L’observance, elle a le regarde qui mue

Edito DDcalé du 3 juillet 2015

Suite aux ateliers sur l’observance, ah non pardon sur l’adhésion, du 2 juin, quatre groupes de recommandations ont été identifiés, à mettre en œuvre ensemble, pour tous les acteurs de la démocratie en santé, et dans une logique de co-construction avec les patients eux-mêmes et leurs organisations. Le premier concerne le changement de regard…

Tout d’abord et avant tout… to you too…, il est clair… au cas fait… sur cette question de la bonne prise des médicaments prescrits n’est pas réservée aux maladies chroniques. Combien de plaquettes d’antibiotiques non pris encombrent nos tiroirs à pharmacie ? Mais il n’en reste pas moins que quand il s’agit d’ingérer 3, 5 voir plus d’une dizaine de comprimés par jour ad vitam æternam, la question est plus prégnante et pour plus que 9 mois.

Photo : Fotolia
Photo : Fotolia

Ce pré-assujettissement… c’est comme préoccupation en plus compliqué à lire… de la mauvaise observance prend un poids croissant… surtout s’il est pur beurre… L’observance est donc un problème pour tout le monde… sauf pour le malade qui lui veut juste vivre le mieux possible avec sa maladie chronique. C’est sans doute pour cela que ce gros mot d’observance a été rejeté par les panélistes aussi fermement qu’un chèque sans provision. Le changement de regard est donc sémantique… au profit de graines plus modernes.

Secundo, les professionnels du soin n’ont pas tous réalisé le changement radical de perception qu’entraîne la chronicisation. La pratique même, un peu, beaucoup, à la folie… évolue car il ne s’agit plus ici de soigner pour guérir, mais de prendre soin pour vivre avec. Le changement de regard est donc aussi celui de la temporalité et de l’issue… sans transpirer… de ces pathologies.

Dès lors, la parole est d’argent… L’expérience des personnes concernées doit être réaffirmée pour que leurs contraintes, leurs besoins soient au cœur du colloque singulier. Pour qu’il y ait adhésion, il faut Sader, car avec Sader, ça adhère. Il s’agit donc de changer de regard sur le malade… Alors regarde, regarde un peu… Je vais pas me taire parce que t’as mal aux yeux. Alors regarde, regarde un peu… Tu verras tout c’ qu’on peut faire si on est deux.

Les autorités sanytols… c’est comme sanitaire mais sans javel… car ca… nitaire tout dans la maison. Les pouvoirs publics donc ont trop souvent une vision comptable de cette inobservance. En réduisant d’ailleurs la responsabilité de ce coût… de Trafalgar… à celle du méchant malade inconscient qui ne prend pas ses pilules bleues, roses ou jaunes… Le nécessaire… de toilette… changement de focale à faire est sur l’analyse de l’impact des différents acteurs de la chaîne sur l’observance (professionnels de santé, industriels du médicament et des dispositifs médicaux et autorités institutionnelles).

Les stigmatisations et les discriminations en seront réduites d’autant plus facilement. Pour réduire le fardeau… et ne pas être perdu en haute mer, Le regard de la société anonyme aussi doit changer, par des actions simplifiées voire des entreprises individuelles. Cela passe par des auto-entreprises et des démarches collectives pour faire tomber les tabous sur les maladies chroniques ; et également par un soutien aux malades pour qu’ils changent de regard sur eux-mêmes et par miroir fasse évoluer la société.

D’ailleurs, ce soutien nécessite de renforcer les initiatives d’accompagnement notamment celles des associations… les fameux pairs de soutiens… qui regorgent de volonté mais manquent de moyen, et la place de l’éducation thérapeutique.

Damien Dubois