Les mots pour le dire

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Ce sujet a 20 réponses, 20 participants et a été mis à jour par  sitelle, il y a 4 ans et 5 mois.

  • Créateur
    Sujet
  • #11116

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Comment l’équipe médicale qui vous a pris en charge vous a-t-elle annoncé votre diagnostic ? Attention à ne pas mettre en cause des personnes, le but est plutôt de faire prendre conscience du chemin qui reste à faire plutôt que de critiquer tel ou tel praticien.

5 réponses de 16 à 20 (sur un total de 20)
  • Auteur
    Réponses
  • #11132

    Nolme
    Membre

    Pour la première fois, l’annonce fut faite par le radiologue qui devait me faire une mamotome… rien qu’à l’échographie, il m’a dit c’est pas bon. Quid ! heureusement que j’étais allongée. Par téléphone, la confirmation par la secrétaire de mon gynéco qui devait prendre dans la foulée un rdv pour un irm pour le chirurgien….. Sonnée, morte de trouille, je prends l’avion pour l’IRM. Diagnostic par le même radiologue, il est sans ramification mais très gros. Aussi bête que ce soit, ça m’a rassuré. Je me suis dits « on enlève la bestiole, on fait les soins et hop terminus » Personne n’a cherché à me renseigner plus que cela. La récidive, c’est moi qui est fait le forcing auprès de mon médecin, durant 6 mois je me plaignais du dos. Marqueurs bons, ça pouvait pas être une récidive. Tu parles, du scanner on m’envoie passer la scintigraphie à Nice. Rebelote, l’avion avec deux amies. Et bien heureusement qu’elles étaient là. La radiologue n’a pas fait dans la dentelle « c’est invasif et agressif » – je suis tombée par terre en me voyant morte. Pour un centre anti-cancer, quel psychologie ! le pire a été de rentrer en avion. Mes copines me soutenaient tant je pleurais. Mon oncologue prévenu par téléphone a eu des mots apaisants et m’a redonné l’espoir.
    Ce sont des mots qui me poursuivent encore maintenant en rémission. J’ai du avoir un suivi psychologique pour inverser cette tendance meurtrière. Elle m’avait condamné mais j’ai survécu.

    #11133

    jorik
    Membre

    Moi,l’annonce fut faite par mon médecin de famille le 18 août 2009, je venais d’avoir 45 ans. Je suis avec mon médecin de famille depuis que j’ai l’âge de 14 ans,alors il me connait très bien. Je ne crois pas qu’il ait trouvé facile de me l’annoncer… il m’a dit « j’ai reçu vos résultat et vous avez un cancer du sein… » je me suis mise a pleurer et il a respecté ce moment, il m’a présenté la boîte de kleenex et il n’a rien dit jusqu’au moment où je me suis ressaisie et où je lui est dit « maintenant on fait quoi ??? » et il m’a sécurisé en me disant « je vais vous référez à la meilleure chirurgienne » ect…J’adore mon médecin car il prend toujours le temps de s’informer de mes états d’âme. Depuis que je suis avec,je me suis toujours sentie bien soignée avec lui et il me l’a bien prouvé depuis le temps.

    #11134

    sara121
    Membre

    Pour cette rechute pas besoin d’annonce, j’ai compris à la seconde que ça recommençait en voyant la focalisation du médecin lors de l’écho post mammo sur mon sein, et la réalisation immédiate d’une biopsie
    Mais ce mot l’annonce, m’évoque la nécessité de faire moi l’annonce de cette replongée dans le cancer, ses galères peurs et traitements à mes enfants, mon homme, mes parents, ma famille, et mon environnement amical puis professionnel
    Colère peur et culpabilité

    #11135

    Katounette
    Membre

    Ah… l’annonce… C’est une question qui fait débat depuis longtemps. Je pense aujourd’hui qu’il n’y a pas une bonne et une mauvaise façon d’annoncer à quelqu’un qu’il a un cancer. Pour moi c’était il y a 2 ans. J’avais 33 ans, mariée, 3 enfants, je venais d’avoir un concours très difficile pour lequel j’avais travaillé dur et je venais de prendre un nouveau poste à responsabilités. J’étais en pleine forme malgré cette boule dans mon sein qui ne m’inquiétait pas plus que ça. Je suis allée chez le médecin presque 2 mois après l’avoir sentie pour la 1ère fois. Pourquoi m’inquiéter ? J’étais tellement en forme… Je me suis presque excusée de venir pour « ça ». A la mammographie j’ai senti l’angoisse du médecin qui m’a immédiatement fait une ponction (aïe !) et puis l’inquiétude a duré 5 minutes et je suis retournée au travail. La semaine suivante mon fils était malade donc retour chez le médecin. A la fin de la consultation je lui lance un « au fait vous avez eu mes résultats ? » et là je vois sa mine gênée (il me suit depuis plus de 15 ans) et il me dit « votre gynéco ne vous a pas prévenu ?, bon c’est un petit cancer ». Là je me suis dit qu’il y avait donc des petits et des grands cancers et que par chance j’en avais un petit ! Je n’ai pas été capable de lui dire grand chose, il m’a dit qu’il allait me prendre rendez-vous avec LA gynéco spécialiste du cancer du sein dans ma ville. Je l’ai vu 2 jours plus tard et là le petit cancer s’est transformé en mastectomie obligatoire (j’avais en fait 2 tumeurs) et elle me prévenait qu’il faudrait peut-être aussi m’enlever les ganglions lymphatiques, qu’après ce serait chimio et rayons, que je partais pour un an de galère… Wahou, pour un petit cancer… qu’est-ce que ça doit être pour un gros ! Je me suis mise à pleurer et elle m’a regardé en me disant « ah oui il va falloir être forte ». Sur le coup j’ai trouvé ça d’une froideur incroyable, cette femme venait de m’annoncer que ma vie basculait totalement du jour au lendemain et il aurait fallu que je le prenne avec le sourire… Je pense maintenant que c’était une maladresse de sa part car c’est une femme absolument charmante et un excellent médecin. C’est tellement difficile de s’entendre dire qu’on a un cancer que même enrubanné dans du papier cadeau le choc serait le même. Avec le recul je pense que ça a dû être extrêmement difficile pour mon médecin de me le dire. Je suis par contre d’accord sur le fait que certains médecins doivent réellement faire des progrès pour ne pas traiter leurs patients comme du bétail, annoncer un cancer n’est tout de même pas la même chose que diagnostiquer une angine (malheureusement…)

    #11126

    Sounion
    Membre

    Quid de l’enseignement à la communication pour les professionnels? j’ai entendu parler de formations aux Etats Unis et en Italie proposées aux médecins par des équipes de psys et comédiens qui mettent en scène situations basées sur l’expérience clinique. Le but final étant de mettre en exergue les blocages que le professionnel traîne face à la difficulté du moment et lui donner les outils pour modifier d’attitude.
    Quels sont les dispositifs prévus en France pour la formation initiale? et en formation continue?

5 réponses de 16 à 20 (sur un total de 20)

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