Ils surviennent entre deux mammographies de dépistage

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    La Société française de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM) a abordé, dans le cadre de ses 34es Journées qui se sont déroulées à Paris, les acquis et les limites dans le dépistage et la prise en charge de la pathologie du sein. Près de 20 % de cancers du sein peuvent survenir dans l’intervalle de deux ans qui séparent le dépistage organisé.

    LE DÉPISTAGE organisé, proposé en France depuis 2004 à toutes les femmes de 50 à 74 ans, prévoit une mammographie tous les deux ans. En 2011, plus de 2,4 millions de femmes y ont eu recours, soit près de 53 % des femmes de 50 à 74 ans (source InVS). Un cancer de l’intervalle est un cancer qui survient dans les 24 mois après un dépistage jugé normal ou bénin. En France, 15 femmes pour 10 000 environ ont un cancer de l’intervalle après un dépistage organisé alors que 65 femmes pour 10 000 ont eu un cancer dépisté lors de l’examen de dépistage bisannuel. Le taux de cancer de l’intervalle s’établit ainsi à plus de 18 % chez les femmes dépistées. Faute de données (seulement 20 % des départements pratiquent un recueil systématique des données sur les cancers de l’intervalle), des difficultés persistent dans la compréhension de ces cancers. « Il est impossible de séparer dans les résultats globaux, les cancers  » ratés  » ou faux négatifs des vrais cancers de l’intervalle apparus rapidement après le dépistage », a précisé le Dr Brigitte Séradour (radiologue à l’hôpital privé Beauregard, Marseille).

    Toutefois, les études réalisées dans la littérature sur la classification de ces cancers montrent que : 15 % environ sont des erreurs de lecture ou des erreurs techniques, 35 % correspondent à des images classées bénignes et 50 % sont de vrais cancers d’intervalle, apparus après le dépistage ou trop petits pour être détectés au moment du dépistage et d’évolution souvent plus agressive.

    Des cancers plus agressifs.

    Une enquête a été conduite par l’ACORDE (Association des médecins coordonnateurs du dépistage des cancers) entre 2004 et 2009 sur plus de 6 000 cancers de l’intervalle (CI). Les résultats montrent que 11,9 % des cancers de l’intervalle sont apparus après un bilan de diagnostic immédiat jugé normal ou bénin. Ces cancers sont plus défavorables en terme de taille : le pourcentage des tumeurs› 20 mm est plus élevé dans les CI (37,5 %) que dans les cancers dépistés (CD) 21,3 %. Les tumeurs invasives avec envahissement ganglionnaire sont également plus représentées dans les CI (38,8 %) que dans les CD (23,1 %). Enfin, les cancers de grade III sont significativement plus élevés dans les CI (31 %) que dans les CD (18,5 %).

    Les facteurs de risque.

    Une autre étude d’ACORDE, conduite dans 54 départements, a comparé 5 400 cancers de l’intervalle à 55 000 cancers dépistés. Les femmes ayant eu un cancer de l’intervalle ont été comparées à la population générale. Il en ressort que ces femmes ont légèrement plus d’antécédents familiaux (16 % vs 10 %), plus de traitements hormonaux (19,5 % vs 12,4 %) et une densité mammaire radiologique plus élevée (36 % vs 22 %). Un tiers des cas sont survenus la première année, les deux autres tiers entre 12 et 24 mois.

    En conclusion, pour le Dr Brigitte Séradour, « le choix d’un intervalle de deux ans entre les dépistages après 50 ans reste raisonnable. Si on veut trop diminuer les cancers d’intervalle, on risque d’augmenter les faux positifs et le surdiagnostic par la multiplication de bilans diagnostiques ». Pour réduire les cancers d’intervalle, elle préconise des échographies supplémentaires pour les femmes à risque, une meilleure qualité technique des mammographies et la généralisation de la deuxième lecture des clichés qui rattrape 7 à 10 % des cancers non détectés après une première lecture.

    Surtout, il est important pour les femmes de rester vigilantes entre deux dépistages et de consulter si un nouvel élément suspect (par exemple, une boule) apparaît.

    source: Parution d’aujourd’hui du Quotidien du Médecin, et information de la société de sénologie, qui joue un rôle arbitral entre les tenants du dépistage systématique, et ceux qui pensent qu’il y a actuellement trop de dépistage, donc un risque d’hyper dépistage.

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