Heigh-ho, heigh-ho, on retourne au boulot… ou pas !

 L’édito DDcalé du 25 avril 2014

Un passé -et a fortiori un présent- de malade du cancer impacte le parcours professionnel. Certes, ce n’est pas un scoop. Mais, depuis le temps qu’on le crie haut et fort, on aimerait se faire entendre. Le 3ème rapport de l’Observatoire Sociétal du Cancer, sorti la semaine dernière, nous rappelle que la situation ne s’améliore pas vraiment…

Commençons par un constat Joyeux : si on se préoccupe du maintien et du retour à l’emploi, c’est bien grâce aux progrès. La majorité des malades va avoir un après-cancer. Je vais pourtant m’employer à montrer que ce sujet est complexe… et peut-être sportif. Il est mal aisé d’extrapoler -avec ou sans pôle emploi- un aspect de la sociologie du malade, une conséquence car tout est dans tout… et toutouyoutou.

Dans l’accès au crédit, le droit à l’oubli est promis… juré, craché… par le plan cancer. Les personnes guéries n’auront plus l’air emprunté de celui qui ment par omission en ne déclarant pas son passif médical. Cela montre qu’étape tape tape, c’est ta façon d’aimer… que progressivement, les messages passent et que le schimilibilick, le schmilibick, le Schmilblick avance… Simone, candidat suivant…

Dans le domaine Prof…essionel, l’approche est différente. Le droit est du côté du malade : le droit de na pas dire qu’on est/a été malade, la possibilité d’adapter le poste ou le temps de travail. L’enjeu est plutôt la peur du regard des autres ou de se faire placardiser ou au contraire la volonté de ne pas placarder son cancer. Certains peuvent ne pas assumer de ne pas avoir les mêmes capacités, même temporairement, qu’avant. Que d’pressions dans les bars. Mais, chacun fait c’qu’il lui plait, plait, plait…

Quand la ministre Dominique Bertinotti avait parlé de son cancer et du « travail comme thérapie », cela avait fait bondir certains. Ils ont sauté sur l’occasion… normal quand on bondit… pour lancer un débat sur l’opportunité, la possibilité, la volonté de reprendre le travail. Au regard… ou plutôt au ressenti… de sa fatigue, ses séquelles, tout le monde ne peut/veut pas reprendre aussi vite le travail. Et cela ne concernent pas que les boulots au fond de la mine, avec une pioche… ok je prends une carte, à toi de jouer… Car la fatigue peut aussi être intellectuelle ; avec notamment des difficultés de concentration.

Et quelque part, cela est encore plus insidieux, mais c’est ainsi… Dieu que c’est complexe.
Ce n’est pas une folie -n’est-ce pas Liane- de penser qu’on a tous le droit, d´aimer sa vie ou pas, de faire sa route, de faire son choix…

Le malade a des donc des droits mais il peut tomber face à un patron grincheux qui rechigne à adapter le poste de travail. Ce n’est d’ailleurs pas forcément qu’il le prend pour un dormeur. Mettez-vous cinq minutes à la place du patron… Allez, ne soyez pas timide… Dans un contexte économique difficile, toute force vive qui manque à l’appel… et au râteau… met en difficulté l’entreprise, en particulier dans une petite structure.

Cela pour dire que s’il faut faire respecter les droits des malades, tout n’est pas aussi manichéen… et deux… et trois… zéro. La solution n’est donc pas simplement… et non pas Simplet ment car il est trop gentil pour ça… la solution n’est pas simplement dans la contrainte de l’employeur.

Bon avant de débaucher -comme on dit dans le Poitou où j’ai grandi- et de partir en week-end, je vais aller chercher un mouchoir, je m’enrhume… Atchoum.

Damien Dubois