Les inégalités géographiques du cancer : prévalence et accès aux soins

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Ce sujet a 11 réponses, 11 participants et a été mis à jour par  Grisli, il y a 4 ans et 6 mois.

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  • #11338

    sitelle
    Participant

    [b]Une capitale…..des capitaux[/b]

    Il faut bien reconnaître qu’il ne fait pas bon être malade du cancer, [b]lorsqu’on vit en province;[/b] Même si c’est certain qu’il ne fait jamais bon être malade, où qu’on vive. Mais un facteur aggravant vient marquer le mot ‘[b]province[/b]’. Il suffit de se promener sur le site [url=http://medicalpro.tv/accueil]Médical ProTV[/url], pour comprendre. A chaque enregistrement, nous entendons l’animateur constater sans vouloir être offensant, que tel ou tel participant doit partir vite, car il vient de province; Certes l’hégémonie, industrielle et culturelle de Paris n’est plus à démontrer, mais il est un domaine où les français devraient pouvoir être [b]égaux[/b]: et c’est bien la santé. Il n’en est rien, hélas et cette simple carte de France des centres agréés pour les prises en charge du cancer n’a nul besoin de commentaire :

    [url=http://img585.imageshack.us/img585/2697/carteaveclgende.jpg]carte des centres anticancer agréés.[/url]

    Le problème se pose en termes simples, il est en France un certain nombre de régions où l[b]a prise en charge d’un cancer s’avère plus difficile qu’ailleurs[/b]. ‘Ailleurs’ c’est hormis la région parisienne avec les trois grands centres, ([b]St Cloud, Curie, et L.G.R[/b]. autrefois Villejuif) ne comporte que huit centres agréés :

    [b]ANGERS / NANTES[/b] (Ouest)
    [b]BORDEAUX[/b] (Bergonier)
    [b]DIJON[/b] (G.F. Leclercq)
    [b]LYON[/b] (Bérard)
    [b]MONTPELLIER[/b] (Calmettes)
    [b]NANCY[/b] (Vautrin)
    [b]NICE[/b](Lacassagne)

    D’autres centres existent, certes ; mais ils sont plus ou moins les [b]satellites[/b] de ces dix centres agréés. Par ailleurs on doit bien reconnaître que les plus grands centres sont [u]calqués[/u] sur l’I.G.R.; aussi bien pour le fonctionnement que pour les protocoles; cela rassure parfois de savoir que Bérard, par exemple fonctionne et soigne comme Villejuif, mais quelle uniformisation…On reconnaît comme dans bien des domaines, la centralisation française, qui, hélas, date de Napoléon Ier. Ce qui n’est pas pour rassurer tout le monde.

    Mon propos est clair: [b]les plus grands centres sont naturellement les mieux servis[/b], en quantité, personnel, équipements, etc., ce qui peut paraître normal, dans la mesure où ils accueillent davantage de malades; mais aussi, et c’est là que je veux en venir, e[b]n qualité[/b]. Si on propose à un chercheur le choix entre un grand centre agréé, et un petit centre de province, il est certain qu’il lui faudra de bonnes raisons de ne pas choisir le grand centre; par voie de conséquence, vrai ou faux nous avons l’impression que les meilleurs chercheurs, les meilleurs praticiens exercent leur art dans les dix grands centres agrées en France.

    Enfin, et c’est là un autre problème plus vaste et autrement plus grave encore, il suffit d’un coup d’œil à cette carte de France pour comprendre qu’il existe dans notre pays des [b]déserts médicaux[/b], et que le cancer n’échappe pas à cette désertification. Un inégalité [b]inacceptable[/b]. inégalité qu’on regrette dans le domaine culturel, mais après tout, la culture est un luxe; par contre dans le domaine de la santé, et dans celui du cancer en particulier, on touche un [b]problème d’éthique majeur[/b], et pas seulement une question de différences de moyens.

11 réponses de 1 à 11 (sur un total de 11)
  • Auteur
    Réponses
  • #11345

    METEOMARINE
    Participant

    Oui, il y a des déserts médicaux en France. Mais ils ne sont rien comparé à ce qui existe dans d’autres pays en Europe, dans certains pays de l’UE ou dans l’Europe élargie selon la définition de l’OMS.
    Bénévole à Europa Donna, il m’arrive souvent de rencontrer des femmes de ces pays, de communiquer avec elles, et leur situation est impressionnante !
    – dépistage à l’état embryonnaire
    – soins qui la plupart du temps se résument à une ablation pure et simple, la tumorectomie, le ganglion sentinelle, la reconstruction… cela n’existe pas, ou alors il faut payer, et très cher
    – traitements adjuvants interrompus par manque de médicaments (et on leur dit que tout va bien, qu’elles ont admirablement réagi à leurs 2 ou 3 sessions, et rentrez chez vous). Ou bien ils sont réservés à ceux et celles qui peuvent payer.
    C’est le cancer du sein, mais il n’y a pas que le cancer du sein…
    D’accord, ce n’est pas une raison pour ne pas être vigilants ici. Il faut continuer, lutter pour l’égalité de tous pour l’accès aux meilleurs soins possibles. Mais il ne faut pas oublier ces hommes et ces femmes qui, pas si loin que ça, n’ont pas notre espérance de vie. Ils ne sont pas des cas particuliers.

    #11343

    METEOMARINE
    Participant

    Pour reprendre le commentaire de Melchior, que j’approuve, les zones rurales sont très défavorisées… je prends un exemple que je connais bien, d’une patiente habitant dans un village de montagne. Lorsqu’elle a dû se plier au rythme de la radiothérapie, en plein hiver et sous les chutes de neige, il lui fallait chaque jour une demi journée pour se rendre au centre de RT… Il lui a fallu beaucoup de force pour aller jusqu’au bout du traitement, avec des jours très acrobatiques.
    Il y a enfin l’inégalité sociale, pour laquelle de nombreuses femmes, parents isolées, aux revenus minimes, qui ne peuvent assurer ni faire assurer la garde des enfants pendant le traitement et qui parfois abandonnent. Cela fait partie du Reste à Charge, et c’est un vrai problème de santé publique.

    #11342

    sitelle
    Participant

    Surtout quand les généralistes décident que les symptômes qu’on leur décrit sont de [b]l’imagination pure et simple[/b]; certains vous disent de cesser de vous faire des films plutôt que prescrire un scanner. Cela vient d’arriver à une amie qui décrivait des [b]coups de poignard dans le dos avec douleurs en bretelles[/b], (assez révélateur d’un problème pancréatique….il me semble) Elle a attendu plus de six moi qu’un autre MG, hors parcours de santé lui prescrive un [b]scanner[/b]: résultat des courses, elle a un [b]cancer infiltrant du sein[/b] métastasé au foie et à la queue du pancréas, et suit sa troisième cure de chimio. Mais moi, je pars du principe que quand un cancer est déjà métastasé, il est partout via la voies lymphatiques, et on n’en guérit pas même si on parvient à le transformer en maladie chronique dans le meilleur des cas.

    #11341

    sitelle
    Participant

    J’ajoute en passant, qu’il est inutile de se démener pour chercher des choses nouvelles, si on n’habite pas Paris, on ne fera jamais partie des personnalités soi-disant citoyennes, ‘spécialistes de la maladie’, quelque soit notre niveau de connaissance du sujet. Il n’est pas question de solliciter le pékin de province pour prendre une place d’animation…à croire que les trains sont toujours en grève, ce qui est un peu vrai en ce moment. Bon vent. Et vivent les parisiens.

    #11340

    sitelle
    Participant

    L’INCa propose une [url=http://www.e-cancer.fr/soins/offre-de-soins-hospitaliere-en-cancerologie/carte-interactive-des-etablissements-traitant-le-cancer]Carte interactive[/url] des établissements de soin. Mais tout le monde ne réside pas à proximité d’un ce ces centres. Et les frais encourras pour les déplacements, reviennent soit à la C.P.A.M., soit au malade lui-même. Il y a là une anomalie que je tiens à souligner.

    #11339

    Melchior
    Membre

    Même si les différences géographiques sont importantes en terme d’équipements hospitaliers, il n’est pas exact de dire que seuls 10 établissements sont susceptibles de prendre en charge des patients atteints de cancer.Il existe en effet 20 Centres Régionaux de lutte contre le cancer mais aussi les services de cancérologie des Centres Hospitaliers Universitaires ou des centres hospitaliers généraux ainsi que de nombreuses cliniques privés. [b]L’INCA dans sa carte interactive et son document de 2010 a recensé et VALIDE plus de 800 (881) établissements publics ou privés pouvant prendre en charge ces patients.[/b]
    Un effort extrêmement important a été fait pour que les traitements entrepris répondent à des référentiels établis. C’est le seul moyen existant permettant de garantir une égalité des chances des patients. Par ailleurs, toutes les décisions de traitement font maintenant l’objet de discussions entre plusieurs spécialistes ce qui représente un progrès considérable pour les patients.
    Certes les grands centres comme les centres parisiens ou les grands centres régionaux disposent de spécialistes particulièrement compétents, mais les réseaux régionaux permettent la diffusion des connaissances et la formation continue des oncologues.
    La plus grande inégalité ne réside pas dans le traitement entrepris mais dans le délai de consultation devant des signes évocateurs de tumeurs cancéreuses. Ce retard au diagnostic, la non participation au dépistage peuvent avoir des conséquences graves pour les patients et diminuer les chances de guérison. L’information joue donc un rôle primordial.
    Cela dit bien évidemment, les autorisations de traitement qu’attribue l’Institut National du Cancer mais aussi la pénurie de médecins et spécialement d’oncologues ou de radiothérapeutes qui s’annonce amènent à éloigner les centres de traitement de certaines zones rurales ou peu habitées. Ceci est un vrai problème qui risque d’être encore renforcé par la politique de diminution des remboursements de frais de transport de la sécurité sociale.

    #11349

    Grisli
    Membre

    Oh oui pour moi qui vit en montage, en zone rurale à plus de 120 km du premier endroit où l’on traite les cancers, internet m’a permis de me sentir moins isolée!! J’ai pu me renseigner, échanger avec des patientes mais aussi avec certains de mes médecins qui m’ont laissé leur adresse mail.Mais je pense aussi qu’intégrer beaucoup mieux que ce n’est le cas actuellement le médecin traitant en créant un document de lien entre l’hopital, le malade et le médecin traitant serait d’une grande aide pour tous…Voilà en vitesse.

    #11348

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    [b]Par Valérie (FBk) -[/b] « On peut aussi rajouter que cela n’interpelle pas plus les politiques : trop d’enjeux économiques ? mais à combien estime-t-on la vie d’une femme? »

    #11347

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    [b]Par Marie (FBk) -[/b] « cette carte donne raison à ceux qui pensent que notre environnement pèse lourdement sur nos vies… »

    #11346

    sitelle
    Participant

    Voici les cartes officielles qui montrent la prévalence des cancers en général & la prévalence des cancers du sein dans le monde.

    [attachment=18]cartedeFrance_2011.gif[/attachment]

    [attachment=19]cancersein1gographie.jpg[/attachment]

    #11344

    COCCINELLE
    Membre

    Si je vous lis bien, il y a 8 villes en France où il faudrait vivre dans la perspective d’un éventuel cancer…
    C’est déjà avoir une vue très pessimiste de son avenir ! De plus, c’est mettre à l’écart la capacité de certains médecins, hôpitaux, et autres ? de province très compétents et souvent plus enclin à vous écouter.
    On ne peut pas généraliser des cas particuliers, même nombreux, à l’échelle de la France ce sont quand même des « cas particuliers », puisqu’ils sont appelés comme tel.
    Par expérience personnelle à PARIS 6 MOIS D’ATTENTE pour voir une dermato, dans un hôpital….

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