Qu’est ce que sont les soins de support ?

Les soins de support existent depuis 2003 et le Plan cancer 3 repositionne leur renforcement comme une de ses priorités : pourtant tous les patients ne semblent pas en profiter.

Mais qu’est ce que sont donc les soins de support ? Que prennent-ils en compte? A quels moments sont-ils alors proposés? Et quelle est la perception de ces soins par les personnes atteintes du cancer?
 

La mesure 43 du premier Plan Cancer définit les soins de support :

l’ensemble des soins et soutiens nécessaires aux personnes malades tout au long de la maladie. Ils se font en association avec les traitements spécifiques contre le cancer.

 

Que prennent en compte les soins de support?

La douleur, la fatigue, les problèmes nutritionnels, les troubles digestifs, respiratoires et génito-urinaires, les troubles moteurs, les handicaps et les problèmes odontologiques. Ils concernent aussi les difficultés sociales, la souffrance psychique, les perturbations de l’image corporelle et l’accompagnement de fin de vie.

Source AFSOS

Les soins de support proposent donc une approche globale de la personne et visent à assurer la meilleure qualité de vie possible pour les personnes malades, sur le plan physique, psychologique et social.

Comment se fait l’orientation vers les soins de support ?

La première occasion d’échange avec l’équipe soignante est celle de l’annonce: ce moment particulièrement dense en informations sur la maladie, l’état de la personne, les traitements, le pronostic…il se peut que la qualité de vie ne soit pas évoquée immédiatement. Toutefois, dans le cadre du dispositif d’annonce, un moment successif est prévu qui permet à la personne malade de rencontrer un infirmier afin de vérifier ce qui a été retenu, permettre de reposer  questions et interrogations, de présenter les soins de support et d’évaluer les besoins du patient. Dans son rôle de coordination, l’infirmier assure le lien avec les différents professionnels concernés.

Les besoins en soins de support doivent être réévalues tout le long du parcours : à l’hôpital, ce sera le médecin oncologue, référent principal du patient, à assurer la prisa en charge des symptômes liés à la maladie ou aux traitements. En ville, cette mission sera assurée par le médecin traitant, le pharmacien et l’infirmière. Ceux derniers peuvent s’appuyer (là où ils existent) sur les réseaux territoriaux, qui assurent la continuité des soins entre le domicile et l’hôpital ainsi que la coordination dans l’offre de soins de support. 

Quels sont les acteurs concernés?

Tous les professionnels peuvent délivrer des soins de support dans le périmètre de leurs compétences et dans les différents domaines : lutte contre le douleur, rééducation et réadaptation, diététique et nutrition, accompagnement social, psycho-oncologie, soins esthétiques, soins palliatifs…mais aussi « les odontologistes, les socio-esthéticiennes, les art-thérapeutes, les ergothérapeutes, les Espaces Rencontre et Information (ERI), les bénévoles d’accompagnement, d’aumônerie, les associations d’usagers et de patients ainsi que les professionnels spécialisés en prise en charge (sophrologie, relaxation, réflexologie…) et en médecine (mésothérapie, auriculothérapie, homéopathie…) complémentaires » (Source AFSOS)

Les soins de support sont-ils remboursés ?

Dans certains cas et notamment quand elles sont délivrées à l’hôpital, les consultations en soins de support sont prises en charge par l’assurance maladie. Par ailleurs, la prise en charge financière des soins en ville diffère en fonction des acteurs qui les proposent (associations, professionnels libéraux, réseaux…). Les complémentaires santé (mutuelle, assurance) peuvent également proposer un remboursement partiel ou en totalité.

Les Agences Régionales de Santé ont la responsabilité de l’organisation d’un maillage territorial adapté pour les prestations de soins de support (prise en charge de la douleur, diététique, soins palliatifs…).

Évaluation de la mise en oeuvre des soins oncologiques de support par l’AFSOS

afsosSuite au lancement du troisième Plan Cancer, l’Association Francophone pour les Soins Oncologiques de Support (AFSOS), a rédigé un état des lieux dont les principales conclusions sont les suivantes:

  1. L’évaluation des besoins est actuellement très insuffisante. Cette évaluation des besoins des patients et des proches doit être répétée tout au long de la maladie (quel que soit le stade et lors de l’après-cancer) et doit être une préoccupation permanente de tous les soignants.
  2. En l’absence de directives nationales, les coordinations en soins de support se sont mises en place dans les établissements et sur le domicile sans homogénéité.
  3. Les réseaux territoriaux ne couvrent pas tout le territoire français et la diminution actuelle de leur financement les fragilise.
  4. L’accessibilité aux soins de support est encore insuffisante en établissements et au domicile : financements insuffisants, parfois déviation des moyens alloués aux soins de support pour les établissements, prestations non financées ou couverture territoriale insuffisante pour le domicile.
  5. Il y a un problème important de lisibilité pour les patients et les proches de ce qui existe, en particulier en ville.
  6. Nécessité d’une évaluation des besoins tout le long du parcours et en fonction des spécificités du patients.

Lors de notre appel à témoignage, plusieurs contributions ont évoqué les soins de support, leur importance, mais aussi les difficultés rencontrées pour y accéder – notamment le manque d’information, une offre inadaptée aux patients atteints de cancers métastatiques et la difficulté d’accès en province. Pour en savoir plus sur la perception des soins de support de la part des personnes malades, rendez-vous ICI.

 

Date de publication : 05/24/2016
Dernière mise à jour : 07/11/2016