Plan Cancer 3: les Recommandations de la commission Vernant

Après plusieurs mois de travail, la Commission présidée par le Pr Jean-Paul Vernant a déposée ses Recommandations pour l’élaboration du troisième Plan Cancer. Les auditions, les entretiens, les contributions écrites ont permis au groupe de travail d’identifier les problématiques et de définir les axes qui dessineront l’architecture du prochain plan national.

Jean Paul Vernant
Parmi les préconisations, on retrouve le concept de « patient empowered », qui répond aux propositions faites par Cancer Contribution. Voici de suite le texte qui nous intéresse :
« Cette implication des patients (appelée empowerment dans les pays anglo-saxons) a montré son efficacité sur des critères comme l’efficacité des traitements, le meilleur contrôle des effets secondaires ou la diminution des ré-hospitalisations en urgence. Ainsi certains systèmes de santé recommandent-ils la mise en œuvre de cette dynamique (la Colombie Britannique au Canada par exemple). Cette implication reposant effectivement dans un premier temps sur l’information peut, en partie, passer par les associations de patients. Elle doit aussi utiliser les techniques de communication disponibles visant le plus grand nombre. Ceci est d’autant plus nécessaire que plusieurs études ont montré qu’un nombre limité de patients était en contact avec une ou des associations durant la maladie (« Le cancer 2 ans après »). Par ailleurs, le développement de l’accès à internet et les échanges de témoignages à travers des blogs permettent aux patients de disposer d’une information complémentaire de celles disponibles sur les sites institutionnels. »

Très pertinentes sont les réflexions sur l’expertise des patients et sa valorisation, bien que la commission Vernant n’ait pas poussé le concept jusqu’à l’implication des patients experts dans la formation des soignants : dommage.

Et puis on lit de l’introduction de l’éducation à la santé au niveau de l’école pour prévenir les comportements à risque car « La meilleure prévention contre les comportements à risques est l’éducation plutôt que la coercition ».

Un point très intéressant est celui dédié à la conception du soin basée sur l’attention à la personne atteinte de cancer plutôt qu’à sa pathologie. Soigner bien sûr, mais aussi prendre soin : « Cette nouvelle conception doit faire coexister les traitements et tout ce qui, par ailleurs, fait la vie du patient : travail ou scolarité, vie familiale, vie sociale. Les attentes du patient comme de son entourage doivent être prises en compte dans l’organisation du parcours de soin ».

Enfin, une proposition que nous accueillions à bras ouverte : l’élaboration d’une politique publique qui dépasse les frontières entre les ministères et qui met le cancer au centre des réflexions communes. Le cancer n’est pas qu’une pathologie, il s’agit d’un événement majeur dans la vie d’une personne et, comme tel, il doit être pris en compte dans tous les aspects de vie qu’il impacte.
A suivre…