Les mots pour le dire

Accueil Forums Les mots du cancer Les mots pour le dire

Ce sujet a 20 réponses, 20 participants et a été mis à jour par  sitelle, il y a 4 ans et 5 mois.

  • Créateur
    Sujet
  • #11116

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Comment l’équipe médicale qui vous a pris en charge vous a-t-elle annoncé votre diagnostic ? Attention à ne pas mettre en cause des personnes, le but est plutôt de faire prendre conscience du chemin qui reste à faire plutôt que de critiquer tel ou tel praticien.

15 réponses de 1 à 15 (sur un total de 20)
  • Auteur
    Réponses
  • #11126

    Sounion
    Membre

    Quid de l’enseignement à la communication pour les professionnels? j’ai entendu parler de formations aux Etats Unis et en Italie proposées aux médecins par des équipes de psys et comédiens qui mettent en scène situations basées sur l’expérience clinique. Le but final étant de mettre en exergue les blocages que le professionnel traîne face à la difficulté du moment et lui donner les outils pour modifier d’attitude.
    Quels sont les dispositifs prévus en France pour la formation initiale? et en formation continue?

    #11121

    Je partage à 100% le commentaire de C.Cerisey. Le constat se reflète aisément dans les témoignages de patientes et dans les études auxquelles elles sont parfois associées (j’ai la chance d’en faire partie). Un manque criant de formation des médecins à l’annonce, aboutit à un discours tantôt évitant, tantôt sec et distant renvoyant plus ou moins implicitement vers d’autres professionnels du système de santé privé ou public. De grandes disparités d’un établissement hospitalier à l’autre et/ou d’un médecin à l’autre, toutes disciplines confondues. En somme, c’est un peu la loterie ! Oui l’empathie, le professionnalisme, le tact et l’intelligence de la situation existent mais …encore faut-il avoir la chance de les croiser. A titre personnel, première annonce du diagnostic par téléphone en moins de 5 minutes … Deuxième annonce (récidive) très maladroite et mal « gérée ».

    #11120

    cathcerisey
    Participant

    Je pense également qu’il y a de grandes lacunes au niveau de la formation de base et la formation continue des médecins. Pas ou peu de cours de psychologie, ils s’en remettent aisément aux professionnels psychologues ou psychiatres. Malheureusement nous assistons également à une dégradation de leurs conditions de travail due cette fois à l’incidence galopante du cancer sans augmentation d’effectifs. il serait grand temps d’ouvrir un peu le numérus clausus.
    Néanmoins il existe encore des médecins humains et empathiques et je conseillerais de ne pas hésiter à prendre d’autres avis et de choisir au delà des compétences, le praticien qui vous semblera le plus à l’écoute.
    Enfin, participer aux groupes de paroles, inviter les anciens patients à discuter en direct avec l’équipe soignante est certainement une excellente idée. Encore faudrait-il que celui-ci soit enfin considérer comme un patient expert de sa maladie et non un ignorant face aux sachants.

    #11119

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Il n’est pas sûr que c’est l’augmentation de l’incidence du cancer qui rend certains médecins « froids » à l’annonce du diagnostic. En revanche, l’augmentation des cadences de travail a probablement un impact. Mais ne pensez-vous pas que la cause réelle de l’incapacité de certains médecins à tenir une attitude humaine face à leur patients tient surtout à leur formation, où aucune place n’est faite à l’apprentissage de l’écoute ? quel type d’expérience les aiderait à votre avis : participer à des groupes de paroles de patients, en tant qu’observateur ?

    #11118

    Les cancers sont devenus des maladies « courantes », dans le sens où, depuis une décennie on prononce facilement le mot, ce n’est plus « une longue maladie »…. Parallèlement les médecins eux aussi se sentent libérés me semble t-il et annoncent le diagnostic souvent froidement, voire brutalement. Le séïsme que la nouvelle provoque chez le patient est néanmoins toujours aussi gigantesque… Annoncer une mauvaise nouvelle n’est jamais chose simple il est vrai, mais quand j’écoute « le vécu » autour de moi, j’entend plus d’expériences douloureuses au niveau de l’annonce que l’inverse. Problème de formation des médecins ? Trop de stress, de travail ? Tout ça évidemment… Quand aux écoutes « psys » dans les hopitaux et cliniques, alors là…. Je cherche toujours …

    #11117

    Zaza
    Membre

    C’est mon gynécologue qui m’a annoncé la mauvaise nouvelle : Il tenait à la main le fax qu’il avait reçu du laboratoire d’analyses. Il a fait une grimace et a fronçé les sourcils puis il m’a dit : « C’est pas bon ». (La grimace qu’il a faite était la même que celle qu’il avait faite 2 semaines plus tôt, lorsqu’il m’avait fait une palpation du sein qui l’avait décidé à m’envoyer faire une mammo en urgence).
    Puis il est resté silencieux, alors, j’ai posé toutes les questions qui me venaient à l’esprit et il a pris le temps d’y répondre et de m’expliquer tout ce que je lui demandais.
    Cette annonce, je ne l’ai pas mal vécue, malgré le fait que je ne m’attendais pas du tout à ce diagnostic.
    Par contre, c’est plus tard, pendant ma prise en charge à l’hôpital, que des annonces ont été très maladroites et parfois brutales. Par exemple, après une IRM de contrôle 6 mois après la fin des traitements, la radiologue
    m’a annoncé brutalement qu’il fallait sérieusement songer à l’ablation de mon sein (que j’avais conservé, ayant subi une tumorectomie + traitements adjuvants). Heureusement, il n’en était rien, elle avait fait une erreur d’interprétation de l’IRM. Néanmoins, la brutalité de cette annonce à un moment où j’étais pourtant confiante sur l’efficacité des traitements que j’avais reçus, m’a installée dans un état d’inquiétude durable.

    #11136

    sitelle
    Participant

    J’ai vu un chirurgien, devant de ‘simples’ micro-calcifications, annoncer qu’il allait ôter les deux seins, mais sans parler de cancer, sans même dire qu’il y avait risque élevé. On a perdu 3 ans pour ça. Pas de contrôles, pas d’explications. Là ce n’est pas le trop de mots, mais l’absence de dire qui a entraîné un cancer infiltrant de haut grade, forcément traité trop tard.

    #11135

    Katounette
    Membre

    Ah… l’annonce… C’est une question qui fait débat depuis longtemps. Je pense aujourd’hui qu’il n’y a pas une bonne et une mauvaise façon d’annoncer à quelqu’un qu’il a un cancer. Pour moi c’était il y a 2 ans. J’avais 33 ans, mariée, 3 enfants, je venais d’avoir un concours très difficile pour lequel j’avais travaillé dur et je venais de prendre un nouveau poste à responsabilités. J’étais en pleine forme malgré cette boule dans mon sein qui ne m’inquiétait pas plus que ça. Je suis allée chez le médecin presque 2 mois après l’avoir sentie pour la 1ère fois. Pourquoi m’inquiéter ? J’étais tellement en forme… Je me suis presque excusée de venir pour « ça ». A la mammographie j’ai senti l’angoisse du médecin qui m’a immédiatement fait une ponction (aïe !) et puis l’inquiétude a duré 5 minutes et je suis retournée au travail. La semaine suivante mon fils était malade donc retour chez le médecin. A la fin de la consultation je lui lance un « au fait vous avez eu mes résultats ? » et là je vois sa mine gênée (il me suit depuis plus de 15 ans) et il me dit « votre gynéco ne vous a pas prévenu ?, bon c’est un petit cancer ». Là je me suis dit qu’il y avait donc des petits et des grands cancers et que par chance j’en avais un petit ! Je n’ai pas été capable de lui dire grand chose, il m’a dit qu’il allait me prendre rendez-vous avec LA gynéco spécialiste du cancer du sein dans ma ville. Je l’ai vu 2 jours plus tard et là le petit cancer s’est transformé en mastectomie obligatoire (j’avais en fait 2 tumeurs) et elle me prévenait qu’il faudrait peut-être aussi m’enlever les ganglions lymphatiques, qu’après ce serait chimio et rayons, que je partais pour un an de galère… Wahou, pour un petit cancer… qu’est-ce que ça doit être pour un gros ! Je me suis mise à pleurer et elle m’a regardé en me disant « ah oui il va falloir être forte ». Sur le coup j’ai trouvé ça d’une froideur incroyable, cette femme venait de m’annoncer que ma vie basculait totalement du jour au lendemain et il aurait fallu que je le prenne avec le sourire… Je pense maintenant que c’était une maladresse de sa part car c’est une femme absolument charmante et un excellent médecin. C’est tellement difficile de s’entendre dire qu’on a un cancer que même enrubanné dans du papier cadeau le choc serait le même. Avec le recul je pense que ça a dû être extrêmement difficile pour mon médecin de me le dire. Je suis par contre d’accord sur le fait que certains médecins doivent réellement faire des progrès pour ne pas traiter leurs patients comme du bétail, annoncer un cancer n’est tout de même pas la même chose que diagnostiquer une angine (malheureusement…)

    #11134

    sara121
    Membre

    Pour cette rechute pas besoin d’annonce, j’ai compris à la seconde que ça recommençait en voyant la focalisation du médecin lors de l’écho post mammo sur mon sein, et la réalisation immédiate d’une biopsie
    Mais ce mot l’annonce, m’évoque la nécessité de faire moi l’annonce de cette replongée dans le cancer, ses galères peurs et traitements à mes enfants, mon homme, mes parents, ma famille, et mon environnement amical puis professionnel
    Colère peur et culpabilité

    #11133

    jorik
    Membre

    Moi,l’annonce fut faite par mon médecin de famille le 18 août 2009, je venais d’avoir 45 ans. Je suis avec mon médecin de famille depuis que j’ai l’âge de 14 ans,alors il me connait très bien. Je ne crois pas qu’il ait trouvé facile de me l’annoncer… il m’a dit « j’ai reçu vos résultat et vous avez un cancer du sein… » je me suis mise a pleurer et il a respecté ce moment, il m’a présenté la boîte de kleenex et il n’a rien dit jusqu’au moment où je me suis ressaisie et où je lui est dit « maintenant on fait quoi ??? » et il m’a sécurisé en me disant « je vais vous référez à la meilleure chirurgienne » ect…J’adore mon médecin car il prend toujours le temps de s’informer de mes états d’âme. Depuis que je suis avec,je me suis toujours sentie bien soignée avec lui et il me l’a bien prouvé depuis le temps.

    #11132

    Nolme
    Membre

    Pour la première fois, l’annonce fut faite par le radiologue qui devait me faire une mamotome… rien qu’à l’échographie, il m’a dit c’est pas bon. Quid ! heureusement que j’étais allongée. Par téléphone, la confirmation par la secrétaire de mon gynéco qui devait prendre dans la foulée un rdv pour un irm pour le chirurgien….. Sonnée, morte de trouille, je prends l’avion pour l’IRM. Diagnostic par le même radiologue, il est sans ramification mais très gros. Aussi bête que ce soit, ça m’a rassuré. Je me suis dits « on enlève la bestiole, on fait les soins et hop terminus » Personne n’a cherché à me renseigner plus que cela. La récidive, c’est moi qui est fait le forcing auprès de mon médecin, durant 6 mois je me plaignais du dos. Marqueurs bons, ça pouvait pas être une récidive. Tu parles, du scanner on m’envoie passer la scintigraphie à Nice. Rebelote, l’avion avec deux amies. Et bien heureusement qu’elles étaient là. La radiologue n’a pas fait dans la dentelle « c’est invasif et agressif » – je suis tombée par terre en me voyant morte. Pour un centre anti-cancer, quel psychologie ! le pire a été de rentrer en avion. Mes copines me soutenaient tant je pleurais. Mon oncologue prévenu par téléphone a eu des mots apaisants et m’a redonné l’espoir.
    Ce sont des mots qui me poursuivent encore maintenant en rémission. J’ai du avoir un suivi psychologique pour inverser cette tendance meurtrière. Elle m’avait condamné mais j’ai survécu.

    #11131

    kiwfranc
    Participant

    Un jour, suis allée consulter une dermatologue pour un bouton qui me paraissait suspect.
    La dermato regarde au travers de sa lorgnette, réponse sans ambiguité : Madame, vous avez un cancer !
    Devant cette annonce quelque peu sauvage, suis restée sans voix. Je suppose que ma stupeur était visible car la dermato me dit : « voyons, essayons tout de même une pommade »
    Non mais, faut savoir si c’est un cancer ou non parce que, si oui, pourquoi passer une pommade !
    Et au bout de 15 jours, l’affreux bouton avait disparu. Donc, était-ce utile de repartir chez la dermato et payer une consultation pour rien.
    Annoncer sans ménagement un cancer alors qu’il n’en était rien, valait la peine que j’y retourne.
    Ce qui fût fait en suivant et me suis permise de lui dire « Madame, vous m’avez annoncé un cancer alors que cela n’en était pas un. Il serait bon de faire attention à ce que vous annoncez ! « 
    Réponse du médecin : « mais je ne vous ai pas dit cela » !!
    Voilà mon aventure pas bien grave, il faut en convenir si ce n’est que l’annonce du diagnostic doit se faire après mûre réflexion. Le mot « cancer » est peut-être banalisé par les médecins mais non par nous les patients.
    Françoise

    #11130

    titine69
    Membre

    C’est mon gynécolgue, qui m’a appris mon cancer du sein, dans la chambre où j’étais hospitalisée pour un kyste au départ,une veille de noël, drôle de cadeaux !!! Mais il a été super et très spychologue, il avait emmener avec lui une infirmière qui travaillait dans le service, et qui c’est assis à côté de moi, et qui avait subit la même chose, et elle était là, souriante, et travaillait, alors, je me suis dis, si elle, elle vit, pourquoi pas moi, j’avais 31 ans, et un petit garçon Jordan de 18 mois, pendant un moment, on perd pied, on se dit c’est pas possible, pas à mon âge, et mon fils, il va être sans mère, tout se mélange dans le cerveau, mon gynéco, m’a expliqué en détails le traitement de chimio très lourdes, la mastectomie, la perte de mes cheveux, et la radiothérapie, j’étais vraiement informé de chaque étape, des vomissements et des médicaments avant la chimio pour atténuer les effets nocifs sur les reins, le coeur. J’ai été bien informé, tous mes soins ce sont déroulés à l’Institut Paoli Calmettes, et malgré la peur immense, et les soins qui jusqu’à ce jour reste en moi, tant c’était dure, et bien, chaque fois que je demandais, l’incologue sur place, et toutes l’équipes soignantes étaient présente. Je suis toujours suivi et chaque années, je fais mon bilan complet, pourtant cela fait plus de 11 ans, mais vu l’agressivité de mon cancer et l’âge jeune, la surveillance continue, surtout que j’ai un poumon qui a été endommagé par la radiothérapie au fil des années, je me suis retrouvée avec des problèmes importants respiratoires, mais tous mes médecins sont présents et me renseigne et je participe à l’évolution de la recherche sur les effets à longs termes de ces soins lourds, et j’espère que ceci améliorera les soins et les aspects nocifs sur la santé à long terme, car ma vie est sauve, et c’est le plus important, mais au détriment de quelques soucis qui parfois m’empêche d’avancer (mais ceci est un autre débat). Merci pour la prise de parole

    #11129

    sitelle
    Participant

    L’équipe médicale qui a pris mon amie en charge, hormis les lenteurs inévitables dues au nombre de patients dans un institut de cancérologie, était compétente, et acceptait que nous fassions des recherches parallèles pour l’aider vu les nombreuses allergies et les autres pathologies dont elle souffrait.

    #11128

    L’annonce!!!!
    En premier lieu je suis infirmière donc censée…
    Pour moi ce fut la radiologue qui au cours de l’écho, après m’avoir dit qu’il y avait quelque chose de « pas normal », m’assomma avec « parlons cancer puisque cancer il y a… » avant toute biopsie ! Et moi de lui répondre « eh ben je ne suis pas ds la M… »!!! j’étais vraiment très en colère et pour cause ! En plus, dans la discussion elle m’a dit en avoir « vendu trois dans la semaine » ! Si, si, c’est véridique et quand je lui en ai reparlé quelques mois plus tard elle s’est justifiée… mais je continue de la voir tous les ans pour la mammo de contrôle, car j’ai confiance en elle ! 🙂 pas diplomate mais efficace
    puis le chirurgien qui m’annonce que pour lui pas d’hésitation c’était un cancer à 100% mais comme il n’était pas dieu le père, il me laissa 5% d’espoir et comme je ne voulais pas de biopsie avant, me dis: « alors en septembre on vous operera comme il y a 30 ans!!! »
    puis de nouveau le chir « consultation d’annonce » suite à la biopsie……. je ne m’en rappelle plus …… mais ce jour là j’ai mangé du crabe et comme c’était au mois d’Aout……. pas de consultation post annonce
    et enfin l’oncologue…… adorable qui a pris le temps de m’écouter, qui m’a bien expliquer ou j’en étais et qui me suis depuis. J’ai refusée de retourner voir le chir, rien à lui dire et pas écoutant!!
    pas vraiment de medecin traitant présent c’était en Aout……

15 réponses de 1 à 15 (sur un total de 20)

Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.