Environnement de Travail à risque cancerigene

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Ce sujet a 3 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  Cancer Contribution, il y a 4 ans et 5 mois.

3 réponses de 1 à 3 (sur un total de 3)
  • Auteur
    Réponses
  • #11085

    Nolme
    Membre

    Une vraie roulette russe. Que choisir ? Moi, qui suis malade et à l’abris de la faim, je choisirai l’arrêt. Ceux, qui n’ont pour tout avenir que ce job, veulent prendre le risque en se disant le plus souvent « ça n’arrive qu’aux autres ». Le hic, c’est que cela ne touche pas que les ouvriers mais toute une population. Un vrai dilemme, je n’aimerai pas être ceux à qui revient la décision. Réaction à chaud en lisant l’article, mais dans une heure ou deux, quelle sera ma conviction. En mon âme et conscience, je continuerai à choisir l’arrêt pour protéger la vie du plus grand nombre. Il y a un avant cancer et un après….. l’avant aurait vu une Nolme plus vindicative envers ses empoisonneurs. Depuis, j’ai vu des malades vivre avec un minimum de fric, et parfois se retrouver à la rue. L’argent mène le monde, il nous tient !

    #11086

    Giovanna
    Membre

    La question posée par le Pr Michela Marzano constitue une excellente approche pour un débat sur la « forma mentis » italienne qui tend souvent à habiller d’éthique les questions politiques et juridiques.
    Le cas, analysé est celui de l’usine Ilva de Tarente, ressource de travail fondamentale pour la population de la ville et de la région des Pouilles en générale. Aujourd’hui il est question de fermer cette centrale à cause de sa capacité gravissime de polluer l’environnement et d’impacter la santé de la population.
    Sous un registre sociétale, fermer l’établissement signifie mettre au chômage les travailleurs en réduisant à l’indigence des milliers de familles.
    D’autre part, la pollution environnementale provoquée par Ilva dans les a des conséquences terribles sur la population: un mort tous les trois mois, 25% d’augmentation des taux de cancers pédiatriques, les personnes qui vivent près de l’établissement tombent malades et meurent trois fois plus que dans la moyenne de la région.
    Alors ce dilemme est aujourd’hui proposé comme une question morale, un enjeu éthique que les travailleurs et la population doivent assumer directement sur leur peau : « …mourir d’un cancer ou crever de faim ? »
    Et c’est justement là que le piège se situe: pourquoi rattacher une population à la roulette russe, au fameux « choix de Sophie » de William Styron?
    Ce ne sont pas ces sujets qui ont caché pendant des années l’activité polluante de l’usine. La famille Riva, propriétaire du centre a constamment et sciemment maintenu la production dans l’inobservance des normes de sécurité définies par la Loi. Les propriétaires altéraient les auto-certifications, les instances politiques laissaient faire dans un souci partagé entre volonté de conserver l’usine plus puissante du Sud et intérêt aux gracieux pots-de-vin facilement alloués par le management d’Ilva. Le dernier remonte au mars dernier: 10 mille euros donnés à l’expert du Tribunal pour « ajuster » son expertise…10 mille euros que, par ailleurs, Ilva affirme avoir donné pour les bonnes œuvres de l’Eglise locale.
    Mais encore, au-delà des malfaisances des industriels, pourquoi les citoyens doivent-ils payer une politique paresseuse, immobiliste qui a confié pendant des années toute l’activité de production à une seule usine? Pourquoi les instances locales se trouvent aujourd’hui dans l’impasse binaire de choisir entre santé publique ou santé du travail ?
    Celui qui touche Tarente n’est pas un dilemme éthique, mais le fruit d’une composition politique malhonnête et aveugle. Et ce n’est pas aux travailleurs de devoir prendre les mesures pour résoudre cette impasse. Mais, d’autre part, c’est avec eux que cette situation doit être discutée.
    Je termine la tirade avec un constat évident : le temps des décisions unilatérales est terminé, les citoyens ont le droit et la nécessité de prendre part directement aux grands enjeux qui les impactent.

    #11087

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    [b]La réponse de Claude-Alain – [/b] »Il y a du pain sur la planche. Dès le début de mes études de médecine quand j’ai fait mon premier stage en pneumo à Foch, on savait déjà en 1970 que l’amiante par exemple provoquait des cancers de la plèvre de très sombre pronostic. Le grand pourvoyeur de malades était l’usine FERRODO de Levallois qui fabriquait des plaquettes de freins à base d’amiante. Il a fallu attendre plus de 30 ans pour que ceci soit reconnu en tant que maladie professionnelle. C’est dire la puissance des lobbies de l’industrie… Tout comme les cigarettiers plombent les comptes de la Sécu avec les maladies cardio-respiratoires première cause de mortalité en France. Dans quelques années, à cause d’eux, nos caisses d’assurance maladie ne pourront plus faire face… » (via Facebook)

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