Du proche à l’aidant familial : quand se considère t’on aidant d’une personne atteinte d’un cancer ?

proches aidants se tenant debout

Aider régulièrement un proche âgé en perte d’autonomie ou en situation de handicap au quotidien porte un nom : aidant. Qu’en est-il si on aide une personne touchée par un cancer ? Quand considère-t-on que l’on devient un aidant ?             proches aidants se tenant debout

En France, 5 millions de personnes aident une personne actuellement touchée par un cancer, sur les 8 à 11 millions d’aidants français, soit 1 français sur 10. 38% des Français ont aidé dans les 5 dernières années une personne atteinte d’un cancer.¹

Plusieurs définitions existent avec une notion commune, la régularité de l’aide apportée. On parle d’aidant familial ou naturel :

    • La HAS, la Haute Autorité de Santé, parle d’aidants dits naturels ou informels. Ce sont les personnes non professionnelles qui viennent en aide à titre principal, pour partie ou totalement, à une personne dépendante de son entourage pour les activités de la vie quotidienne. Cette aide régulière peut être prodiguée de façon permanente ou non, et peut prendre plusieurs formes, notamment le nursing, les soins, l’accompagnement à la vie sociale et au maintien de l’autonomie, les démarches administratives, la coordination, la vigilance permanente, le soutien psychologique, la communication, les activités domestiques… ²

 

    • L’article L1111-6-1 du Code de la santé publique indique que l’aidant naturel est la personne choisie par la personne aidée pour l’accompagner dans les gestes liés à des soins prescrits par un médecin, pour favoriser son autonomie, et précise qu’une éducation et un apprentissage adaptés dispensé par un professionnel de santé leur permettant d’acquérir les connaissances et la capacité nécessaire à la pratique de chacun des gestes. 

 

  • Enfin, l’article L.245-12 du code de l’action sociale et des familles, un aidant familial est la personne qui apporte une aide humaine et qui n’est pas salarié pour cette aide. Ce peut être :
    • Le conjoint, le concubin, la personne avec laquelle la personne handicapée a conclu un pacte civil de solidarité
    • L’ascendant,
    • Le descendant
    • Le collatéral jusqu’au 4ème degré de la personne handicapée
    • Ainsi que toute personne qui réside avec la personne handicapée et qui entretient des liens étroits et stables avec elle

Bien souvent les personnes qui aident une personne touchée par un cancer sont de sa famille.

Simone, 57 ans a accompagnée sa mère atteinte d’un cancer de la vessie puis dans une situation de handicap.

« Pour moi, on devient aidant quand on s’occupe de quelqu’un de dépendant. Quand ma mère ne pouvait plus gérer son quotidien toute seule, comprendre ce que son médecin lui demandait de faire, quand c’est venu perturber ma vie. J’habite Paris ma maman Marseille, je devais y passer énormément de temps et j’ai fini par être présente 24h/24. 

Avant sa dépendance, lors de son premier cancer puis de sa récidive, je l’accompagnais aux RDV médicaux, lors des séances hebdomadaires de radiothérapies et de chimio à l’hôpital, c’était un accompagnement, c’était moins lourd. J’étais angoissée, un cancer ce n’est pas rien. Je l’aidais c’est vrai… mais je ne me sentais pas aidante. 

Elle a commencé à dégringoler après le cancer, elle a eu des événements indésirables liés à sa radiothérapie au niveau vertébral et une chirurgie. Je suis devenue aidante au moment où elle est devenue physiquement dépendante après une fracture avec tassement vertébral à 86 ans. Je me suis sentie changer de statut. J’ai été submergée. C‘est à ce moment-là, que j’aurais vraiment eu besoin d’aide»

Et pour vous ? Quand passe-t-on du “statut” de proche à celui d’aidant d’une personne atteinte d’un cancer ?

Qu’avez-vous mis en œuvre pour faciliter ce changement de rôle ? 

¹ Rapport de l’observatoire sociétal des cancers de juin 2016.

² Charte européenne de l’aidant familial. 2009. Coface Bruxelles

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