Pour éviter la halte à l’ALD

Edito DDcalé du 1er mai 2015…

Parlons aujourd’hui d’un sujet qui est passé à tort et au travers…  du prisme médiatique sans beaucoup faire de vague. Le Trésor, il a fait un rapport… qui est donc resté protégé… préconisant une remise en cause du dispositif de l’Affection Longue Durée.

J’évoquais il y a pile poil et exactement 1 an plus 1 jour, l’année dernière quoi, les limites de ce système de remboursement à 100%… yeux pour yeux et dents pour dents… des traitements liés au cancer ; un système n’empêchant pas un reste à charge non négligeable. Si vous ne vous en souvenez pas, je vous pardonne mais n’hésitez pas à vous rafraîchir la mémoire et les idées en cliquant ici.

Ce rapport préconise plusieurs choses. D’abord, de réduire le nombre de pathologies entrant dans la liste. Je n’ai pas légitimité à parler pour les trente pathologies… ni toutes les pastas a la casa… inscrites sur cette liste mais si elles y sont, c’est bien parce qu’elles doivent coûter chères aux malades… au sens pécuniaire du terme… bah oui on ne parle pas ici de maladie chérie…

Certes, en 2025, 20% des Français seront en ALD. Et cela coûte chérot : un surcoût de 12.5 milliards/an, soit 9% des dépenses de santé… ni U.V… Le fait qu’on guérisse ou chronicise les cancers et d’autres maladies augmente le nombre de personnes vivant avec leur maladie. C’est math et même matique…

Le même rapport préconise donc tout simplement de supprimer ce statut au profit d’un dispositif obscure et surtout du trou de la sécu… mmm y a pas une contrepèterie là ? Il propose aussi de faire respecter de manière plus stricte l’impitoyable ordonnance bi-zone avec en haut ce qui concerne l’ALD et en bas, le reste. Sauf que, quand un médecin ajoute, coté ALD, des médicaments considérés comme de « confort » par la sécu, il ne le fait par un plaisir pervers de creuser le trou de la sécu, mais pour améliorer la santé de son malade sans grever son budget.

Commençons par un 1er mai, pour dédouaner notre Ministre de la santé. Elle « a pris connaissance de cette proposition avec surprise et une bonne dose de mécontentement ». Cette proposition ne correspondrait ni à ce que fait ni à ce que pense la ministre. Il n’est évidemment pas question de remettre en cause le dispositif des ALD. » Ouf. Nous voilà rassuré. Mais jusque quand ?

Car si les propositions… indécentes de ce rapport… ne sont pas acceptables en tant que telles… n’est ce pas Guillaume ?… le sujet va certainement devoir être mis sur la table un jour ou l’autre, et sans doute plus tôt qu’on ne le pense. On nous parle du fait que notre système médico-économique est de plus en plus fragile et finira par céder… la place à une vision purement comptable de la santé comme on le voit dans d’autres pays ?

Ça sera donc mon deuxième mais… c’est-à-dire demain… ou, si on marche sur la tête,  deux pieds… voir Piétri*… Ne faudrait-il pas dès aujourd’hui prendre le muguet par les clochettes… c’est plus poétique que le taureau par les cornes… tous ensemble… pour améliorer le système… sans attendre que des technocrates loin des réalités de la vie ne Laborde*… Il s’agit de rendre l’ALD plus économiquement viable sans que le surcoût incombe… ni encombre… aux malades dont le niveau de vie est souvent déjà bien réduit par la maladie.

Marions nos forces… comme Elvis et Priscilla le 1er mai 1967. Cela pourrait faire partie de nouveaux Etats-Généraux, comme ceux convoqués le 1er mai 1789 afin de béatifier les défenseurs de la suppression de l’ALD… pas comme Jean-Paul le 1er mail 2011… mais dans le sens rendre béat d’admiration certains en montrant que les défenseurs des droits des patients ne sont pas juste des râleurs mais peuvent co-construire aussi le système médico-éco de demain. Alors on s’y Frot* ?

*Nées un 1er mai.

Damien Dubois

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