La fin de vie : que faire quand tout a échoué ?

Accueil Forums Cancer dans la société La fin de vie : que faire quand tout a échoué ?

Ce sujet a 8 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  Nolme, il y a 4 ans et 5 mois.

  • Créateur
    Sujet
  • #11285

    sitelle
    Participant

    La façon proprement scandaleuse dont mon amie s’est entendue dire par son oncologue : « ça a assez duré maintenant, allez ailleurs vous faire piquer ; on ne peut plus rien faire pour vous, il faut en finir. » (sic) n’est pas une issue possible.

    Que peut-on faire pour améliorer la fin de vie des patients atteints du cancer ?

8 réponses de 1 à 8 (sur un total de 8)
  • Auteur
    Réponses
  • #11372

    sitelle
    Participant

    [url=http://www.rtl.fr/actualites/politique/article/deux-journalistes-levent-le-tabou-de-la-sante-des-presidents-7746522492]Deux journalistes lèvent le tabou de la santé des présidents[/url]

    Deux journalistes, sous prétexte du sujet de la santé des présidents, révèlent que le président Mitterrand a demandé et obtenu l’euthanasie. En fait même si Marie de Hennezel dément l’information, c’est bien François Mitterrand qui l’a aidée à mettre en place l’existence des soins palliatifs, qui pratique sans dire son nom une forme d’euthanasie, à la demande préalable des malades. Le fait est que cela se pratique un peu partout dans les soins palliatifs, comme dans d’autres services de médecine, et pas seulement d’oncologie.
    La grande question autour de ce problème, consiste à vouloir légiférer sur un sujet qui est en réalité un contrat passé entre un malade, en pleine possession de ses moyens, et le service qui veillera à ses derniers instants. Je pense qu’il s’agit là d’un domaine privé, et que la loi Léonetti ayant le mérite d’exister, permet à chaque malade de choisir sa fin, en toute légalité, puisqu’il s’agit d’un encadrement médicalisé.
    C’est dommage que ce débat ressorte à épisodes réguliers dans l’actualité, et c’est une forme d’hypocrisie de vouloir à tout prix dénoncer une pratique légale, et médicale, qui n’est que de l’ordre privée. Pourquoi une loi viendrait-elle justifier des actes médicaux qui sont maintenant entrés dans les faits, pratiqués, pour le bien de tous ceux qui les choisissent?
    Il faut, sans hypocrisie, mais sans tabou non plus, ce sont là les deux écueils du sujet, que chacun soit bien conscient que ces actes sont parfois nécessaires, et qu’ils sont encadrés médicalement. Ne pas prononcer des mots comme [b]euthanasie[/b], ou même pire [b]suicide assisté médicalement[/b], mots qui continuent à porter le poids du jugement social. Mais il s’agit de bien encadrer les fins de vies de ceux qui les choisissent pour dépénaliser des actes qui n’ont aucune raison de l’être. Amener sur la place publique, la façon dont chacun souhaite, et prévoit de finir sa vie, constitue une atteinte à la vie privée. L’hypnovel existe, dans un but bien précis, non pas de tuer un malade, mais de le soulager [b]même au risque d’abréger sa vie.[/b]Ce risque existe, non pas parce que le produit est léthal en soi, mais parce qu’il est administré à des malades souvent rrès fatigués, usés par la maladie et les traitements. Il n’accélère pas tant leur décès, qu’il permet que celui-ci ait lieu dans des conditions de confort, de soulagement qui sont prévus par l’hôpital dans ses soins de support, comme dans la prise en charge de la douleur. Il est regrettable de voir cette pratique médicale accusée, mise à l’index, chaque fois, surtout qu’elle concerne comme c’est le cas ici précisément une personnalité connue; alors qu’elle est non pas monnaie courante, mais admise par tous les centres de soins palliatifs.
    [attachment=9]7746530872_le-dernier-tabou.jpg[/attachment]

    #11373

    sitelle
    Participant

    C’est bien pour cela que j’ai mis ce sujet, et puis c’était chez Pujadas hier soir…Mais je trouve que la fin de vie est une affaire privée; chacun a le droit de décider de partir comme il le veut, qu’il soit Président de n’importe quoi, ou simple citoyen lambda. Mais tu as raison, les gens feraient n’importe quoi pour de l’argent. C’est trop facile de faire remuer les consciences en période préélectorale en plus. QUe chacun voie midi à sa porte, ces journalistes sont des opportunistes, voilà ce que je crois. Un président qui meurt d’un cancer, n’est qu’un malade de plus qui souffre. Et la médecine est là aussi pour limiter autant qu’elle peut la souffrance de ceux dont elle a la charge,[b]QUELS QU’ILS SOIENT.[/b]

    #11374

    Nolme
    Membre

    Mon père est partie sous hypnovel. Dans un premier temps, il souffrait tellement que ce produit ne l’a pas soulagé, ni même endormi. Il recevait un vrai cocktails de produits anti-douleurs mais rien n’y faisait. Il a passé 15 jours à souffrir, j’ai les images encore devant les yeux. J’ai tempêté auprès des médecins mais comme ils m’ont dit « on vous entends, mais on ne peut pas »
    Finalement, il a fini par lâcher prise et c’est « endormi » paisiblement. Tout ce que je retiens c’est la paix dans laquelle mon père m’a quitté. Je lui tenais la main et son visage était détendu, plus un masque de souffrance.
    Je suis atteinte du même mal et je sais que dans quelques mois, quelques années, ça pourrait être moi. Ca me terrorise ! si je doits partir que ce soit dans la paix. Je souffre déjà dans mes os, je n’imagine même pas la douleur à venir. Je l’ai pourtant vu à travers les yeux de mon père et de mon oncle. Les anges de la mort, non ! mais avoir le droit à une fin de vie paisible, OUI ! Maintenant que l’on expose publiquement la fin d’un Président, ça me choque. Pour de l’argent, on fait beaucoup de chose dont utiliser la « presse people » dans son côté sale. Sa vie est privée et continue à l’être dans la mort. Ca ne fait pas avancé le débat sur l’euthanasie. IL est le combat des vivants comme moi. Paix à son âme et merci à ceux qui nous aideront à partir dignement.

    #11289

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Bonjour Sitelle. Merci de ce témoignage qui montre l’importance de ces moments, et également les dégâts qu’ils peuvent entraîner quand certains sont maladroits. Je vous remercie, parce que vous prenez soin d’éviter les généralités, et de montrer que tous les professionnels de santé ne sont pas ainsi. Reste à convaincre ceux qui le sont à ne plus se laisser aller.

    #11290

    sitelle
    Participant

    Je sais que je pourrais attaquer cet oncologue, d’autant plus facilement que le chirurgien possède la preuve écrite de ce qu’il a dit. Mais je tiens à ne pas impliquer ce chirurgien, qui est à un an de la retraite, et ne veut pas s’en prendre à ce stade à un confrère, malgré son jugement. Ensuite, je pense qu’il suffit de faire savoir que ce genre de comportement existe, sans risquer de ruiner la carrière d’un oncologue, qui par ailleurs est très compétent, même si psychologiquement il est au dessous de tout, et pire.
    Je m’en suis expliquée directement avec lui, et sa femme, également médecin, a fini par me dire:
    ‘Est-ce que de temps en temps, les malades pourraient avoir un peu de compassion pour les médecins surbookés?’
    Ce à quoi j’ai répondu, que les médecins méritaient parfois, l’estime, le respect et même la compassion de leurs malades, mais qu’en tout état de cause on ne pouvait pas demander à un mourant d’avoir de la compassion pour un médecin qui refusait de le prendre en charge.
    Dont acte. On ne refait pas l’histoire. Si cela changeait quelque chose, sans doute ferais-je une action en justice, mais il suffit que les malades, comme les bien portant soient très attentifs au comportement de leurs soignants et qu’ils ne laissent pas passer ce qui dans ce cas est une faute professionnelle grave, ainsi qu’un manquement caractérisé à l’éthique médicale.

    #11286

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Il y a là non seulement une faute mais un propos répréhensible. Quelle a été la réaction de votre amie ?

    #11287

    sitelle
    Participant

    Le fait est qu’elle avait tout préparé son départ avec les soins palliatifs, par écrit, comme un contrat et qu’elle était très sereine depuis. Le fait de s’entendre prescrire une ‘mort sur ordonnance’ l’a complètement détruite psychiquement, et elle a perdu cette sérénité que nous avions mis deux ans à construire par des échanges, des partages, à la fois tendres et graves. C’est un peu pour cela que j’insiste tant pour qu’on réfléchisse à la formation des médecins sur le plan psychologique. L’oncologue ce jour là a reporté l’impuissance de la médecine a soigner ou même soulager mon amie, sur lui-même, et il a réagi comme un mec frustré devant sa propre impuissance, en déplaçant de façon métaphorique les manques, et les imperfections des traitements. Cela l’a rendu agressif, et il s’est attaqué à la première personne qu’il avait sous la main: sa malade. Mais d’une part j’étais présente; et d’autre part il a eu l’inconscience de rapporter ses propos mot pour mot dans son compte-rendu au chirurgien de mon amie, qui continuait à la suivre. Le chirurgien nous a dit avoir eu tellement honte pour son confrère qu’il n’a pas pu dormir pendant trois nuits. Lui est quelqu’un de très humain, et il a veillé personnellement à ce que soient respectés ses désirs pour ses derniers moments.

    #11288

    sitelle
    Participant

    Voilà pourquoi j’ai ouvert ce débat pour ceux à qui cela peut paraître une incongruité. Mais nous l’avons vécu en direct, et les trois derniers mois de mon amie en ont été réduits en cendres, alors qu’elle se préparait sereinement à quitter ce monde en paix avec elle-même et son entourage.

8 réponses de 1 à 8 (sur un total de 8)

Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.