Génétique, génomique, prédisposition, hérédité…

L’édito DDcalé du 14 mars 2014.

Dans la continuité de l’étude lexicologique – mais pas toujours si logique que ça – entamée la semaine dernière, voici une autre série de mots barbares qui créent la confusion dans l’esprit de nombreux malades qui débarquent dans l’univers du cancer.

Bref… Et dans les cas de cancers dits héréditaires, les professionnels de santé parlent plutôt de prédisposition génétique. Avec un pourcentage de risque variable selon le cancer, le gène incriminé… Tout le monde connaît l’exemple extrême d’Angélina Jolie qui s’est fait faire une ablation préventive des seins l’année dernière. Hasard de l’actualité, je lis aujourd’hui sur le site lexpress.fr qu’elle envisage une nouvelle opération pour prévenir un cancer des ovaires… Sans aller jusqu’à ces décisions radicales, il existe aujourd’hui en France des consultations pour ces personnes estimées à haut risque de cancer. Elles permettent d’assurer la prise en charge  pour faire les examens nécessaires et de suivre le malade potentiel de plus près afin de prendre le cancer de vitesse s’il venait à pointer le bout de son nez.

Avoir une prédisposition ne veut dire qu’on développera forcément un cancer, et a fortiori pas que sa descendance directe en aura un. J’écris cela car l’effet pervers de cette avancée des connaissances du cancer est la culpabilisation de parent apprenant leur prédisposition après avoir enfanté. Il faut se rassurer en pensant que connaître la situation permet d’anticiper les choses…

Là encore, l’amélioration des connaissances des cancers, de leur fonctionnement complique la compréhension des néophytes. En effet, au-delà de l’analyse des gènes des malades évoqués ci-dessus, un grand pan de la recherche repose sur l’analyse génétique des tumeurs, des cellules déconnantes. C’est tout l’enjeu des plateformes de génétique des cancers que le 3ème plan cancer veut renforcer. Il s’agit de cartographier au mieux ces gènes pour savoir contre quoi agir mais surtout pour trouver le traitement le plus efficace et adapté contre la tumeur. Il s’agit de ces thérapies ciblées dont on parle beaucoup, que l’on appelle d’ailleurs de plus en plus la médecine de précision.

Nous sommes dans une période de révolution de la cancérologie. Il faut s’en réjouir car elle bénéficie aux malades d’aujourd’hui et de demain. Cette révolution pacifiste oblige juste à un peu plus de pédagogie pour en comprendre les tenants et aboutissants.

Damien Dubois