Médecin de campagne, histoire d’un patient

Médecin de campagne, de Thomas Lilti : pourquoi voir ce film ? Parce que c’est un film engagé (ICI une belle interview au réalisateur), un film qui raconte les difficultés et les sacrifices de la médecine en zone rurale, un film qui montre les défis du futur et qui envisage des réponses…et qui pose beaucoup d’autres questions.

Tout commence avec François Cluzet, patient oncologique, à qui on diagnostique une tumeur au cerveau.

Le film continue avec François Cluzet, médecin de campagne, qui est débordé et toujours en retard.

médecin de campagneUn médecin qui se néglige en tant que patient mais qui ne néglige jamais ses patients ; un médecin prêt à porter secours au milieu de la nuit, sous la pluie battante, dans la boue : un médecin-héros.

Un héros solitaire : compétent et efficace dans la pratique de la médecine, mais brusque avec sa consœur venue le seconder ; il est « une autorité » dans son village, mais il vit dans la solitude après le départ de son fils à Paris et de sa femme on ne sait pas trop où.

Un héros qui a un secret inavouable : un cancer, la chimio, la fatigue. Personne, dans son entourage, n’est au courant de sa maladie et pour garder son secret Cluzet refuse de se soumettre à une radiothérapie :

s’agit-il du droit du patient de choisir son traitement ?

Les droits des patients sont un sujet qui tient à cœur à Thomas Lilti : déjà dans Hippocrate, lorsque les directives anticipées d’une vieille dame ne sont pas respectées, le débat s’enflamme. Et dans Médecin de campagne, Cluzet, le médecin-héros, organise une évasion de l’hôpital pour permettre à un patient de mourir chez soi, comme il le souhaite.

Cluzet est donc un médecin à l’écoute, compréhensif, et son patient a la liberté de faire un choix.

Est-ce que Cluzet, en tant que patient, a la même liberté ? Est-ce que des choix, tels que déclarer ou cacher sa maladie, sont théoriquement possibles, voire souhaitables, mais pourtant difficiles, voire impossibles, à cause de lois invisibles qui rendent la maladie inavouable, comme s’il s’agissait d’une honte, ou d’une faute ? Et est-ce que c’est un hasard si cette maladie est le cancer ?

En attendant le prochain film de Thomas Lilti (et sa réponse ?), le débat est ouvert.