On vit quand ? Bah maintenant

L’édito DDcalé du 13 juin 2014.

En début de semaine, l’INCa et l’Inserm ont présenté la seconde enquête Vican, sur la vie deux ans après le cancer. Si vous suivez… et je n’en doute pas… vous avez compris qu’il y en a donc une première, en 2008. Beaucoup attendaient donc impatiemment… la vérité sur ces résultats pour voir ce qui avait évolué, après 6 ans, des dizaines de colloques et de congrès et un plan cancer et demi… sans alcool, pour le message de prévention… Eh ben, mon impression, que je partage avec moi-même, est que les changements sont moins marquants qu’un champion du monde de foot en 90 minutes… voilà comme ça, je me suis débarrassé du sujet majeur de l’actualité du moment, enfin si on en croit les médias.

Peu de progrès donc sur la situation deux ans après le diagnostic… et tac ! Il est vrai que la préoccupation de l’après cancer, ou en tout cas de l’après phase aigüe des traitements… c’est quand c’est moins grave… est récente. Le sujet n’a d’ailleurs été vraiment traité que dans le deuxième plan contrairement au malade qui est traité depuis longtemps. Le Plan Personnalisé de l’Après Cancer n’est pas, il faut avouer… donc à moitié pardonné… la mesure du plan la plus concluante.

Il y a tout de même des éléments de l’enquête qui sont intéressants à rerererépéter. Tout d’abord, il n’y a pas que Michel Blanc qui a une Grosse Fatigue. Il s’agit en effet là du premier symptôme dont se plaignent les malades, enfin les gens en rémission, les guéris… bref vous avez compris. Cela est d’autant plus vicieux… même si on est mieux sur terre… que c’est un symptôme caché… comme le steak. Et qu’on imagine… all the people living for today… on ne pense pas que c’est lié à des traitements reçus des années avant. On en parle moins. Et on rit jaune… Lennon.

Cette enquête nous apprend… mais en fait, nous le savions déjà… que les inégalités se creusent aussi profondément que le trou de la sécu. Ça tombe bien… mais sans se faire mal… la lutte contre les inégalités est un axe prioritaire du troisième plan cancer.

Les répercussions sur la vie professionnelle, sociale et sentimentale… c’est l’euphémisme pour parler des relations intimes, le sex quoi… Tout cela aussi n’est pas nouveau mais doit être dit et redit.

Mais putain, deux ans… c’est pas une injure… j’vous jure… c’est le président… celui du premier plan cancer qui le disait… enfin plutôt sa marionnette. Deux ans donc, c’est à la fois long et court. Beaucoup de choses peuvent se passer en 24 mois de vie mais est-ce suffisant pour se remettre d’une épreuve qui bien souvent à tout chamboulé dans la vie d’une personne, d’un couple, d’une famille. Est-ce suffisant pour avoir retrouvé un rythme, une qualité de vie acceptable… ok mais qu’est-ce qu’on mange ?

Deux conclusions à cela. Tout d’abord et avant tout autre chose… sans s’arrêter faire une pause…, ne faudrait-il pas faire ce genre d’analyse avec un peu plus de recul. Cinq ans après ? Ou faut-il se donner rendez-vous dans 10 ans, même jour, même pomme ; pas pour voir si les malades sont devenus des grands hommes mais simplement observer si les points noirs relevés dans l’enquête ont sauté… comme un don ?!

Finissons sur une mère spéctive encourageante… C’est la femme du perspective.  Pour les malades d’aujourd’hui, la donne change donc… je te donne toutes mes différences… Pour beaucoup…, les traitements sont et vont être moins éprouvants, avec moins d’hospitalisations, moins d’effets secondaires handicapants et empêchant de garder un rythme de vie, notamment professionnel plus constant… c’est l’important. Pour eux, la qualité de vie deux ans après le cancer sera sans doute meilleure.

Mais, d’ici là, va-t-il falloir encore 100 fois le boulot remettre sur la planche à pain…. ?!

Damien Dubois