Fin de vie. Quand c’est trop, c’est trop chimio ?!

Edito DDcalé du 31 juillet 2015

Je sais que nous sommes au cœur de l’été… et qu’on est tous au bord du burn août… mais j’ai tout de même choisi de vous parler d’un sujet très plage, transat et apéro… les chimios en fin de vie. Glamour non ? Le partage d’un article sur notre page Facebook au sujet des chimios en fin de vie a fait réagir nos amis internautes.

L’étude en question a été publiée par le Journal of American Medecine… Le JAMA ma p’tite idée sur la question ! Les réactions normales et saines… qui coulent sous le pont euh… le pied à perf… rejettent l’acharnement thérapeutique… Pas besoin d’argumenter. C’est une évidence pour tous. Un malade en fin de vie a assez souffert. D’autant que cette étude montre que ces chimios sont délétères… apeutiques pour la qualité de vie et ont peu d’effet sur la durée de vie. Voilà, je pourrais m’arrêter là… mais si vous lisez de temps en temps ces éditos, vous me voyez venir… : ce n’est pas si simple.

Photo : Fotolia
Photo : Fotolia

Les oncos seraient donc des sadiques… arnot… assassins nés… ?? Je ne le pense pas. Au contraire, ils ont prêté serment de soigner les malades avec les moyens connus et reconnus en leur possession. De plus, d’autres études ont montré que les chimios palliatives pouvaient réduire certains effets indésirables, notamment les douleurs. La définition d’un traitement palliatif… mais sans pallier le poil… est de maintenir la qualité de vie, le plus longtemps, jusqu’à l’issue, alors qu’il n’y a plus de traitements curatifs possibles. Il est également à noter que, vu l’accélération des progrès médicaux, une réponse positive aux traitements est pas du tout impossible.

Mais, les oncos comme les autres docs s’engagent aussi à soulager les souffrances et ne pas prolonger abusivement les agonies. Ils ont juste parfois du mal, non pas à baisser les bras… mais à passer la main et  à se faire épauler par les spécialistes de la fin de vie, pour que ces palliatologues  aient les coudées franches pour mettre le doigt sur les besoins/envies/possibilités des malades en fin de vie… Il ne faut pas pour autant les mettre à l’index mais résoudre ce problème majeur… en mettant les pratiques annulaire de rien… Pouce, j’arrête là. En fait, mon petit doigt me dit que cette question de la chimio en fin de vie est à la fois éthique… et pas en toc… médicale et scientifique.

Éthique, car elle met en confrontation les obligations de soins, les devoirs moraux et déontologiques des soignants et la volonté des patients où besoin d’espoir, envie de vie, nécessité de ne pas souffrir inutilement s’entremêlent. Médicale, car la frontière entre chimios curatives et traitements palliatifs est floue et fluctuante.

Elle est aussi scientifique car en marge de la question de ces chimios palliatives, les traitements en fin de vie peuvent également être proposés dans le cadre d’essai de phase I, première étape des essais d’un nouveau médicament sur l’homme pour définir la toxicité, la sécurité d’emploi de la molécule… Une étape incontournable. Le malade doit être bien informé qu’il participe à l’amélioration des traitements pas tant pour lui-même que pour les suivants et tous les suivants du monde devraient se donner la main pour être comme des Brel.

La chimio en fin de vie va donc plus loin que l’acharnement thérapeutique. Comme toujours, co-décision, information, adhésion thérapeutique, formation des médecins notamment par les représentants de patients sont les clés du bon usage de ces traitements palliatifs. Vous connaissez le couplet.

Il existe d’autres leviers pour passer la vitesse supérieure et éviter ces situations dramatiques décrites par les internautes. D’abord le suivi des recos de l’AFSOS sur le sujet; et, surtout, l’amélioration de la transition avec les soins palliatifs qui doit être en douceur, dans une collaboration entre spécialistes et palliatologues pour un accompagnement fluide,… et pas glacial…, du malade.

Damien Dubois