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Témoignage de Julien, l’humour pour soutenir et influencer

Le témoignage de Julien, atteint de 2 cancers (poumon et lymphome), permet de relativiser, prendre la vie du bon côté avec son lot de complications, mais surtout de joie et de rire ! Un message optimiste et une communauté Instagram engagée, il sait s'entourer et parler des choses importantes à ses yeux. Parler de sa maladie n'est plus un tabou pour lui, c'est une libération par le rire. Ecoutons cette nouvelle figure d'Instagram à suivre.
Témoignage de Julien, atteint de 2 cancers (poumon et lymphome). L'humour une clé pour soutenir et influencer.

Très peu d’hommes parlent ouvertement du cancer, nous voulions aujourd’hui mettre en lumière le témoignage de Julien, atteint de deux cancers (poumon et lymphome) alias @mescancers_mabipolarité_mavie.

L’annonce de la maladie

Il nous livre dans son interview la difficulté qu’il a eu d’annoncer sa maladie à ses proches. Cela l’était presque autant, voir plus difficile que l’annonce de son homosexualité.

Dans la vidéo L’annonce out , qu’il a tournée avec l’humoriste Caroline Le Flour diffusée sur leurs comptes Instagram, Julien compare le fait d’annoncer son coming out et celui d’annoncer son cancer (out).

Publication Instagram provenant du compte @mescancers-mabipolarite-mavie et disponible aussi sur le compte @caroline_le_flour

Le fait de parler du mot « cancer » démystifie pour lui l’idée négative que l’on peut s’en faire. Plus on en parlera, moins tabou il sera. L’emploi des mots utilisés pour décrire des maladies ont parfois de quoi choquer. Pour Julien, ils ont un impact psychologique très fort. Cette prise de conscience, il la doit à un livre de Caroline Le Flour. L’exemple qu’il reprend volontiers n’est autre que le mot souvent employé par les médecins lors de l’annonce « tumeur ». Si le mot vient du latin tumor, qui signifie « enfler » en le décomposant, nous avons « tu » et « meurs » fait remarquer Julien. Lui-même ayant découvert cette décomposition du terme après avoir visionné la bande-annonce du spectacle de Caroline Le Flour « La Chauve Sourit – Mon cancer va vous faire mourir de rire. » Il est vrai que ces mots n’aident en rien à relativiser, mais le rire oui !

« Son livre a été pour moi, un vrai électrochoc ! »

La lecture du livre de Caroline Le Flour, Le complexe du trampoline : ou comment j’ai réussi à rebondir face aux galères de ma vie ! aux éditions Flammarion, l’a fait prendre conscience qu’il est primordiale de ne pas abandonner la lutte contre le cancer, qu’il faut en parler et prendre du recul sur les difficultés rencontrer durant la maladie sans oublier qu’en parler avec légèreté et humour est possible.

Inventrice du complexe du trampoline, Caroline Le Flour explique avec humour comment elle rebondit face aux difficultés.


Descriptif : « Moi Caroline, 39 ans, résiliente multirécidiviste : burn-out à 28 ans, cancer à 32, FIV à 35, infertilité déclarée à 36… Une belle vie de merde ! Mais j’ai décidé d’en tirer des leçons positives et de donner un sens à ma vie. » Dans ce développement existentiel humoristique et thérapeutique, sous forme de petit guide pratique, l’auteur nous livre avec authenticité et désinvolture son expérience, ses principales leçons de vie.

Elle nous invite à nous questionner pas à pas sur notre histoire et sur le sens que nous souhaitons donner à notre existence. Elle nous offre aussi ses « trucs et astuces au cas où ! », accompagnés de mots d’experts psychologues.

Retrouvez Caroline, son spectacle et son livre sur son compte @caroline_le_flour.

Après l’annonce, ne pas exprimer ses peurs, ses ressentis, les cacher pour ne pas faire fuir son entourage, n’est pas une bonne solution. La peur de s’exprimer sur toutes ses problématiques est souvent infondée puisque la plupart du temps les proches sont bienveillants et souhaitent pouvoir soutenir, accompagner correctement.

L’espoir fait vivre !

Pour Julien, il est important de garder une « bonne dynamique globale. » Il faudrait que les psychologues, les thérapeutes se penchent de plus en plus sur le contexte de vie de la personne malade. Pour lui, une personne malade, mais qui reste cependant enjouée et dynamique, va avoir plus de chance de se diriger sur le chemin de la guérison. L’espoir fait vivre comme disait Paul Valéry ! « On peut décider de prendre l’annonce d’un cancer avec sarcasme, humour, de rester dans une bonne dynamique », affirme-t-il.

Avant de passer par un cancer, il est passé par un trouble de la bipolarité et a donc côtoyé les services psychiatriques. C’est à ce moment qu’il a pris conscience de l’importance que le mental peut avoir sur le corps. Il a alors toujours essayé de rester positif et de prendre les évènements avec recul, philosophie et surtout avec humour. « Le sourire c’est la vie et quand on ne sourit plus, c’est que nous ne sommes plus… », dit-il.

Armé d’humour, il parle de tout sans tabou !

Dynamique et enjoué, Julien nous explique qu’il a su prendre la vie comme elle venait. Le créateur du compte Instagram @mescancers_mabipolarite_mavie, est dans une démarche de libération de la parole autour du cancer, et tout ça en passant évidemment par l’humour.

Son credo ? #malgretoutjesouris, l’hashtag qu’il a créé à l’ouverture de son compte Instagram et que l’on retrouve dans toutes ses publications, se concrétise dans sa série de vidéo Cancer la pub. Il y remanie avec talent, tout en sensibilisant sur le cancer, les signatures de marques utilisées dans de célèbres publicités connues du grand public : « cancer fracasse, sécu remplace ! », ou encore, « vite un sceau pour mon vomi, qu’il soit grand ou bien petit ».

Publication Instagram provenant du compte @mescancers-mabipolarite-mavie

Il ne pensait pas avant de créer son compte Instagram, qu’il y avait sur ce réseau une forte communauté de patients, d’associations, d’aidants, et que l’on y abordait le cancer d’une toute autre manière. Cette communauté lui a fait énormément de bien, il s’est senti compris et pouvait échanger simplement et rapidement avec les internautes. C’est pourquoi Julien encourage le dialogue avec d’autres patients, des associations, des aidants, présents sur Instagram ne serait-ce que pour se sentir entouré.

L’humour lui est très utile pour faire passer les messages importants et qu’il considère relevant de l’utilité publique, et à raison.

Plus sérieusement, il nous livre que s’il devait être amené à quitter ce monde, Julien préférerait avoir laissé dans les mémoires de ses proches une image de lui souriant à la vie et pas le dernier à rire.

La prise de parole des hommes

Les hommes prennent moins la parole que les femmes sur les problématiques liées au cancer, mais aussi moins sur des soucis qu’ils peuvent rencontrer durant leur parcours de soins et au quotidien. Et pour cause, selon Julien, les hommes ont une parole moins libérée probablement par fierté, par ego, par volonté de ne pas passer pour quelqu’un de « faible ».

Il nous fait part d’un témoignage d’un homme malade du cancer, qui lui expliquait qu’il se cachait pour pleurer.

« Il n’y a rien de plus beau qu’un homme qui pleure. »

Pour lui ce n’est pas parce que les hommes pleurent qu’ils sont nécessairement faibles. Bien au contraire, pleurer n’est pas une honte et l’importance de montrer ses émotions et partager ses angoisses, sa détresse avec les autres, est nécessaire. C’est à ses yeux une marque de sensibilité et d’honnêteté envers soi-même, d’accepter le fait de ne pas aller bien tout le temps, car la vie n’est pas toute rose comme pouvait le chanter Édith Piaf.

Mettons alors des mots sur les maux, afin de parler librement des mots qui fâchent, mais aussi parler de rémission, d’espoir. Quand survient l’annonce d’un cancer dans l’esprit collectif, c’est principalement de mauvais augure et l’issue ne peut être que mauvaise. Or ce n’est pas systématiquement le cas et bien heureusement ! Mais pour s’en persuader, il faut en parler et l’humour est semble-t-il un bon moyen d’y parvenir.

« Pleurer ou rigoler, la situation sera la même et il vaut mieux la vivre en souriant qu’en pleurant. »

Passer un moment avec une personne souriante reste tout de même plus agréable !
Et puis les messages transmis au travers du rire sont retenus plus efficacement.

Quels sont pour lui les enjeux actuels du cancer ?

« Pour compléter mon CV médical déjà fort étoffé par la bipolarité, un cancer du poumon (non à petites cellules (CBNPC), ça vous dit quelque chose) puis un second cancer lymphatique (lymphome), j’ai été testé positif bien sûr à la COVID-19. Mais je suis persuadé que ma volonté de rester le capitaine de mon navire, que ma prise de conscience et mon électrochoc m’ont permis de reprendre de manière encore plus forte les rênes de ma vie, d’être plus serein avec moi-même et de m’en débarrasser en très peu de temps contre toute attente du corps médical. »
Forcé de constater avec regret qu’il y avait plus de moyens mis en œuvre pour les patients atteints de la COVID-19, que pour les patients atteints de cancer, l’objectif principal pour Julien est de renforcer l’accompagnement des personnes. Suite au diagnostic de COVID-19, appelé 5 fois, il a reçu 18 SMS en quelques jours, lui facilitant grandement de nombreuses démarches. Il propose que l’on applique les mêmes moyens pour l’accompagnement des patients atteint d’un cancer ou de maladie chronique invalidante. Pour appuyer son propos, il prend comme exemple le suivi par SMS qui peut être un gain de temps non négligeable selon lui. Effectivement au lieu d’aller déposer un dossier à une assistante sociale ; le dossier risque de ne pas être traité avant des semaines ou des mois parfois. Alors que le traitement des données par SMS se fait plus rapidement, plus facilement et sans bouger de chez soi, ce qui est plus sûr en période de pandémie. Ce système pourrait également être mis en place pour les personnes malades en général, puisqu’elles ont tendance à s’isoler.

La prévention est la clé de tout progrès pour Julien ! Si nous associons nos forces, nos idées et mettons en place les moyens adaptés ; un grand nombre de cancers pourrait être évité. C’est bien l’union qui fait la force ! Puisqu’un vaccin contre la COVID-19 a été créé en quelques mois seulement grâce aux avancés scientifiques d’un grand nombre de pays. Il est possible de reproduire ce schéma pour tout autre type de traitements.

Et les inégalités face au cancer le choquent : être obligé d’aller à l’étranger pour avoir un médicament pas encore pris en charge en France est inadmissible, parce que c’est maintenant que vous en avez besoin pas dans 1 an !

« De l’humour oui ! Mais parfois il faut savoir garder son sérieux. »

Un petit pas pour les associations, un grand pas pour les patients et aidants

Dans son interview, Julien souligne le travail effectué par les associations de patients, d’aidants, mais aussi l’importance qu’elles peuvent avoir pour eux au quotidien. Dans une atmosphère bienveillante, il se sent soutenu et accompagné à leurs côtés. Il souligne le travail plus que complexe des associations qui sensibilisent le grand public aux problématiques liées au.x cancer.s. Toute cette mobilisation et cette énergie provenant de la part de ces associations le rend aussi bien heureux que malheureux, puisque cela montre une « carence » du système de santé qui selon lui reste tout de même de très bonne qualité. Accompagner les personnes pas uniquement sur le plan médicamenteux, mais aussi sur le plan psychologique et tout au long de la période de cancer et dans l’après-cancer est primordial.

« Il faut qu’on se batte, non pas pour se plaindre, mais pour faire évoluer les choses. »

Pour retrouver la vidéo de l’interview de Julien, c’est juste ici

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Carla Mercier

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