Alinea

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  • en réponse à : COMMENT AIDER UN PATIENT LORSQU’IL SAIT QU’IL VA MOURIR? #10577

    Alinea
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    En réponse à Chronos, je répondrai qu’il est difficile de « vivre heureux en attendant la mort », comme le professait un humoriste, mort d’un cancer. Je suis d’accord pour dire qu’on est tous « en sursis », par définition. Mais pour avoir vécu insouciante puis sous le joug de la maladie, j’affirme qu’il n’est pas possible de profiter de la vie quand on se bat contre le cancer. Quand on n’est pas malade, on se sent libre et léger ; malade, on ne pense qu’à se débarrasser du cancer. Ca fait une différence énorme entre le bonheur et l’angoisse. Il faut une sagesse infinie pour dépasser ce stade. Je ne l’ai pas !


    Alinea
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    J’ai eu le privilège d’avoir deux cancers : un au sein et l’autre à la thyroïde… Avec une ablation de l’organe touché à chaque fois ! C’est clair que l’ablation de la thyroïde a eu moins d’impact sur mon pouvoir de séduction. Il faut aussi comprendre qu’à chaque fois, c’est ma vie que je jouais, et j’avais déjà mes enfants, alors l’enjeu était moins fort. [b]Il n’empêche, la solution de la mammectomie est une véritable mutilation et que la première personne touchée par cette atteinte à son pouvoir de séduction est soi-même.[/b] [b]Principe de base, pour plaire, il faut d’abord se plaire. On est toujours le commercial de soi-même,[/b] et on est toujours plus à l’aise pour vendre un beau produit plutôt qu’une « daube ». Je crois que bien souvent, c’est d’abord la femme qui perd confiance en elle et en son pouvoir de séduction. Alors, les prothèses, c’est bien joli, mais comment expliquer à un homme (ou une femme) que vous avez séduit(e), que, attention, j’enlève le haut, j’enlève le soutif et là, surprise ! 2-1 = 1…

    Selon moi, c’est au long chemin, qui permet de s’accepter avec sa nouvelle géographie mammaire, une cartographie corporelle qu’il faut apprivoiser avant de la montrer aux autres. Le premier temps est forcément plus compliqué. Après, ça suit son cours. Au partenaire de décider s’il accepte ou pas, s’il aime ou pas, s’il surmonte l’épreuve ou pas. Pour moi, tout a changé quand il m’a dit : « [b][i]OK, tu n’es pas qu’un sein. Je t’aime pour mille autres raisons[/i][/b] ». J’ai eu de la chance d’avoir un mari exemplaire et attentif, qui ne m’a pas rejetée. Son attitude m’a permis d’accepter plus vite mon nouvel état. Au moins, il sait à quel sein se vouer…


    Alinea
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    Je relis ces quelques lignes et je pense qu’en amour, tout repose sur la spontanéïté et le naturel… Pas moyen de faire autrement ! J’ai eu de la chance d’avoir un mari aimant, mais ça n’a pas été facile tous les jours, pour lui, pour moi. [b]Certains jours, souvent, je ne me suis pas aimée sans mon sein, j’ai même détesté ce corps mutilé… Comment demander à un homme de l’aimer et d’y projeter une force érotique ?[/b] La reconstruction a été un moment important et même si ce n’est pas la solution miracle, c’est un bout d’espoir auquel s’accrocher ! Quand mon mari a eu une leucémie, la maladie l’a totalement transformé, physiquement : pas de mutilation, mais un corps en déshérence. Une perte musculaire importante et un poids en chute libre, qui ont bouleversé sa « cartographie corporelle » et nous avons appris à ré-aimer ce corps meurtri. Je lui devais bien ça…


    Alinea
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    Visiblement, ma contribution d’hier a suscité des réactions diverses et fortes. Bien évidemment, le mot « privilège » est à prendre au 18.000e degré. L’humour et l’autodérision sont les meilleures armes face au destin qui frappe. Je suis désolée si j’ai pu choquer certains d’entre-vous, et je vous prie de m’en excuser. Ce qui ne me fera pas renoncer à l’humour et à l’autodérision…

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