Nous sommes tous mortels

Nous sommes tous mortels de Atul Gawande, chirurgien américain et rédacteur pour le New Yorker, propose une réflexion – parfois dure, parfois émouvante, toujours humaine – sur  « ce qui compte vraiment en fin de vie ».

Au départ de son ouvrage, un constat :

La réticence du corps médical à affronter honnêtement l’expérience du avilissement et de la mort n’a fait qu’accroitre les torts qu’il inflige aux gens (…) Faute d’une vision cohérente de la manière dont ils pourraient mener une vie satisfaisante jusqu’à la toute fin, les êtres humaines ont donc accepté que leur destin leur soit dicté par des étrangers et par les impératifs de ma médecine et de la technologie .

Gawande nourrit alors sa réflexion grâce à son expérience de médecin, à sa recherche d’écrivain et à son vécu personnel. Il raconte la (fin de) vie de personnes âgées et celle de personnes touchées encore jeunes par une maladie grave ; il dévoile les histoires des patients rencontrés en occasion de la rédaction du livre et celle de son père, décédé d’un cancer.

tous mortels

 

Dans son ouvrage, Gawande parcourt les étapes qui vont de la perte d’autonomie à la dépendance et au besoin d’assistance ; il questionne la limite au-delà de laquelle les traitements deviennent intolérables pour une personne et l’importance d’avoir les « conversations difficiles ».

 

Il raconte ainsi le courage qu’il lui a fallu pour évoquer les soins palliatifs à domicile pour son père car leur « simple mention introduirait dans leur salon (des parents) la perspective sombre et implicite de la mort ».

Ces conversations difficiles et ces « questions vitales » qui se posent chaque fois que nous souffrons d’une grave maladie permettent de comprendre comment chacun analyse la situation et ses issues éventuelles, quelles sont les craintes, et quel sont les espoirs ; quels sont les compromis qu’on peut accepter, et quels sont les compromis qu’on refuse ; et au final, alors « quels sont les moyens d’actions les mieux à même de répondre à cette analyse ».

Avoir ces conversations avec les patients est l’essence même du métier de médecin : « Nous (les médecins) avions cru que nous étions chargés d’assurer la santé et la survie. En réalité, notre mission est plus vaste que cela » – constate Gawande –  « Elle consiste à apporter le bien-être, lequel est intimement lié aux raisons pour lesquelles un individu désire être en vie ».

 Date de publication : 05/30/2016