La décision médicale partagée – Définition

Un modèle de décision médicale qui décrit deux étapes clés de la relation entre un médecin ou, plus largement, entre un professionnel de santé et un patient, que sont l’échange de l’information et la délibération en vue d’une prise de décision acceptée d’un commun accord concernant la santé individuelle d’un patient. (source Haute Autorité de Santé

Selon l’HAS, le concept de décision médicale partagée est une idée neuve qui s’est imposée à la fin des années 90 comme une priorité majeure dans la relation médecins-patients.  Pourquoi ?

1. l’affirmation croissante de l’autonomie de la personne qui implique des droits (droit d’être informé, droit d’accéder à son dossier médical, droit de décider) ;

2. l’explosion des connaissances accessibles au patient par Internet ;

3. l’Evidence Based Medicine (EBM) qui met en évidence des niveaux de preuve pouvant hiérarchiser certaines décisions ;

4. l’existence de situations médicales comportant plusieurs options et pour lesquelles les décisions à prendre ne sont évidentes, ni pour le médecin ni pour le patient….

Source : Haute Autorié de Santé >>

hasLa décision médicale partagée implique que le patient soit correctement informé sur son état de santé. Dès lors, l’information va réduire les conflits dans les choix à effectuer et va entraîner une adhésion du patient plus grande, en particulier au cours des maladies chroniques. Fait remarquable, un plus grand niveau d’information ne semble pas synonyme d’un plus haut niveau d’anxiété pour le patient.
 
Mais comment être sûr que l’information délivrée est de bonne qualité ? Certaines études indiquent que les patients ne sont pas toujours bien informés et des freins ont même été identifiés, dont la question des modalités de partage de l’information. Faut-il que le médecin donne l’information au cours d’un entretien en face à face, en utilisant des supports comme des brochures ou des cassettes vidéos, ou encore en laissant le patient aller chercher l’information sur Internet ? La question est d’autant plus importante que les praticiens disposent de peu de temps et que l’information doit être la plus objective possible.
 
Tout récemment, un essai contrôlé randomisé réalisé par des chercheurs de l’Université californienne de Los Angeles, dont les résultats sont présentés dans « Archives of Internal Medicine » a comparé les effets de différents supports Internet pour informer le patient dans le cadre du dépistage systématique du cancer de la prostate.
 
Ce dépistage est un excellent cas d’école pour étudier la qualité de l’information délivrée au patient. En effet, la prise en charge thérapeutique qui découle d’un diagnostic de cancer de la prostate est parfois plus invasive pour le patient que les conséquences liées à l’évolution naturelle du cancer. Se soumettre ou non au dépistage du cancer de la prostate est une décision souvent liée à la qualité de l’information que le patient a reçue. Un patient bien informé sur les conséquences éventuelles induites par la découverte d’un cancer de la prostate (en termes d’incontinence ou d’impuissance par exemple) ne se soumettra à ce dépistage que si les bénéfices d’un diagnostic précoce l’emportent sur ceux du traitement d’un cancer éventuel.

Pour aller plus loin :

L’état des lieux Patient et professionnels de santé : décider ensemble de la Haute Autorié de Santé ICI

Patients et professionnels : comment décider ensemble dans une relation en pleine évolution ? Autonomie du patient, information du patient, droits du patient, prise de décision partagée, démocratie sanitaire, responsabilités et devoirs du médecin : nous en avions parlé lors des RCFr 2014 à l’occasion de la table ronde Patients et professionnels : comment décider ensemble dans une relation en pleine évolution ? Pour la revoir, c’est ICI.

Une posture parfois « paternaliste » du corps médical qui fait alors obstacle à la « décision thérapeutique partagée », retrouvez la dépêche APM par Par Pierre MARTIN, à l’université d’été de l’Anap, ICI.