Tout n’est pas « rose »

L’édito DDcalé du 14 février 2014.

Le blog de Catherine Cerisey « Après mon cancer du sein », Rose Magazine, les associations comme Europa Donna,  ou encore toutes les initiatives autour d’Octobre Rose dont les Rubans de l’Espoir… Les initiatives au bénéfice des malades les plus visibles actuellement s’adressent aux femmes. Mais où sont les hommes ?

J’entends déjà vrombir les accusations de machisme. Que nenni ! Je salue ces magnifiques actions et pas seulement parce qu’elles ont été initiées par des consœurs et amies. Touchées ou non par la maladie, elles ont réalisé un important travail de terrain, d’information mais aussi de plaidoyer, de lobbying. Elles font avancer la cause des malades, de celles qui l’ont été ou celles qui le seront. Un des résultats récents est l’offre de l’assureur AIG : SOA (1), une assurance en cas de cancer féminin, à laquelle les femmes peuvent souscrire même dans le cas de prédisposition génétique. Cette offre vise à atténuer les conséquences socio-économiques de la maladie.

Où sont les hommes donc ? On dit qu’ils se cachent pour pleurer. Nous avons certainement une moins grande propension à ressentir le besoin de partager son vécu, d’échanger voire de s’épancher que nos homologues féminins. Cela paraît évident quand on voit la répartition hommes/femmes sur les forums de discussions, dans les groupes de paroles des associations s’adressant à tous les malades. Est-ce une moins grande propension ? Ou une moindre capacité à oser l’avouer ?

Pourtant, il paraît que l’homme moderne assume sa part de féminité ou au moins sa sensibilité. L’homme est une femme comme les autres, ou l’inverse, ou les deux… Enfin bref, la question semble moins taboue, même s’il reste de la sensibilisation à faire notamment sur les cancers purement masculins. Nous devrions donc logiquement aller vers la parité dans la fréquentation de lieux de partages, virtuels ou non. Grand bien fasse à ceux qui ressentaient le besoin de s’exprimer mais qui n’osaient le faire.

Où sont les hommes, disais-je ? A la tête des associations, certes. 61% des présidents d’associations dans le domaine de la santé sont des hommes. Il s’agit pourtant d’un secteur parmi les plus féminisés ; et la proportion de présidentes augmente, surtout dans les associations récemment créées (2). La majorité des bénévoles sont des femmes ; certainement un héritage des dames patronnesses et de l’implication -essentielle et bénéfique- de mères de famille, sans activité professionnelle. Pourtant, la structuration de la société à évoluer et le paysage associatif et du bénévolat aussi.

Le succès médiatique d’Octobre Rose, mois de sensibilisation aux cancers du sein, n’est plus à prouver. Mais savez-vous qu’il est suivi de novembre, enfin de Movember ? Un mouvement caritatif international né en Australie en 2004. Durant un mois, les hommes sont invités à se laisser pousser la moustache. Des événements festifs sont organisés pour sensibiliser et récolter des fonds destinés à la recherche sur le cancer de la prostate.

Cette campagne a fait parler d’elle dans les médias lors de son édition 2013. C’est bien la preuve que des initiatives originales et ciblées peuvent exister à côté de propositions associatives plus transversales. Messieurs, il y a certainement des actions adaptées aux préoccupations et aux envies des hommes touchés par la maladie pour libérer leur parole et créer du lien. Car tout n’est pas « rose »…

Damien Dubois

________
1 – soassure.fr
2 – Source à retrouver ici