Première Rencontre « In Real Life » www.CancerContribution.fr

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Ce sujet a 5 réponses, 5 participants et a été mis à jour par  Joelle, il y a 4 ans et 5 mois.

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    Sujet
  • #11069

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    [b][u]Jeudi 8 mars 2012 – 18:00 – 20:30 / Café Ballon Rouge – 13, rue Abel Gance – 75013 Paris – Métro Quai de la Gare (ligne 6)[/u] [/b] La participation est libre ; cependant une confirmation de votre présence serait appréciée : giovanna.marsico@cancercontribution.fr ou sur Facebook.

    [b]Cancer Contribution, réseau social bâti autour de l’expérience du cancer et de ses enjeux citoyens, souhaite réunir sa communauté pour une première rencontre « IRL », et vous invite à débattre autour du thème « Cancer et Travail ».[/b]
    Témoignez et posez vos questions ci-dessous.

    A partir des contributions recueillies sur la plateforme et des thèmes transmis par la communauté autour de l’impact du cancer sur sa vie professionnelle, les participants pourront débattre en compagnie de Giovanna Marsico (Responsable de Cancer Contribution), Lionel Pourtau (Sociologue, chercheur en Sciences Humaines et sociales à l’Institut Gustave Roussy), Catherine Cerisey (Bloggeuse, Après mon cancer du sein), Catherine Malhouitre (présidente de l’association Au sein de sa différence – ASDSD), Sylvie Roussel (Université des Aidants), Cécile Monthiers (Direction des Ressources Humaines – TF1), Anne Buisson (Responsable Communication de l’Association Française Aupetit), Françoise Hervé (Responsable d’unité- Kremlin Bicêtre du Service Social CRAMIF – Assurance maladie Val de Marne), Catherine Lopez (Directrice de Cabinet CFE-CGC), Sarah Calmanti (Coordinatrice du projet « Prise en charge des adolescents et jeunes adultes » à l’Institut Gustave Roussy).

5 réponses de 1 à 5 (sur un total de 5)
  • Auteur
    Réponses
  • #11070

    sitelle
    Participant

    Je peux juste apporter un [b]témoignage de seconde main[/b]. Bernadette a travaillé jusqu’en 2004, alors qu’elle était[b]déjà métastasée au squelette[/b], et savait qu’elle ne s’en remettrait pas. Je dois dire que le fait de continuer son travail d’enseignante, si cela l’a beaucoup fatiguée, lui a permis de rester dans la [b]’vraie'[/b] vie le plus longtemps possible et lui a en partie [b]fait mettre de côté[/b]sans l’oublier, le sort qui l’attendait. C’est sans doute un cas parmi d’autres qui tient aussi à son tempérament de battante, mais ce sont des éléments qu’on peut prendre en compte.

    #11071

    Alinea
    Membre

    Pour ma part, mon mari et moi étant dans la fonction publique, nous avons bénéficié de conditions idéales, puisqu’on nous a laissés le temps de récupérer des séquelles de la maladie. Donc rien à dire de ce côté là…

    Ou plutôt si ! Dire tout simplement qu’il devrait en être ainsi pour l’ensemble des personnes atteintes d’un cancer pendant leur vie active, surtout à une époque où le cancer touche des gens de plus en plus jeunes et se chronicise, parfois à l’échelle d’une vie.

    Et puisqu’on est proche d’une échéance électorale capitale, parlons de ce qui pourrait, de ce qui devrait, être fait. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, la formation d’un Comité d’Entreprise est obligatoire, avec, pour ce que je peux en juger, de très bons côtés, mais aussi d’autres moins utiles. Des amis m’ont raconté qu’en plus de leurs salaires, ils bénéficiaient de vacances à prix cassés, de tickets de cinéma à quelques euros, de jouets de Noël pour leurs enfants, de spectacles gratuits, sans parler des abus dont [url=http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/09/21/le-comite-d-entreprise-d-edf-de-nouveau-dans-le-collimateur-de-la-cour-des-comptes_1413811_3234.html]la presse s’est fait écho[/url] et qui concernent les CE des grosses entreprises françaises. [b]Pourquoi ne pas tout simplement prélever 10 ou 15% des sommes attribuées aux comités d’entreprises et les affecter à un fonds de solidarité pour les salariés frappés par une maladie lourde : cancer, diabète, sclérose ?[/b] L’idée est toute simple : demander aux salariés actifs et en bonne santé de renoncer à 10% des avantages dont ils bénéficient au titre de leur comité d’entreprise (en plus de leur salaire, primes, et participation) pour les affecter aux personnes du secteur privé touchées par une maladie grave. Ces sommes permettraient de payer les salaires des malades le temps de leur traitement, en général une année de soins, si tout va bien… N’y aurait-il pas là une idée à explorer, ni de droite, ni de gauche, humaine, solidaire et efficace, tout simplement. Probablement difficile à mettre en oeuvre, mais le premier réflexe ne serait-il pas, messieurs les législateurs, de se poser la question ?

    #11072

    METEOMARINE
    Participant

    Je suis consultante indépendante, je l’étais déjà au moment de l’annonce. Arrêter complètement de travailler aurait été un désastre. J’ai donc prévenu mes clients, en leur disant que je serais peut-être un peu moins présente auprès d’eux. Certains sont partis. Tant pis. D’autres sont restés, m’ont dit : « cela ne change rien pour nous », et trois ans plus tard, je les en remercie encore.
    Puis, j’ai aménagé l’agenda de mes traitements avec le Centre. Chimios le jeudi après-midi, pour profiter du « week-end » sans trop entamer mes petites semaines de travail, puis radiothérapie en fin d’après-midi, et mes journées de travail étaient presque complètes.
    Cela n’a pas été facile tous les jours, il y a eu des passages pénibles, de ces passages que tous les patients connaissent. Mais j’ai gardé l’estime de mes clients qui me voyaient arriver au bureau en héroïne. Ils se sont dit, « elle est forte, elle est fiable, on peut compter sur elle ». Je n’étais peut-être pas aussi performante qu’avant, mais je restais DANS LA VIE, avec eux autour de moi. Le cancer est une maladie qui souvent isole. Je n’ai jamais été seule, grâce à eux.
    J’ai, pendant la durée du traitement et quelques semaines après, tenu un rythme de mi-temps, pour récupérer de nuits parfois difficiles, pour ne pas être dans les transports aux heures de pointe. J’ai aussi travaillé de chez moi, avec tous les outils qui sont maintenant à notre disposition. J’ai continué à être « productive », à être un acteur économique, et pour moi, pour mon image personnelle, c’était capital.
    Je suis certaine que la situation des salariés n’est pas la même. Mais dans la mesure où ils peuvent continuer, je pense que c’est profitable pour tous les patients qui le peuvent, et que cela finira par changer l’image que les autres ont du cancer et des patients. [b]Mais attention aux dérives[/b], car il se pourra un jour qu’on dise « bon, ce n’est qu’un cancer, faut pas en faire tout un plat, il/elle peut bien revenir travailler ».

    #11073

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    [b][url=http://www.guerir.org/magazine/cancer-au-travail-une-coexistance-a-reinventer]Un cadeau pour l’entreprise ?[/url][/b]

    Au 8ème étage de l’Institut Curie, le Dr Testas, médecin du travail, professeur associé à Paris V, met l’accent sur les points positifs : « [i][b]Les employeurs ont tout à gagner avec un salarié revenu de cette épreuve extrême qu’est la traversée du cancer.[/b] J’ai exercé pendant des années à l’Assistance Publique et chez Citroën. Les salariés que j’ai reçus avaient, pour la plupart, très envie de reprendre le travail après les traitements. Ces personnes marquées par le cancer sont un cadeau pour l’entreprise. Elles savent mieux relativiser les problèmes, elles sont plus attentives aux autres, elles mettent les gens d’accord, elles donnent de l’énergie, elles apportent de la bonne humeur et pointent du doigt les vraies valeurs quand souvent les gens se font la tête voire la guerre pour des broutilles.[/i] »

    Cependant pour le Dr. Testas, il y a une information concrète à faire passer : ne pas attendre le jour de la reprise du travail pour rencontrer le médecin attaché à l’entreprise : « [i]j’ai vu tellement de salariés frapper à ma porte le jour de leur reprise, belle cravate, beau costume, tout contents, sans avoir repris contact avec l’employeur ! Mais ils ne sont souvent pas attendus, rien n’a été prévu pour les accueillir. Si un salarié est obligé de rentrer chez lui ce jour-là, c’est dévastateur. Une bonne réintégration professionnelle constitue la dernière étape du processus thérapeutique, c’est un droit dont il faut user et abuser.[/i] » Un bon conseil à mettre en oeuvre dès que l’état de santé permet à nouveau de se projeter dans le travail.

    [b]Cette interview est-elle récente ? 2008… Preuve qu’en la matière, rien n’a vraiment bougé et que les progrès sont lents.[/b]

    [url=http://www.guerir.org/magazine/cancer-au-travail-une-coexistance-a-reinventer]A lire intégralement.[/url]

    #11074

    Joelle
    Participant

    Merci pour votre invitation, je ne pourrais malheureusement pas être présente.

    Pour ma part, comme je l’avais déjà dit il y a quelques mois sur le site,(http://www.cancercontribution.fr/root/debat-du-moment/lapres-cancer-la-reprise-du-travail/se-refaire-une-place-au-travail-comment-ca-marche.html) la cohabitation « cancer-travail » n’est pas facile.
    Le plus terrible, c’est que ce n’est pas mon cancer qui a posé problème, mais ma reconstruction faite avec une prothèses PIP et qui, suite à de nombreuses complications, a nécessécité plusieurs interventions, donc plusieurs arrêts.
    Je travaille pourtant dans une clinique privée, mais j’ai été écartée petit à petit des dossiers sur lesquels je travaillais et récemment, la direction m’a proposé de partir si je n’étais pas satisfaite de mon poste … mais en démissionnant !
    Ce que je refuse de faire, donc je vous laisse imaginer l’ambiance au travail.
    Je dois non seulement me battre contra mes problèmes de santé et la justice mais subir ces pressions au travail.
    Financièrement, aucune perte car je suis cadre, mais moralement, l’isolement organisé et la perte de responsabilités sont plus terribles que tout et redémarrer dans ces conditions est très difficile, d’autant que d’autres interventions sont programmées, donc impossible de changer de travail pour le moment.

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