Le droit à l’oubli oublie les malades

Le premier octobre 2015, le Sénat a voté le droit à l’oubli pour les anciens malades de cancer : cette mesure leur permettra de ne plus mentionner la maladie pour obtenir un prêt ou négocier les conditions d’assurance.

Une avancée considérable selon plusieurs avis…mais qui ouvre des questions majeures en termes éthiques: quelle place pour tous ceux qui ne rentrent pas dans les cases prévues par le dispositifs? Quelle place pour tous ceux qui n’ont pas l’espoir de guérir car leur pathologie ou bien les traitements de suivi seront présents toute la vie? Serait-ce droit à l’oubli une manière de permettre à la société d’oublier la maladie, comme s’il s’agissait d’une inscription au casier judiciaire?  Quelle égalité de status entre entre malades, bien-portants, anciens malades et malades chroniques?

Par ailleurs,  on peut raisonnablement supposer que le manque à gagner qui représente le droit à l’oubli des anciens malades pour les assureurs, sera rapidement compensé par une surcharge contractuels à destination des malades exclus de la mesure.

Ces inégalités et les conséquences du dispositifs avaient déjà été mises en évidence par une lettre cosignée par Cancer Contribution publiée sur L’express : « Être malade n’est pas une faute. C’est un accident de la vie, qui met en situation de vulnérabilité. La société devrait s’attacher à protéger ceux qui ne guériront pas plutôt que de les stigmatiser et leur faire subir ce qui s’apparente à une double peine. C’est pourtant ce que prévoit le droit à l’oubli, en opposant malades et anciens malades » .

Si les mesures adoptées prévoient « l’oubli pour quelques uns » , à quand « le droit à l’assurance pour tous » ?

Retrouver les propositions faites par les e-patients ici.