Tous vulnérables

La maladie entraîne des frais additionnels liés à des préoccupations de tous les jours. Face à ces situations, tous les salariés, employés ou cadres, quel que soit le niveau de protection prévu par leur entreprise, se trouvent confrontés à l’impensable : la précarité de la vie et la paupérisation. Les travailleurs indépendants, dont tous ne bénéficient pas des indemnités journalières, finiront souvent sans revenu, sans oublier les demandeurs d’emploi dont la situation déjà précaire ne fera que s’aggraver.

Au-delà des problématiques juridiques, du domaine d’associations telles que Juris Santé (spécialisée dans l’accompagnement personnalisé des patients et proches aidants tous les domaines de la vie atteints par la fragilisation de la santé – travail, assurance, sécurité sociale, fin de vie, succession…), et Life is Rose (dans le cadre plus restreint d’un programme d’assurance de prêt spécifiquement dédié aux femmes qui ont été atteintes de cancers du sein), ce sont les besoins fondamentaux qui sont en péril.

L’association Life is Rose accompagne des personnes touchées par le cancer dans leur combat quand surgissent les difficultés les plus inattendues liées à la précarité : « la plupart d’entre elles étaient installées confortablement dans leur existence et n’avaient jamais imaginé devoir un jour recourir à une assistante sociale ; psychologiquement, c’est violent » explique sa présidente Nathalie Savariaud, notaire, elle-même en rémission d’un cancer du sein et d’un cancer des ovaires.

La précarité s’installe néanmoins beaucoup plus vite dans les familles monoparentales et dans certaines régions où les patients, éloignés des centres de soins, se retrouvent en situation d’isolement. Les travailleurs non salariés, indépendants et professions libérales, qui n’ont pas souscrit une assurance privée, subiront d’autant plus durement ces bouleversements.

Le premier volet sur lequel le soutien s’organise concerne le simple maintien de la stabilité dans la vie quotidienne.

Parce qu’il « il fallait être en capacité d’agir vite »,  Nathalie Savariaud a tiré parti de sa propre expérience et de sa compétence pour concentrer son énergie sur ces problématiques et mettre en place des règles de fonctionnement simples et efficaces : quelques bénévoles très actifs, des commissions bihebdomadaires et ce sont quelque 200 dossiers traités par trimestre. Pas de versement d’argent : c’est l’association qui se substitue à la personne malade et finance des charges devenues trop lourdes telles que loyers, gardes d’enfants, courses alimentaires, heures de ménage.

Ce coup de pouce, limité dans le temps, rarement très onéreux, stimule psychologiquement et suffit souvent à rétablir l’équilibre de la situation.

Sylvie Favier

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