Dossier médical personnel : gâchis et conflit d’intérêts ?

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    sitelle
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    Il devait faire faire des économies à la Sécu. Mais depuis 2004, le dossier médical partagé a déjà englouti 210 millions d’argent public. Stop ou encore ?
    « Le dossier médical personnel (DMP) est une illustration du mal français : d’abord on confie à des technocrates la conception de projets compliqués. Ensuite, on essaie de les appliquer dans la réalité. Enfin, on se rend compte qu’il aurait déjà fallu interroger les gens sur le terrain. »

    C’est Pierre Le Coz, philosophe et président du Comité de prévention des conflits d’intérêts à l’Agence national de sécurité sanitaire (Anses) qui fait ce constat accablant.
    Seulement la moitié des dossiers utilisés

    Face à nos nombreuses sollicitations, l’Asip nous a donné quelques chiffres : 40% des DMP ont été créés en ville (essentiellement des médecins libéraux) et 60% dans les établissements de soins, selon elle (au service admission des hôpitaux). Mais l’Asip n’a jamais répondu à la question-clé : combien sont réellement utilisés ? Or, selon nos informations, seulement 93 915 dossiers sont alimentés, c’est-à-dire contiennent au moins un document. Soit moins de la moitié des DMP créés !

    Pire, dans les quatre régions pilotes, où l’Asip a concentré ses efforts, les chiffres réels, que Rue89 s’est procuré, sont calamiteux : parmi les professionnels de santé ayant créé des DMP en Aquitaine, l’immense majorité (93%) n’en a créé en réalité qu’un seul, lors du passage du formateur de l’Asip. En Franche-Comté c’est près de 87%. Idem en Alsace et en Picardie.

    A la ministre qui doit se prononcer dans les semaines qui viennent, Gérard Bapt demande de « reprendre ce dossier à zéro et de repartir des besoins des médecins ». En effet, dit-il, si on continue « selon la Cour des comptes, les coûts pourraient être croissants ». Tout le monde voudrait éviter de suivre le chemin de l’Angleterre qui a dépensé 4 milliards de livres (presque 5 milliards d’euros) avant d’arrêter les frais.
    Retour sur huit années de fiasco

    En mars 2004, Philippe Douste-Blazy, fraîchement nommé ministre de la Santé, lance l’une de ses mesures phares pour boucher le trou de la Sécu. Il avait annoncé des économies de 3,5 milliards d’euros par an. Eviter les consultations à répétition, améliorer la qualité des prescriptions, diminuer les interactions médicamenteuses… le DMP devait être la panacée.

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