Quelle utilisation des opioïdes ?

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    sitelle
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    De maniement difficile, avec des résultats parfois limités et des effets secondaires non négligeables, les opioïdes présentent toutefois un intérêt dans les douleurs chroniques non cancéreuses, dans le cadre d’un suivi régulier et d’une prise en charge plus globale.

    Depuis quelques années, les opioïdes, couramment utilisés dans la douleur du cancer, trouvent une place dans la prise en charge des patients avec des douleurs chroniques non cancéreuses. En effet, de nombreux articles ont montré leurs intérêts dans certains types de pathologie comme l’arthrose, la neuropathie diabétique douloureuse, les douleurs lombaires ou la polyarthrite rhumatoïde, et conclu que les opioïdes apportent une petite amélioration pour l’intensité de la douleur et une amélioration fonctionnelle par rapport à un placebo. Lorsqu’ils sont comparés à d’autres médicaments analgésiques, les réductions de l’intensité douloureuse sont semblables, mais ils améliorent davantage la fonction.

    Les effets indésirables classiquement associés aux opioïdes, comme la nausée, la constipation, la somnolence, etc., sont particulièrement prégnants dans les études. Ils sont responsables de 44 % des abandons de traitement, dont le suivi s’étale sur 7 à 24 mois. Quelques patients ont également développé une hyperalgésie induite aux opioïdes (lire aussi page XXX). De plus, en dehors de leurs effets indésirables propres, il peut apparaître un mésusage des opiacés. Ainsi, dans certaines études de suivi à long terme, jusqu’à 45 % des patients prenant des opioïdes pour des douleurs non cancéreuses au long cours pourraient avoir eu des comportements aberrants de prise médicamenteuse.
    Des indications à poser correctement.

    Sachant que 20 % des individus dans le monde entier, ont à un degré quelconque une douleur chronique, les indications, l’objectif et le suivi doivent donc être bien posés avec le patient. Ils ne sont donc pas recommandés en première intention dans la plupart des pays. En France, ils ne sont recommandés qu’en deuxième voire dernière intention par les sociétés savantes.

    Ainsi, la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD) recommande pour les douleurs neuropathiques une utilisation en seconde intention (1). Les opioïdes nécessitent pour cette pathologie souvent des doses élevées, atteintes après titration individuelle en fonction des effets indésirables.

    Pour les douleurs rhumatologiques, le Cercle d’étude de la douleur en rhumatologie (CEDR) a fourni pour différentes pathologies les recommandations vis-à-vis des opioïdes (2) : l’arthrose (grade A), la lombalgie chronique avec un objectif fonctionnel et pour aider la mise en place d’un programme réadaptatif avec réévaluation très régulière (grade B), les cervicalgies chroniques (grade C), la polyarthrite rhumatoïde (grade C). Pour toutes ces pathologies, les opiacés ne sont indiqués qu’après échec des autres traitements antalgiques les plus adaptés aux différentes pathologies (par exemple la biothérapie pour la polyarthrite rhumatoïde), et pour les patients chez qui « les composantes psychologiques et/ou socioprofessionnelles ne sont pas prépondérantes ». Dans le cas de la fibromyalgie, les opioïdes ne sont pas recommandés.

    source:http://www.oncolor.org/referentiels/support/doul_opio.htm

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