Sounion

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8 réponses de 1 à 8 (sur un total de 8)
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  • en réponse à : Le rôle de l’homme en tant que proche et soutien #10586

    Sounion
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    Bonsoir, mon amie Roberta vit l’expérience suivante: opérée il y a 4 ans au sein, son mari a été magnifique. Il s’est chargé de tout, omniprésent per elle et pour leur fille. Il l’accompagnait aux consultations, il emmenait la petite à l’école, aux activités. Il coordonnait les allées-venues de l’hôpital et il a été très attentif. Maison, courses, vacances, il pensait à tout. Il cuisinait et il souriait.
    Pourtant, aujourd’hui, ils sont rentrés en crise: lui revendique les efforts et met en exergue le poids dont il se charge par rapport aux autres maris. Elle le remercie mais elle se sent très seule. Avec la douleur, la crainte de mourir et la sensation désagréable de se sentir accompagnée mais non pas aimée et désirée. « Luca fait énormément, dit-elle, mais il ne me parle pas, il ne veut pas m’écouter. Quand j’essaie de lui parler de mes angoisses, il coupe net.
    Et quand il me voit silencieuse ou à l’écart, il s’énerve. Pourtant, il suffirait qu’il me demande « Comment vas-tu? » de temps en temps. Ou qu’il me fasse une caresse ou un baiser.  »
    N’est-il pas bizarre ce comportement?


    Sounion
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    Face à une mastectomie, l’attente commune est celle d’une reconstruction immédiate…terminée la maladie, le corps doit reprendre son aspect originaire, plus de traces du cancer, surtout sur une partie si symbolique du corps. Et pourtant, nombreuses sont les femmes qui optent pour rester asymétriques…qui par choix qui par absence de choix, car la chirurgie n’a pas pu préserver les conditions pour une reconstruction correcte.
    Femmes qui dépassent psychologiquement l’expérience du cancer, de ses traitements, de ses inconnus et qui reprennent une vie de femmes à part entière. Mais quel regard porte-t-elle la société sur ces personnes, quelles craintes peuvent susciter les réactions des partenaires, les nouvelles rencontres, les questions des enfants sur cette cicatrice qui parcourt un lieu sacré du corps de la femme?


    Sounion
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    Il me semble que l’étude accomplie par l’Institut Curie ne vise pas à orienter sur des bonnes ou des mauvaises pratiques, mais simplement à prendre en compte le fait que dans une population donnée de femmes ayant subi une mastectomie, une grande partie ne fait pas recours à la chirurgie reconstructrice. Cela ne veut pas dire que la reconstruction soit un symptôme de faiblesse, loin de là. Mais que si une femme se trouve devant l’obligation de subir une mastectomie, elle peut se sentir rassurée en sachant dès le départ qu’elle aura plusieurs choix après la chirurgie.
    Et que le choix appartient à la personne et non au regard que la société ou les soignants portent sur elle.

    en réponse à : Comment le couple peut-il gérer le quotidien de la maladie ? #10547

    Sounion
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    Face à la question de Françoise, je me pose l’interrogatif de la place de chacun devant la maladie.
    Comme pour d’autres maladies, le cancer de la prostate détermine une rupture des équilibre conjugaux: une redistribution des rôles s’impose dans la quelle les rôles de patient et d’aidante se rajoutent respectivement à ceux d’époux et d’épouse.
    Parfois cela provoque un renforcement dans le couple, d’autres fois la relation subit des impacts négatifs, mais en général, les effets de la maladie sont déstabilisants et induisent une souffrance importante.
    L’envie de la femme de protéger son époux en banalisant les troubles fonctionnels dues à la maladie et aux traitement peut être vécue comme de l’infantilisation. Et au même temps, s’occuper du malade nécessite un dévouement constant qui ne laisse plus la possibilité aux conjointes d’être épouse. Et qui peut générer fatigue, isolement, dépression.
    En conclusion, ce qu’il me paraît important est surtout la capacité de se dire l’un à l’autre ce qu’on ressent, d’autant plus que les angoisses et les questions sont souvent les mêmes. Arriver à échanger sur le vécu respectif et à communiquer à l’autre son propre ressenti me semblent plus utiles que non la démarche de protection et de silence.


    Sounion
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    Dans une étude publiée sur la revue [url=http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19645027]Cancer[/url], les chercheurs du Seattle Cancer Care Alliance ont analysé les statistiques de divorce sur 515 patients (cancers du cerveau ou sclérose multiple) suivis pendant 5 ans du 2001 au 2006. Les résultats ont confirmé ce qui avait déjà été indiqué dans les rares études précédentes : divorce ou séparation touchent environ le 12% des couples dont un membre est atteint de maladie grave. Toutefois, ce qui apparaît très fort est la probabilité 7 fois supérieure qu’un divorce se produise lors que la maladie touche la femme, tandis que seulement 3% des couples se quittent quand c’est l’homme qui tombe malade.
    Des raisons ? Après avoir partagé l’urgence des soins, le mari est impatient de retrouver la vie d’auparavant… ce qui demeure très compliqué pour la femme. Ou bien, comme le dit Coccinelle, l’expérience du cancer a rendu la femme plus forte, plus consciente de ses capacités et cela remet en discussion les équilibres et les attentes dans le couple.
    [b]Quels seraient les pistes à explorer pour éviter la double peine d’une rupture déclenchée par la maladie ? Un soutien psychologique du couple, pourrait-il être envisagé du moment du diagnostique ?[/b]


    Sounion
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    Une étude récente parue dans le [url=http://www.sciencedaily.com/releases/2008/02/080229105838.htm]Psychological Bulletin[/url] montre que dans un couple où un des partenaires a un diagnostic de cancer, les femmes vivent, en moyenne, plus de détresse que les hommes, indépendamment qu’elles soient la personne qui a la maladie ou la partenaire en santé.
    James C. Coyne de l’Université de Pennsylvanie (États-Unis) et Mariët Hagedoorn de l’Université de Groningen (Pays-Bas) ont analysé 43 études portant sur le sujet.
    « Les femmes ayant le cancer du sein sont, en moyenne, en plus grande détresse que leur conjoint; mais les conjointes des hommes ayant le cancer de la prostate, sont aussi en moyenne en plus grande détresse que ces derniers », concluent les chercheurs.
    Selon une autre recherche américaine auprès de 168 couples mariés, publiée dans le numéro d’avril des Annals of Behavioral Medicine, la santé physique des hommes atteint de cancer de la prostate aurait tendance à être affectée par le faible bien-être émotionnel de leurs épouses.
    « La détresse psychologique des femmes semblent avoir le plus grand impact, qu’elles soient survivantes du cancer du sein ou prennent soin de leur mari souffrant du cancer de la prostate. Si la femme a un niveau plus élevé de détresse émotionnelle, le partenaire a tendance à avoir un niveau plus élevé de problèmes psychosomatiques tout en rapportant rarement de problèmes psychologiques ou émotionnels, dit Youngmee Kim, auteure principale de la recherche.
    [url=http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=21137503]Annals of behavioral medecine, 2009[/url]


    Sounion
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    J’ai eu l’occasion de lire le post en question et les réactions produites par les interventions de ce monsieur très politically incorrect mais aussi très banal dans sa démarche.
    La cancer investit la personne et son environnement de façon absolue. Il accentue, fait ressortir les éléments qui caractérisaient auparavant les personnalités, les situations, celles qui étaient évidentes et celles qui demeuraient cachées. Ce qui veut dire que le cancer met en exergue le meilleur et le pire.
    Histoires douloureuses de femmes abandonnées pendant le parcours, d’épouses fatiguées de se sentir un élément dérangeant dans la vie du conjoint, qui prennent leur bagages et s’en vont pour de bon. Histoires de petits et grands égoïsmes mais aussi de tendresse et d’amour renforcé par le chemin du crabe. Histoires d’angoisse de l’image de l’autre qui renvoie sa propre finitude mais aussi de partage, de douceur, d’indifférence face à ces cicatrices, à ces poches, à ces traces qui font de l’autre un être extraordinaire. Avec qui le quotidien peut être bien sûr plus compliqué mais jamais impossible.
    [b]J’aimerais que l’on puisse évoquer ici non pas ce qui est ou a été malheureux, mais ce que l’on a trouvé ou que l’on aurait aimé trouver auprès du conjoint ou de l’entourage.[/b]
    Quelles attitudes nous auraient fait du bien ? Quelles suggestions peut-on donner à ceux qui affrontent cela au présent, aux personnes qui ont des difficultés à appréhender l’avenir sans repères ?

    en réponse à : Quelle place pour les proches et la famille? #10517

    Sounion
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    Bonjour Sitelle, de suite un article qui peut t’intéresser, issu d’un vieux numéro de la revue psychologies : Vivre avec un proche malade sans culpabiliser
    Quand un parent, un ami tombe malade, nous ne trouvons pas toujours les mots ni les gestes, hésitant entre le trop et le pas assez. D’où vient ce sentiment de culpabilité qui, souvent, nous envahit ? Et comment le surmonter ? Céline Dufranc
    [url=http://www.psychologies.com/Bien-etre/Sante/Cancer/Articles-et-Dossiers/Vivre-avec-un-proche-malade-sans-culpabiliser]Cliquer ici pour lire l’article[/url]

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