Dépistage du cancer prostatique par les PSA

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Ce sujet a 3 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  sitelle, il y a 4 ans et 5 mois.

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  • #10664

    sitelle
    Participant

    [b]L’AFU réexprime son point de vue après les résultats d’ERSPC[/b]

    Suite à la publication des derniers résultats de l’ERSPC, l’Association Française d’Urologie (AFU) saisit l’occasion pour défendre et réajuster ses positions concernant le dépistage du cancer de la prostate par le dosage des PSA. La HAS avait émis un avis défavorable en 2010 au dépistage de masse.

    LE DÉPISTAGE systématique réduit la mortalité par cancer… mais pas la mortalité toute cause. Ce sont en substance les résultats de l’ERSPC (European Randomized Study of Screening for Prostate Cancer), une vaste étude européenne à laquelle ont participé deux équipes françaises (CHU de Lille et clinique de Montpellier), qui confirment avec deux ans de suivi supplémentaires par rapport à leur dernière publication l’intérêt du dépistage du cancer de la prostate. Il n’en fallait pas plus à l’Association Française d’Urologie (AFU) pour saisir l’opportunité de défendre ses positions un peu malmenées par la HAS. L’organisme d’expertise scientifique n’avait pas jugé opportun en 2010 de réévaluer l’intérêt d’un programme de dépistage systématique, au vu des premiers résultats de l’ERSPC.

    Si les tout derniers chiffres de l’étude sont très favorables, ils ne sont pas non plus implacables et l’AFU accorde qu’ils « ne permettent pas aujourd’hui de se prononcer définitivement en faveur du dépistage de masse ». Chez des hommes européens âgés de 55 à 69 ans suivis près de onze ans, le dosage des PSA a ainsi permis de faire baisser la mortalité par cancer de 21 %, voire de 29 % après ajustement sur la compliance, c’est-à-dire pour les hommes ayant effectivement réalisé le dépistage. Il est calculé que pour éviter un décès par cancer de la prostate, 1 055 doivent être dépistés et 37 doivent être traités. Mais, curieusement, le dosage des PSA n’a eu aucun effet sur la mortalité toute cause.

    Deux écueils à éviter.

    Alors, au-delà du dépistage systématique ou individuel, l’AFU souhaite ainsi reformuler la problématique autour du dosage des PSA, estimant que « la question est de savoir comment identifier ces cancers de faible volume, peu agressifs, pour éviter soit de les diagnostiquer inutilement (le  » surdiagnostic « ) soit de les traiter abusivement (le  » surtraitement « ) ». À cet effet, la société savante souhaite ainsi préciser que, lorsque le PSA est ‹ 4 ng/ml, le risque de cancer est très faible et les biopsies ne sont pas indiquées, sauf anomalies au toucher rectal. Lorsque le PSA est› 4 ng/ml, un prélèvement prostatique peut être proposé. En cas de diagnostic d’un cancer de faible volume et peu agressif, l’AFU recommande de ne pas traiter et d’opter pour une « surveillance active », consistant en un dosage des PSA tous les six mois et la réalisation d’une nouvelle biopsie à un an. En cas d’augmentation du PSA, du volume ou du grade du cancer sur les biopsies, un traitement curatif est proposé.

    L’AFU réaffirme néanmoins ses[b] recommandations de 2010 en faveur d’un dépistage individuel,[/b] « à partir de 45 ans chez les hommes à haut risque de développer un cancer de la prostate : origine afro-antillaise ou antécédent familial (au moins 2 cas collatéraux ou de survenue avant 55 ans). Le dépistage n’est pas recommandé chez les sujets dont l’espérance de vie est estimée inférieure à 10 ans en raison d’un âge avancé ou de co-morbidités sévères ». L’AFU souligne qu’elle se démarque de la position Outre-Atlantique, où le seuil de PSA est fixé à 2,5 ng/ml et le recours à la surveillance active peu répandu, ce qui est à l’origine de nombreux cas de surdiagnostics et de surtraitements.[b] Les urologues français espèrent améliorer encore les choses à l’avenir, notamment avec l’IRM prostatique qui permettrait de décider de l’opportunité de la première biopsie en cas de PSA› 4 ng/ml.[/b]

3 réponses de 1 à 3 (sur un total de 3)
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  • #10665

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Réponse de Robert Huant sur Facebook : « difficile de discuter sur ce sujet. Personnellement lorsque j’ai été opéré de la prostate j’avais un taux PSA très élevé: il s’agissait en fait d’une tumeur importante mais bégnigne. Dans la chambre à côté il y avait une personne dont le taux de PSA était normal mais qui avait un cancer. »

    #10666

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Réaction de Jean-Luc sur Facebook :
    Je publierai un post, sur le nouveau paradigme sur le diagnostic du cancer de la prostate , PSA ou pas , études scientifiques et consultations scientifiques à l’appui, marre, ras-le-bol de voir des journalistes à la petite semaine, des sites à priori expert, des soi-disant autorités de parler du cancer de la prostate comme un cancer très doux réservé aux vieillards qui de toutes façons mourront d autres choses, je suis écœuré , et me demande pourquoi je ne stoppe pas mes traitements , face à un cancer si gentil – mignon…

    #10667

    sitelle
    Participant

    Cancer de la prostate : pas de dépistage chez les sujets à haut risque.

    Dans un rapport d’orientation établi à la demande de la Direction Générale de la Santé (DGS), la Haute autorité de santé (HAS) estime qu’il n’a pas été démontré l’intérêt d’un dépistage par PSA du cancer de la prostate chez les hommes sans symptômes et considérés comme à haut risque de survenue de ce cancer.

    EN 2011, la DGS a saisi la HAS afin qu’elle rende un avis sur l’identification des facteurs de risque de cancer de la prostate et la pertinence d’un dépistage de ce cancer par dosage du PSA auprès des populations d’hommes considérés comme à haut risque.

    On se rappelle que, en ce qui concerne la population générale, la HAS avait conclu en 2010 qu’il n’y avait pas de preuve de l’intérêt du dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA. Au terme de son rapport établi à la demande de la DGS, elle établit les mêmes conclusions en ce qui concerne la sous-population des hommes à haut risque de cancer de la prostate. Cette décision est fondée sur les arguments suivants :

    1) La difficulté de cerner les populations considérées comme « à haut risque » de cancer de la prostate.

    Certains facteurs de risque génétiques et environnementaux sont identifiés « et plus ou moins établis dans la littérature », tels que des antécédents familiaux de ce cancer chez les parents au premier degré (père, frère), une origine africaine, une exposition à certains agents chimiques (certains pesticides sont suspectés sans qu’un lien ait été démontré). « Mais il n’est pas possible de dire aujourd’hui comment ces différents facteurs interagissent, de considérer qu’ils se cumulent et donc de mesurer un niveau de risque de survenue de ce cancer. » Par ailleurs, poursuit la HAS « aucun élément dans la littérature ne permet de penser que les hommes avec des facteurs de risque développent des cancers de la prostate plus graves ou d’évolution clinique plus rapide ».

    2) Une balance bénéfices/risques difficile à établir.

    « Il n’y a pas d’études démontrant l’efficacité du dépistage en termes de diminution de la mortalité dans une population d’hommes considérés comme plus à risque. » La HAS souligne le risque de faux positifs du PSA, les risques liés aux biopsies de confirmation diagnostique et les conséquences des traitements.

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