je souhaite à cette personne de trouver la paix du coeur et de l’esprit et de profiter de chaque instant passé avec ses proches, afin de leur laisser l’image d’une personne sereine, personne ne connaît la date de sa mort, nous connaissons seulement le jour de notre naissance, alors le mieux est qu’il fasse le bilan des belles choses qu’il a faites dans sa vie, un petit bilan, ne s’arrêter que sur le positif et non le négatif, son départ sera d’autant plus doux s’il arrive à comprendre tout cela, bouder ne sert à rien, il faut avoir beaucoup de courage pour accepter, je lui souhaite d’avoir ce courage, je lui souhaite bon vent et bon voyage et qui sait, personne n’est jamais revenu de l’au delà, à quelques exceptions près, ne dit t’on pas que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, alors, monsieur, ne vous laissez pas aller, battez vous, vivez chaque seconde de votre vie avec amour, cela vous aidera et aidera vos proches, n’oubliez pas de leur dire que vous les aimez et souhaitez leur d’être heureux, cela aura un impact positif sur votre propre vie, bonne chance, dites vous que vous n’êtes pas seul, que des anges vous accompagnent, trouver en vous la force nécessaire pour ce grand voyage, bonne chance » (via facebook)

    #10570

    Nolme
    Membre

    Bonjour – en tant que malade en phase aggravée – je vois les choses ainsi. Laisser tout ceux qu’on aime, laisser tout ce qu’on aime, laisser la vie tout simplement, ça donne de la colère et de la peur. On s’enferme en soi pour ruminer tout cela, faut laisser le temps au temps.
    Une chose pourtant, si mon état me le permets encore, faire des choses que j’ai toujours eu envie de faire, seule ou avec ma famille et mes amis. Pas facile la situation, comment faire accepter aussi notre départ à ceux qui nous aime… ça doit le tracasser aussi. C’est être là tout simplement, auprès de lui et d’en profiter autant que l’on peut, comme lui profitera de vous. L’acceptation du départ d’un être aimé n’est pas chose aisée, nous le sentons et on ne sait pas toujours vous aider à l’accepter.

    #10573

    IsaH
    Membre

    Chère olivnad,

    Mon mari est mort il y a un mois, après avoir lutté contre un cancer du rein métastasé pendant presque 7 ans. Voici pour le contexte général…

    Je ne peux/veux pas vous donner de conseils, chaque expérience de ces moments étant différente, chaque individu réagit selon ses propres valeurs, sa propre sensibilité. Par contre, je souhaite partager quelques-unes de choses que nous faisions mon mari et moi…

    – être totalement sincère l’un envers l’autre. Partager nos peurs (différentes dans son cas et dans le mien), nos doutes, nos interrogations. Pas de faux-semblants ni de « je vais faire semblant d’aller bien pour lui remonter le moral ».
    – communiquer sans crainte. Comme je ne pouvais pas anticiper ce dont il avait besoin, je lui ai demandé de me demander, de m’expliquer ce qu’il attendait de moi. La réponse – hormis des choses très matérielles en raison de son état les derniers mois – a été suprenante: être là. Il m’a dit que c’était LA chose la plus importante pour lui, le fait de savoir que je serais à ses côtés quoi qu’il arrive.
    – reconnaître qu’il allait mourir. Le fait de lui dire « oui, je sais que tu vas mourir, que ton cancer est incurable » a été un soulagement pour lui parce que je reconnaissais la « validité » de ce qu’il vivait.
    – nous nous sommes aussi attachés à ne pas avoir de regrets. Pas de « j’aurais du lui dire ceci ou cela », pas de « dommage qu’il n’ait pas su que… ». C’est tout le sens de cette communication et de cette sincérité totale (sans barrières ni défenses) dont je parlais plus tôt.

    Ce qu’on appelle communément et très pudiquement « l’accompagnement de fin de vie » a été, pour moi et pour nous, une expérience enrichissante qui s’est contruite pendant toutes les années de son cancer. Ce niveau de communication est très précieux parce qu’il est débarrassé de tout mensonge, de toute demi-vérité. On dialogue avec la « vraie » personne, qui n’a pas peur de montrer son côté le plus vulnérable. C’est une espèce de dialogue « d’âme à âme » extrêmement vraie.

    Je veux terminer en vous disant que chaque personne possède son propre cheminement, sa propre manière d’appréhender une situation. Faites confiance à votre instinct, à ce qui vous vient naturellement. Si vous avez envie de prendre votre père dans vos bras, de lui dire que vous l’aimez, de vous mettre à pleurer, faites-le… prévenez-le aussi que vous avez besoin de le faire pour vous… Dites-lui ce que vous avez envie de lui dire, montrez lui ce que vous voulez lui montrer. Le cancer offre un luxe inouï: celui de voir la mort arriver. Profitez-en pour établir des moments de paix, qui n’excluent pas la douleur, mais dans lesquels vous puiserez un réconfort extraordinaire.

    Bien à vous, mes pensées les plus douces vous accompagnent,

    #10569

    Philippe Galipon
    Participant

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