Quel est l’impact d’Internet sur la relation médecin/patient ?

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Ce sujet a 26 réponses, 26 participants et a été mis à jour par  Cancer Contribution, il y a 4 ans et 7 mois.

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    Sujet
  • #10974

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    L’avènement d’Internet a modifié les comportements ainsi que le mode de diffusion de l’information dans le secteur de la santé.

    Il n’y a pas si longtemps, une seule voix existait : celle du médecin, ou disons du corps médical.
    Aujourd’hui, les sources d’informations sont plurielles. Selon les différentes estimations, [b]environ 70% des patients cherchent à s’informer sur internet avant une consultation.[/b] Si cela ne remet pas en cause la place de chacun, l’appréhension de la maladie et de l’information qui lui est relative s’en trouve changée.
    [b]Le rôle de la Toile est multiple : source d’informations, lieu d’échange entre pairs, porteur d’actualités, générateur d’une connaissance « profane ».[/b] N’empêche que si internet fournit une somme importante d’informations et de témoignages, il reste pour l’instant un vecteur généraliste, complémentaire mais non substitutif du rôle du médecin lorsqu’il s’agit de parler de son cas particulier.
    Dans quelle mesure la relation médecins/patients a changé et dans quelle mesure peut-elle être encore amenée à évoluer avec les Nouvelles Technologies ?

11 réponses de 16 à 26 (sur un total de 26)
  • Auteur
    Réponses
  • #10983

    Sounion
    Membre

    Encore un point de vue sur l’apport des Nouvelles Technologies dans la relation médecin/patient:
    [url=http://www.lepoint.fr/sante/peut-on-se-fier-a-la-medecine-2-0-21-01-2012-1421914_40.php]un article récemment apparu sur Le Point[/url] souligne le développement du télé-conseil et la possibilités de dérives commerciales. L’intitulé est parlant: « Peut-on se fier à la médecine 2.0? ».
    « [i]Si le patient n’oublie pas d’aller consulter son médecin in fine, il n’y a pas de risque. Sauf réelle urgence, comme un infarctus par exemple, le téléconseil rend les mêmes services qu’un livre. D’ailleurs, nos grands-mères avaient le Larousse médical pour parer à leurs angoisses, notre époque donne priorité à l’interactivité.[/i] » dit le Dr le docteur Urbejtel, de MG France, le premier syndicat de médecins généralistes.
    Mais si le téléconseil (payant ou gratuit) paraît inoffensif en tant que ressource « culturelle » en accompagnement de la consultation, quid des outils qui permettent de développer la médecine préventive? Quid des dispositifs qui permettent au malade d’intervenir activement sur son état de santé, de participer aux choix thérapeutiques, qui contribuent à le rendre un patient éclairé?

    #10984

    cathcerisey
    Participant

    Bonjour à tous,

    Je pense qu’il y a deux sujets bien distincts dans ce débat.
    Premièrement ce qui se passe d’ores et déjà avec internet ( e-patients, DMP etc… ), et deuxièmement ce qui risque de se passer dans un avenir plus ou moins proche avec par exemple la « e-consultation ».

    En ce qui concerne l’état des lieux actuel, il est clair que le patient et surtout sa connaissance de sa pathologie, notamment les pathologies graves ou chroniques, a été radicalement modifiée par le web. Tous ou presque nous consultons le « Docteur Google » au moindre symptôme inquiétant ou à l’annonce d’une maladie. Et effectivement ça gêne beaucoup nos chers médecins. Plus de relation paternaliste entre un sachant et un gentil écoutant, mais un véritable échange s’instaure qui devrait découler sur une collaboration forcément bénéfique pour les deux. Fini les patients béni oui oui… Les patients ont grandi, se prennent en charge et acquièrent une certaine autonomie.
    Mais, à la décharge des médecins, le net foisonne de sites farfelus, obsolètes et parfois peu fiables. De même dans les forums, je parle de ceux qui ne sont pas modérés, les malades se répondent et se donnent des conseils entre eux pas toujours en adéquation avec leur propre cas. Et voilà nos médecins obligés de perdre un temps fou à confirmer ou infirmer des infos glanées ici et là.
    La solution à mon avis, serait d’une part, d’informer et d’éduquer le grand public sur comment faire le tri dans ce qu’il trouve sur le net. La certification Honcode existante est non seulement totalement insuffisante puisqu’elle ne valide pas le contenu, mais aussi complètement méconnue. D’autre part, si le patient 2.0 est bien présent sur la toile, le médecin 2.0 en est le grand absent. Et si il l’est ce n’est que pour discuter avec ses pairs et en aucun cas partager son savoir avec les patients. Problème de législation de l’Ordre, de génération, de temps… peu importe. Rares sont les médecins comme le Docteur Dominique Dupagne et son forum atoute.org. Or c’est bien en les faisant venir à notre rencontre qu’ils fiabiliseront les informations. On peut aisément imaginer d’autres communauté comme celle de Dominique Dupagne, ou une présence accrue sur les réseaux sociaux.
    Pour ce qu’on appelle les e-patients ou patients experts, nous ne le sommes pas tous. L’expertise de sa pathologie s’acquiert au fil du temps. Malheureusement, ils ne sont pas vraiment reconnus en France. Un intéressant tweet up s’est déroulé il y a quelques jours sur twitter avec le directeur de l’ARS Ile de France. Sa position était claire : le patient expert est membre d’une association et qui plus est agrée. Or très peu de nos compatriotes adhèrent à des associations et peu d’entre elles peuvent se féliciter d’avoir obtenu un agrément. Des formations commencent à arriver chez nous, hors de prix et malheureusement peu diplomantes et reconnues, semble-t-il.

    Le DMP, est seulement un outil pour les deux parties. Il va permettre aux patients d’accéder à leur dossier et aux différents spécialistes de le consulter. Quand on sait les difficultés pour se procurer son dossier on peut considérer que si il n’est probablement pas parfait, le DMP est quand même une réelle avancée… A suivre de près…

    Pour l’avenir, la consultation via internet ou le diagnostic via des applis me semblent pouvoir présenter deux grands dangers. Dangereux psychologiquement : quid des relations humaines, à mon avis gages de qualité des soins et de la prise en charge, tissées durant une consultation IRL ? D’autre part cela peut être dangereux pour certains patients qui se limiteront à un diagnostic virtuel et pratiqueront l’auto médication. Des sites existent déjà avec consultation à 3 euros, Comment peut-on imaginer une qualité de diagnostic dans ces conditions? Ils ne peuvent servir qu’à faire le tri entre un petit bobo et une éventuelle pathologie plus grave et doivent , dans ce dernier cas, pousser l’internaute à consulter.

    Bref le net va sans aucun doute améliorer la relation patient/médecin mais il faut en modifier quelque peu les données actuelles. Une législation et une certification des sites, une éducation des malades qui doivent apprendre à faire le tri dans l’info, et la venue des médecins à la rencontre des patients sur la toile sont, je crois des pistes à explorer. Quant aux consultations virtuelles, j’espère qu’elles ne verront pas le jour de sitôt.

    #10985

    Alinea
    Membre

    Merci pour ces contributions fort intéressantes, auxquelles je voudrais ajouter quelques réflexions.

    – Mon mari et moi-même ayant été malades du cancer juste avant la retraite, nous avons choisi notre maison en fonction de sa proximité avec le centre anti-cancéreux qui nous traitait. Pour une raison très simple, c’est qu’à l’époque, le débat sur l’e-health n’existait pas et il n’y avait que la visite programmée qui permettait de parler avec notre oncologue. Cette proximité (10 mn en voiture) nous rassurait et nous rassure toujours.

    – Cependant, aujourd’hui, je ferais la même choix. Ne confondons pas les fonctions : chercher ou produire de l’information sur le Net n’est pas de la même nature que de consulter un médecin spécialisé. On ne peut imaginer l’utilisation d’Internet que pour simplifier les processus administratifs, tels la prise de rendez-vous, l’envoi de résultats, l’archivage et la mise à disposition du corps médical du dossier du patient (à condition de sécuriser l’accès à ces données – les actions récentes d’Anonymous me laissent penser que toutes les données « on-line » peuvent être piratées).

    – Sinon, comment imaginer consulter à distance ? Nous entrons là dans la 4e dimension, surtout concernant le cancer ou les pathologies lourdes. [b]Un cancérologue me disait récemment qu’il se méfiait de ces nouvelles technologies qui laissent des traces. Au quotidien, il est appelé par des patients, qui souffrent du cancer, mais aussi et surtout des effets secondaires des traitements.[/b] Il me disait « 10 fois par jours, je donne des conseils par téléphone et je prescris des médicaments ou des soins. Si cela passe par email, par une plateforme web, et que quelques jours après le conseil, le patient décède… les enfants peuvent retrouver ces traces et imputer la mort à ce conseil. Il faut penser à la réalité des médecins, qui ne sont pas omniscients et qui ne sont jamais sûrs à 100% du succès des traitements. [b]Le cancer est une maladie lourde et en ces temps de pénalisation à outrance, les médecins se méfient beaucoup de la santé 2.0, où l’information circule librement, parfois au détriment du secret professionnel et de la confiance entre le médecin et son patient[/b]. »

    – En conclusion, je crois que les évolutions se feront naturellement, mais que le processus prendra du temps et rien ne remplacera jamais la consultation directe. Pensons à utiliser Internet et les nouvelles technologies pour ce qu’elles sont, à savoir une source d’information générale et une façon de communiquer plus rapide, plus efficace. Les études montrent que le patient ne guérit jamais aussi bien et aussi vite que dès lors qu’il est impliqué directement dans le processus de soins et devient acteur de sa guérison. La consultation à distance ne me paraît pas aller dans cette direction…

    #10986

    Sounion
    Membre

    Si la consultation à distance apparaît plus comme une « marchandisation » de la santé qu’un service bénéfique pour la relation patient/médecin, il reste néanmoins intéressant de creuser les atouts qu’offre la communication virtuelle.
    Aujourd’hui en France, beaucoup de médecins craignent encore l’invasion des patients par le simple fait de donner leur adresse e-mail. Tandis que ceux qui le font confirment l’efficacité d’un échange qui permet de rassurer les patients quand les situations ne nécessitent pas une consultation, il serait intéressant d’avoir un retour à ce sujet par les professionnels !

    #10980

    Melchior
    Membre

    La gestion du dossier médical est en train de se modifier très rapidement grâce à la diffusion d’Internet. Ainsi une étude vient de paraitre montrant que les patients attendaient très fortement de pouvoir avoir accès à leur dossier. D’ailleurs la « Veterans administration » qui prend en charge les soins des anciens militaires américains et leurs familles a développé le projet « bluebutton » qui permet à tout moment de télécharger son dossier. On aura bientôt les résultats et les images des scanners sur les ipad ou iphone. les applications existent.
    Par ailleurs, de nombreuses applications pour smartphone sortent en ce moment, le transformant en « accessoire de santé » : surveillance de la glycémie pour les diabétique, du cœur grâce à un smartphone transformé en électrocardiogramme etc…. Les médecins vont devoir intégrer des modifications qui vont être très rapides. On peut penser qu’il y aura de la résistance comme il y en a déjà eu beaucoup !!
    (pour ceux qui parlent anglais un article très interessant dans le Wal street Journal du 14 Janvier (section life & culture) : [url=http://online.wsj.com/article/SB10001424052970204124204577155162382326848.html?KEYWORDS=a+doctor+in+your+pocket]a doctor in your pocket[/url])

    #10987

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Bonjour à tous, Cancer Contribution s’intéresse plus que jamais à la Santé 2.0 et souhaite recueillir votre avis sur le recours à l’email ou aux réseaux sociaux dans la relation au médecin. Etes-vous prêt à communiquer avec votre médecin traitant ou un spécialiste par email ? Dans quel cadre et dans quelle limite ? Merci de nous donner votre analyse sur le sujet.

    #10988

    sitelle
    Participant

    Moi je suis prète à communiquer par mail, pour de petites choses qui permettent de [b]gagner du temps[/b], un changement de dosage, un renouvellement d’ordonnance, par exemple, mais pour une [b]pathologie lourde[/b], il est certain que rien ne pourra remplacer le [b]suivi[/b] du médecin, surtout hospitalier.

    #10989

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    Un article sur lemonde.fr, [i]La e-santé fait une percée chez les médecins[/i], révèle une donnée encourageante pour la construction d’un environnement de santé connectée :

    « [i]Les médecins de moins de 50 ans sont les plus nombreux à penser que les systèmes d’information de santé contribuent à améliorer la santé du patient, la rapidité d’accès aux soins et à diminuer le nombre d’erreurs médicales. Plus de 72 % des médecins de moins de 50 ans pensent par exemple que les dossiers patients informatisés ou les espaces numériques de santé permettront d’améliorer la coordination entre les établissements et/ou les services. Et plus de 73 % d’entre eux estiment que ces technologies offriront un meilleur accès à des données de qualité pour la recherche clinique.[/i] » [url=http://www.planete-plus-intelligente.lemonde.fr/sante/la-e-sante-fait-une-percee-chez-les-medecins_a-11-1262.html]Cliquer ici[/url] pour lire l’intégralité de l’article

    #10990

    Cancer Contribution
    Admin bbPress

    En matière d’e-santé, l’innovation viendrait-elle des Etats-Unis ? Oui, si l’on s’en tient à l’article militant, publié sur le blog KevinMD.com : « [url=http://dev.cancercontribution.fr/news/pourquoi-les-medecins-devraient-ils-se-brancher-sur-google.html]Pourquoi les médecins devraient-ils se brancher sur Google + ?[/url] ».

    Dans ce papier très intéressant et très engagé, l’auteur se demande pourquoi les médecins sont réticents à utiliser les réseaux sociaux Facebook et Twitter. « [i]Une partie de la réponse tient dans l’idée que les médecins veulent préserver l’anonymat de leurs patients et rester concentrés sur leur santé. Mais, comme la médecine moderne, les médecins ont besoin d’investir les réseaux sociaux et pratiquer le réseautage (networking).[/i] »

    Les généralistes invoquent souvent le manque de temps, le manque de confiance ou le fait que leurs patients se moquent de savoir si leur médecin utilisent les réseaux sociaux. Mais, selon l’auteur, « [i]tous ces commentaires sont inexacts.[/i] [b]Au lieu de voir le monde des réseaux sociaux comme une nuisance, il faut l’envisager comme un moyen de rester connectés avec nos patients et nos confrères. Et le plus tôt sera le mieux.[/b][i][/i] »

    Quelle est votre expérience, votre pratique ? Etes-vous connectés avec votre médecin traitant ou votre oncologue ?

    #10991

    sitelle
    Participant

    D »après un site renseigné sur les [b]technologies[/b] aussi bien que sur les [b]problèmes de santé[/b] [url=http://sante-medecine.commentcamarche.net/news/113814-plus-de-la-moitie-des-medecins-ont-une-application-medicale-dans-leur-smartphone]Comment ça marche, santé médecine[/url]
    En France, 53% des médecins ont [b]téléchargé une application médicale dans leur smartphone professionnel[/b]. Selon le premier baromètre sur « les médecins utilisateurs d’un smartphone » mené par Vidal, en association avec le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), 68% d’entre elles concernent les [b]bases de données médicamenteuses[/b] et 65% les [b]interactions entre médicaments.[/b]Quand les médecins surfent, plus de la moitié d’entre eux se rendent surtout sur les sites des institutions (51%) et celles de bases de données médicamenteuses (45%).
    Outre l’accès aux informations médicales, 81% des médecins interrogés se servent de leur smartphone pour gérer leur agenda et 37% utilisent la fonction dictaphone

    #10977

    sitelle
    Participant

    Il est certain que si [b]Doctissimo[/b] est bien documenté quand il s’agit des fiches [b]médicaments[/b], ou des [b]liens[/b] vers des sites, les forums eux-mêmes n’offrent aucune garantie de sérieux. Il faut plus en laisser qu’en prendre, car on y trouve effectivement tout et son contraire…De plus aucun modérateur n’intervient et quand un charlatan s’inscrit pour proposer ses services, il faut que se soit les internautes qui alertent eux-mêmes le site, et le temps de réaction aidant, ces charlatans peuvent faire des ravages.
    Il reste à mon avis [b]un seul[/b] [url=http://forum.ligue-cancer.net/][b]Forum[/b][/url] qui parvienne à répondre avec [b]pertinence et justesse[/b], sans jamais transgresser [b]les règles déontologiques médicales[/b], parce qu’il est accrédité par la [b]Ligue[/b] elle-même, qu’il est très ancien, même s’il vient de changer d’interface, et bénéficie de la présence permanente d’une modératrice de qualité en la personne du Docteur F.M.L., qui, elle ne donne que des conseils, jamais de diagnostic, encore moins de pronostic, justement parce que de par sa [b]compétence[/b], elle connaît les limites de ce qu’on peut dire et ne pas dire sur un forum. Et ce ne sont pas les qualités d’empathie qui lui manquent!

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