Un autre tour de manège

Journaliste et écrivain italien, grand voyageur, Tiziano Terzani a vécu longtemps en Asie. Dans Un autre tour de manège il raconte la découverte de sa tumeur, son parcours de soins aux États-Unis et sa recherche à travers les traitements proposés par la médecine asiatique.

À propos de son attitude vis-à-vis du cancer, il explique :

J’avais pris la maladie comme un autre voyage: un voyage involontaire, pas prévu, pour lequel je n’avais pas de cartes géographiques, pour lequel je ne m’étais préparé d’aucune façon; mais qui de tous les voyages faits jusqu’à présent était le plus important, le plus intense.

La maladie est le fil rouge de la quête qu’il entreprend. Terzani raconte d’abord son expérience à travers la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie dans le centre d’excellence Memorial Sloan Kettering Cancer Center, à New York. L’approche de la médecine moderne, malgré son efficacité, laisse Terzani insatisfait.

Moi, j’étais un corps malade : un corps à guérir. Et je pouvais bien dire: mais je suis aussi un esprit, peut-être aussi une âme et je suis sûrement un ensemble d’histoires, d’expériences, de sentiments, de pensées et d’émotions qui ont probablement plein de choses à voir avec ma maladie ! Personne ne paraissait vouloir ou pouvoir le prendre en compte.

Terzani s’oppose à la pratique de soigner tous les cancers de la même façon, sans prendre en considération la personne :

Ce qu’on attaquait, c’était le cancer […] mais pas le mien !Tiziano Terzani

À la fin de ses traitements à New York, il prend la décision de repartir en Asie, où il a longtemps vécu. Ainsi, au fil des pages, Terzani raconte l’Inde, la Thaïlande, Hong-Kong, ainsi que sa rencontre avec des homéopathes, la médecine tibétaine et chinoise, des régimes et des pratiques telles que le reiki ou le tai chi… La sensation de n’être qu’un corps malade s’atténue au cours de ce voyage :

Pas à pas, doucement, chaque fois en riant en moi-même et en souriant de ce qui m’arrivait, du soin de moi-même-corps, malade de cancer dans un des meilleurs hôpitaux du monde. Je suis arrivé au soin de moi-même-corps plus tout-le-reste-qu’il-me-semble-qu’il-y-a-derrière.

Il arrive à donner du sens à sa maladie qui ne concerne pas que lui, mais aussi tous les autres malades, ou encore mieux, tous les autres hommes. Il explique :

Le voyage n’était plus la recherche d’un traitement pour mon cancer, mais pour cette maladie qui touche tout le monde : la mortalité.

Un autre tour de manège a été publié en France par Intervalles.

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Date de mise en ligne : 07/11/2016